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Premières images de la mutation du variant britannique

Image de la mutation trouvée sur une portion de la protéine de pointe du virus SRAS-CoV-2.

Le virus SRAS-CoV-2 est 100 000 fois plus petit qu'une tête d'épingle.

Photo : Université de la Colombie-Britannique (UBC)

Des chercheurs de l'Université de la Colombie-Britannique ont capté les toutes premières images d’une mutation du variant B.1.1.7., identifié au Royaume-Uni. La découverte fournit un indice rassurant sur l'efficacité des vaccins contre ce variant, le plus répandu au Canada.

Les images en résolution quasiment atomique montrent la mutation N501Y, qui se trouve sur la protéine de spicule (spike protein, en anglais) du SRAS-CoV-2.

Cette transformation est en partie à l'origine de la nature hautement infectieuse de ce variant préoccupant, selon l’équipe dirigée par le Dr Sriram Subramaniam, professeur au département de biochimie et de biologie moléculaire de la faculté de médecine de l'UBC.

L’emplacement de la mutation permet au virus de pénétrer plus facilement dans les cellules humaines, précisent les chercheurs dans un communiqué.

C’est extrêmement pointu comme recherche. C’est une mine d’or d’information, explique Benoit Barbeau, professeur au département des sciences biologiques de l'UQAM, au Québec, et spécialiste en virologie.

Ça nous permet d’avoir une perception tridimensionnelle de la protéine de pointe et voir la façon dont elle se positionne. Ça donne une idée d’où se situe la mutation et quelle en est la conséquence, précise-t-il.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Sensible aux anticorps

C’est une découverte très significative, se réjouit le Dr Christian Baron, professeur au département de biochimie et médecine moléculaire à l’Université de Montréal.

Même si la mutation permet au virus d’entrer plus facilement dans les cellules humaines, il peut toujours être neutralisé par des anticorps, indiquent les recherches publiées dans la revue scientifique PLOS Biology.

Cette importante observation s’inscrit dans une série de preuves démontrant que les vaccins existants seraient efficaces contre le variant B1.1.7, la souche de variant dominante au Canada. On parle beaucoup des mutations qui seraient plus dangereuses. Ce qui nous préoccupe, c’est de savoir si on peut les neutraliser avec des vaccins ou avec des médicaments, explique le Dr Baron.

Ce qu’on voit depuis quelques semaines, c’est que les vaccins seraient capables de neutraliser aussi les mutants, dit-il.

Une main gantée tient une fiole du précieux vaccin.

La prochaine percée médicale pourrait être la création de vaccins panviraux, c’est-à-dire qui pourront neutraliser n’importe quelle mutation du virus, estime le Dr Baron.

Photo : Getty Images / LUIS ACOSTA

À la recherche d'images d'autres mutants

Pour l'heure, il n'existe pas d'images moléculaires pour les autres variants préoccupants ou d'intérêt, mais cela ne saurait tarder, croit le Dr Baron. La recherche prend du temps. Malheureusement, le virus est plus rapide que nous, rappelle-t-il.

En Colombie-Britannique, le Dr Sriram Subramaniam et son équipe concentrent leurs efforts pour arriver à capter des images d'autres variants, notamment le P1, ayant émergé au Brésil, et le B.1.617, détecté en Inde.

On cherchera à savoir où sont situés les changements, comment ça peut affecter la structure de la protéine et comment on peut traduire cette modification au niveau de la structure de la protéine face aux anticorps neutralisants produits chez les personnes vaccinées, fait valoir le Dr Benoit Barbeau.

Pour le Dr Baron, la découverte du groupe de l'UBC représente une preuve supplémentaire des avancées dans le monde de la médecine : Ça me donne confiance dans la capacité de la science de trouver des solutions.

Toutefois, il faut demeurer vigilant, ajoute le professeur. Il n’est pas exclu qu’il y ait d’autres mutations. Mais je suis assez confiant, avec les approches et les connaissances qu’on a, on sera en mesure de protéger la population.

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