•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’ex-femme de Dennis Oland avait peur de lui, révèlent des documents judiciaires

Le couple Oland se rend au palais de justice.

Les détails d'une plainte déposée par Lisa Andrik-Oland en 2020 ont été rendus publics lundi.

Photo : CBC

Radio-Canada

En juin 2020, Lisa Andrik-Oland a demandé et obtenu un ordre d’intervention d’urgence en vertu de la Loi sur l’intervention en matière de violence entre partenaires intimes. Lundi, les détails de cette plainte qui visait Dennis Oland ont été rendus publics après la levée d'un interdit de publication.

On y apprend que Lisa Andrik-Oland accuse son ex-mari de l'avoir agressée, terrifiée et qu'il a tenté de la contrôler avant et après avoir été acquitté du meurtre de son père, l'homme d'affaires Richard Oland.

La victime, Richard Oland.

Richard Oland, membre de la célèbre famille propriétaire de la brasserie Moosehead, a été retrouvé sans vie le 7 juillet 2011. L’homme de 69 ans a été poignardé 45 fois.

Photo : Voile Canada

Elle affirme dans les documents ne pas vouloir se retrouver seule en sa présence, car elle a peur de lui.

Le couple s'est séparé après l'acquittement de Dennis Oland. Un juge a accordé une ordonnance d'intervention d'urgence pour empêcher l'homme de s'approcher de la résidence familiale de Rothesay.

En 2015, Dennis Oland a été reconnu coupable par un jury du meurtre au deuxième degré de son père, l'homme d'affaires Richard Oland. Le corps ensanglanté de ce dernier a été retrouvé dans son bureau de Saint-Jean. La condamnation a été renversée après un appel et un deuxième procès, cette fois devant juge seul, a eu lieu en 2019, à la suite duquel Dennis Oland a été jugé non coupable.

Épisodes violents

L'ex-femme de Dennis Oland a raconté son histoire lors d'une entrevue sous serment afin d'obtenir une ordonnance d'intervention d'urgence contre lui.

Elle affirme que son ex-mari a reçu un diagnostic de trouble du stress post-traumatique et qu'il perdait fréquemment son sang-froid avec elle.

Selon Lisa Andrik-Oland, Dennis Oland aurait utilisé sa ceinture pour lui lier les mains derrière le dos dans une chambre d’hôtel de Toronto, le 8 juin 2018. C'était quatre mois avant le début du deuxième procès de Dennis Oland.

Elle indique par écrit que des personnes se trouvant dans la chambre voisine ont alors appelé la police.

Il y a eu une altercation physique, dit-elle. À ce moment-là, Dennis allait commencer son deuxième procès, alors j’ai dit à la police qu’il n’y avait pas de problème.

Dennis Oland sort du palais de justice de Saint-Jean encadré par sa femme et sa fille.

Lisa Andrik-Oland et Dennis Oland se sont séparés après l’acquittement de ce dernier en 2019.

Photo : Radio-Canada / Michèlke Brideau

Elle ajoute que quelques mois après son acquittement, Dennis Oland l’a agressée physiquement sur une petite île de la rivière Kennebecasis lors d’une sortie en bateau.

À ses dires, Dennis Oland l’aurait abandonnée sur l’île pendant une heure, et l’aurait traînée sur la plage les mains et les pieds liés à son retour sur les lieux.

Il m’a fait tomber, la tête la première, sur les rochers et ma tête s’est fendue. Il y avait du sang partout.

Une citation de :Lisa Andrik-Oland

De retour dans le bateau, il aurait maintenu la tête de sa femme au fond de l’embarcation jusqu’à ce qu’ils atteignent le rivage, selon le témoignage de cette dernière.

Elle souligne que d'autres événements similaires se sont produits par la suite.

Quand vous me demandez pourquoi je ne me sens pas en sécurité, c’est parce que je ne fais pas confiance aux réactions de mon mari, a-t-elle déclaré.

Pas assez de preuves

Les allégations de Lisa Andrik-Oland n’ont jamais été prouvées devant un tribunal.

Après avoir examiné l’ordonnance d’urgence accordée le 10 juin dernier par l’agent d’adjudication, la juge en chef Tracey DeWare, de la Cour de la Reine, a conclu une semaine plus tard qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves pour maintenir l’ordonnance d’urgence sans audience.

Dennis Oland le 20 novembre 2018.

Dennis Oland

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Lors de l’audience tenue quelques jours plus tard, l’avocate de Lisa Andrik-Oland a déclaré que sa cliente et Dennis Oland avaient conclu une entente et demandé que l’ordonnance d’urgence soit annulée.

L’agent d’adjudication avait également accordé à Lisa Andrik-Oland une interdiction de publication qui couvrait les détails de ses allégations.

Au début de l’année 2021, CBC et le quotidien Telegraph-Journal ont contesté cette décision. La juge en chef Tracey DeWare a statué en leur faveur en indiquant que l'agent d'adjudication n'avait pas l'autorité d'imposer une ordonnance de non-publication.

Les avocats de Lisa Andrik-Oland ont fait appel, mais l’interdiction de publication est venue à échéance lundi, après le désistement de l’appel.

Les avocats avaient fait valoir que la levée de l’interdiction de publication porterait préjudice à leur cliente et découragerait les victimes à dénoncer leurs agresseurs.

De son côté, Dennis Oland a décliné tout commentaire, par l’intermédiaire de son avocat.

Avec les informations de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !