•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Québec veut écouler son trésor de guerre sanitaire

Des millions d'équipements de protection achetés en trop risquent d'être périmés sans être utilisés.

Des masques médicaux empilés

145 millions de masques médicaux sont entreposés par le ministère de la Santé du Québec.

Photo : getty images/istockphoto / skodonnell

Un an après avoir manqué de masques et d'équipements de protection, le Québec se retrouve avec le problème inverse : il en a trop. Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) craint de gaspiller ces achats coûteux et demande aux établissements de les écouler avant qu'il soit trop tard.

Le Québec voulait se constituer une réserve de six mois de masques médicaux, mais il en a finalement acheté pour deux ans et demi. Les entrepôts du ministère de la Santé renferment 145 millions de ces masques.

Dans une nouvelle directive envoyée lundi au réseau de la santé, le MSSS demande aux établissements de l'aider à écouler la réserve de la pandémie avant de songer à se réapprovisionner en équipements de protection individuelle (EPI).

Le MSSS doit écouler certains EPI et produits ciblés avant qu’ils atteignent leurs dates de péremption et dans l’objectif d’éviter des pertes monétaires importantes.

Une citation de :Extrait de la nouvelle directive

La palme des achats en trop revient aux blouses jetables. Au total, 820 000 sont pliées dans des boîtes, ce qui représente quatre ans et demi d'utilisation.

Québec détient aussi un million de litres de désinfectant à main, en plus de ce qui a déjà été mis de côté pour la vaccination. De quoi tenir un an et demi.

Les autres produits à écouler sont :

  • 631 millions de gants de nitrile (2,5 ans d'utilisation)
  • 65 millions de lingettes désinfectantes (2 ans)
  • 98 millions de lingettes sèches (4 ans)

À noter que les masques N95 ne font pas partie de la liste d'équipements à écouler.

Des achats en trop dans l'incertitude de la première vague

En février 2020, le Québec a attendu 11 jours après l'alerte de l'OMS sur le risque de pénurie mondiale de masques pour passer sa première commande. Un mois plus tard, la province s'est retrouvée à trois jours de manquer d'équipements.

Pour rattraper son retard et fournir le réseau, le MSSS a effectué 3 milliards de dollars d'achats, des contrats gré à gré, entre mars et décembre 2020. Il a parfois payé sept fois le prix normal pour obtenir des masques.

Avec le manque de fiabilité de certains fournisseurs internationaux et la difficulté à estimer la consommation des établissements en temps de pandémie, il s’est avéré difficile [...] d’estimer les quantités à commander.

Une citation de :Extrait de la nouvelle directive

On peut lire dans la directive que ces facteurs ainsi que l’objectif élevé de constituer une réserve de six mois de consommation en temps de pandémie ont entraîné la constitution d’inventaires importants.

Le ministère a donc établi un plan de distribution dans tout le réseau, région par région, en proportion de la taille de chaque CISSS et CIUSSS.

Tous les moyens sont bons

Puisqu’il s’agit d’une quantité importante à écouler, le MSSS encourage plusieurs stratégies.

Il demande aux CISSS et CIUSSS d'effectuer des partenariats et de continuer d’approvisionner les CHSLD publics et privés, les résidences pour aînés, les ressources intermédiaires, les soins à domicile...

Québec demande aussi d'approvisionner les groupes de médecine familiale qui le désirent, les organismes communautaires et pourquoi pas les employés du chèque emploi-service.

Toute autre initiative de consommation avant d’arriver aux dates de péremption est bienvenue.

Et pour s'assurer que rien ne sera gardé et périmé avant utilisation, le ministère ajoute quelques exigences. Il ne reprendra aucun EPI distribué et les établissements devront refuser également les reprises à leurs partenaires.

Aucune allocation financière ne sera allouée pour de l’entreposage supplémentaire, peut-on lire dans cette directive.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !