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Une Franco-Ontarienne à la tête de la Commission canadienne pour l'UNESCO

Roda Muse fait un discours à l'extérieur, devant un lutrin et des micros.

Roda Muse, nouvelle secrétaire générale de la Commission canadienne pour l'UNESCO (archives)

Photo : Radio-Canada

Benjamin Vachet

Roda Muse entrera en fonction comme secrétaire générale de la Commission canadienne pour l'UNESCO (CCUNESCO) le 17 mai prochain.

J’étais très heureuse, très fière… Mais en même temps, j’ai senti tout le poids qui va reposer sur moi, parce qu’il va falloir que je démontre que je suis la personne qu’il faut à ce poste, lance Roda Muse.

Sa nomination a été annoncée, fin avril, par le directeur et chef de la direction du Conseil des arts du Canada, Simon Brault, sous l'égide duquel la CCUNESCO mène ses activités depuis 1957.

Je suis convaincu que Roda Muse apportera une perspective très intéressante et prometteuse à la Commission canadienne pour l'UNESCO et au Conseil des arts du Canada. Elle est passionnée par les valeurs que nous promouvons et désire contribuer à faire avancer la paix, la diversité et la tolérance au Canada et sur la scène internationale. Roda est une bâtisseuse de communauté et de réseaux et elle croit que chaque personne peut contribuer à tout projet collectif , a déclaré M. Brault par voie de communiqué.

La principale intéressée explique les raisons qui l’ont motivée à convoiter ce poste au sein d’un organisme dont le mandat est de faire le lien entre les Canadiens et le travail de l'UNESCO - l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture.

Il y a un aspect très personnel. Je viens de l’Afrique de l’Est, de Djibouti. J’ai vu les méfaits de la guerre sur les êtres humains et l’impact important que la paix a pour le développement. Cet aspect-là m’a forcément touchée. Je sais que le Canada est un pays qui promeut la paix et que la Commission a, entre autres, le mandat de contribuer à l’édification de la paix, explique-t-elle.

Ce mandat est très personnel pour moi.

Une citation de :Roda Muse, secrétaire générale de la Commission canadienne pour l'UNESCO

Lutter pour l’éducation et contre les inégalités

Arrivée au Canada il y a 27 ans, Mme Muse a petit à petit parcouru le chemin qui l’a menée jusqu’à ce poste, dit-elle.

Ayant travaillé en alphabétisation, en immigration, en santé au sein de l’Équipe de santé familiale de l'Est de l'Ontario, Mme Muse a, durant toute sa carrière, voulu donner une voix aux femmes et aux communautés ethnoculturelles.

Je pense avoir eu l’ensemble des expériences nécessaires pour occuper ce poste, dit-elle, fière de son parcours, qui l’a notamment amenée à travailler pour Patrimoine canadien, pour le ministère de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique du Canada et pour Condition féminine Canada.

Une femme pose pour la caméra.

Roda Muse, nouvelle secrétaire générale de la Commission canadienne pour l'UNESCO (CCUNESCO)

Photo : Courtoisie/Commission canadienne pour l'UNESCO

Roda Muse a également cofondé la Fondation Acacia, un organisme de charité visant à encourager l’excellence chez les jeunes francophones des minorités visibles à travers l’éducation et le mentorat.

L’accès à une éducation de qualité et inclusive, prôné par l’UNESCO, correspond bien à ses valeurs, dit-elle, tout comme la priorité de la réconciliation avec les communautés autochtones.

Je vois un lien entre l’éducation et la réconciliation. Il faut que nous apprenions plus sur l’histoire des communautés autochtones, que ce soit intégré dans le curriculum, que ça devienne un réflexe, estime-t-elle.

Mme Muse cite également la lutte contre les inégalités comme priorité dans son nouveau travail.

Avec la pandémie, nous sommes entrés dans une nouvelle ère en ce qui a trait à l’avenir du travail. Il y a une réflexion à pousser. La pandémie a dévoilé des inégalités, la pauvreté, l’isolement, des emplois qui sont plus à risque... Je veux voir comment notre réseau [de l’UNESCO] va se mobiliser autour de ces questions, dit-elle.

La francophonie toujours à cœur

À Ottawa et dans la province, Mme Muse est également connue pour son implication dans la communauté franco-ontarienne, que ce soit au sein du conseil d’administration du collège La Cité, comme vice-présidente et conseillère scolaire au Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario (CEPEO), comme membre du Consortium dirigeant le Centre Jules-Léger ou encore, au sein du conseil d'administration de l'Hôpital Montfort.

Je vais continuer à m’investir dans la francophonie ontarienne, assure-t-elle, soulignant l’impact qu’ont pu jouer dans son intégration des personnalités bien connues de la communauté francophone comme Linda Cardinal, Linda Savard, Lyne Bouchard et Ronald Bisson.

Un message à la population et aux décideurs

Mme Muse espère pouvoir jouer pareil rôle pour d’autres personnes, notamment grâce à sa nomination.

C’est une porte qui s’ouvre pour tout le monde. Ce poste, je n’ai pas l’impression de l’avoir pour moi toute seule. C’est comme si tout le monde avait gagné. Je le partage avec tout le monde, sourit-elle. Il y a beaucoup de barrières, on ne peut pas se fermer les yeux. En accédant à ce poste-là, c’est comme si j’avais défoncé une barrière et que c’est possible pour tout le monde, dit-elle, citant également l’exemple de Germaine Chazou-Essindi, nommée directrice de la diversité et de l'inclusion du Centre national des Arts (CNA).

C’est une joie de pouvoir paver la voie à beaucoup de gens, à des femmes et aussi des membres des minorités visibles, surtout des communautés noires francophones.

Une citation de :Roda Muse, secrétaire générale de la Commission canadienne pour l'UNESCO

Pour Mme Muse, de telles nominations sont des messages envoyés à toute la population, mais aussi aux décideurs.

L’équipe du Conseil des arts du Canada a fait le choix de mener un processus qui était très équitable et je pense que c’est un appel aux autres dirigeants.

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