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Dans une volte-face, Joe Biden quadruple le nombre de réfugiés admissibles

Invoquant un système « brisé » par l'administration précédente, Joe Biden a toutefois averti que les États-Unis ne parviendraient vraisemblablement pas à accueillir 62 500 réfugiés d'ici octobre.

Les membres d'une famille de Syriens sont accroupis près de tentes dans un camp de réfugiés.

Le programme américain d'admission des réfugiés est destiné aux personnes sélectionnées par les agences de sécurité et de renseignement américaines dans les camps de l'ONU dans le monde.

Photo : Associated Press / Hussein Malla Hussein MallaAP

Après avoir été critiqué par des militants pour les droits de la personne et des élus de son propre camp, le président américain Joe Biden a indiqué lundi qu'il relevait le plafond de réfugiés admis d'ici cinq mois à 62 500, après avoir opté pour le statu quo il y a deux semaines.

Cela efface le chiffre historiquement bas de 15 000 fixé par l'administration précédente, qui ne reflétait pas les valeurs de l'Amérique en tant que nation qui accueille et soutient les réfugiés, a déclaré le président dans un communiqué publié lundi par la Maison-Blanche.

Joe Biden renoue ainsi – sur papier – avec l'intention qu'il avait exprimée en février de porter à 62 500 le nombre de réfugiés admis aux États-Unis d'ici la fin de l'année fiscale, qui se termine le 30 septembre.

Il avait alors affiché sa volonté de tourner la page sur les restrictions antimigratoires des années Trump, promettant d'adopter une politique migratoire humaine.

Il y a deux semaines à peine, invoquant le flux de réfugiés à la frontière américano-mexicaine, il avait pourtant fait marche arrière en adoptant un décret qui maintenait pour l'heure le plafond historiquement bas établi par son prédécesseur, Donald Trump.

Les critiques avaient fusé, tant de la part des défenseurs des réfugiés que chez les élus démocrates. Dès le lendemain, Joe Biden avait d'ailleurs déclaré qu'il allait relever le plafond d'accueil de réfugiés. Et des responsables à la Maison-Blanche avaient soutenu que ses intentions avaient été mal comprises. Les républicains avaient pour leur part accusé Joe Biden d'avoir créé une crise migratoire à la frontière.

Sur Twitter, ce dernier a expliqué sa révision du nombre d'admissions, faisant écho à la teneur du communiqué de la Maison-Blanche, qui présentait les États-Unis comme un phare pour la liberté et une terre d'accueil pour le monde.

Le programme américain d'admission des réfugiés incarne notre engagement à protéger les plus vulnérables. C'est une déclaration sur qui nous sommes, et qui nous voulons être.

Une citation de :Joe Biden, président des États-Unis, sur Twitter

Distinct du système d'asile pour les migrants qui arrivent par la frontière sud, puis demandent ensuite l'asile, le programme d'admission des réfugiés concerne les individus sélectionnés à l'étranger par les agences de sécurité et de renseignement américaines dans les camps de l'ONU, essentiellement parmi les populations les plus vulnérables, comme les personnes âgées, veuves ou handicapées.

Une affiche demande à Joe Biden de laisser entrer les migrants aux États-Unis.

L'afflux de migrants à la frontière américano-mexicaine pose un autre défi de taille à l'administration Biden.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Un objectif, mais pas un engagement

Malgré ce revirement, Joe Biden a prévenu que l'objectif établi sur papier ne se concrétiserait pas dans la réalité. La triste vérité est que nous n'atteindrons pas 62 500 admissions cette année, a-t-il averti, invoquant un système brisé par l'administration précédente.

Nous travaillons rapidement pour réparer les dommages causés par les quatre dernières années. Cela prendra un certain temps, mais ce travail est déjà en cours.

Il y a deux semaines, son conseiller à la sécurité nationale, Jake Sullivan, avait fait valoir sur Twitter le besoin de reconstruire le programme d'admission de réfugiés.

L'impossibilité d'atteindre l'objectif de M. Biden est aux yeux de la Maison-Blanche attribuable aux compressions budgétaires et aux réductions de personnel faites par l'administration Trump, selon le New York Times.

Le but pour la prochaine année fiscale est maintenu à 125 000, un plafond qui sera lui aussi difficile à atteindre, a insisté Joe Biden.

La représentante démocrate Ilhan Omar, qui fait partie de l'aile progressiste, s'est réjouie de la décision sur Twitter, tout en appelant à maintenir la pression. L'élue du Minnesota, dont la famille a fui la guerre civile en Somalie, a été acceptée aux États-Unis comme réfugiée après avoir vécu dans un camp de réfugiés lorsqu'elle était enfant.

Nous avons fait un pas de plus vers l'accueil des réfugiés, mais nous n'y sommes pas encore. La complaisance n'est pas le moyen d'arriver à quoi que ce soit, continuons à faire pression et à exiger davantage. La capacité [d'accueil] est là et nous devons continuer à créer la volonté [d'y arriver], a-t-elle écrit.

Avec les informations de Washington Post

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