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39-45 en sol canadien : Claude Legault raconte la guerre vécue par les gens d’ici

Montage photo au centre duquel un homme pose, les mains dans les poches. On voit des avions de guerre et des soldats autour de lui, et projetées sur son chandail, des photos anciennes de personnes civiles.

Claude Legault présente « 39-45 en sol canadien »

Photo : Facebook/Tv5

Radio-Canada

Pour beaucoup de gens, la Seconde Guerre mondiale a surtout touché les Canadiens et Canadiennes qui étaient au front, notamment en Europe et en Asie. Pourtant, cette guerre a aussi été vécue sur le sol canadien. C’est ce que raconte, à travers de multiples témoignages, la série documentaire 39-45 en sol canadien, présentée par Claude Legault et diffusée sur TV5 à partir de lundi. 

Grand passionné d’histoire et collectionneur d’artefacts sur la Seconde Guerre mondiale, l’acteur recueille auprès des gens des souvenirs de cette guerre au cours des 13 épisodes de cette série.

Une histoire méconnue 

Idéateur et scénariste de la série, Alexandre Normandin estimait que le Canada méritait une série de ce type, comme d’autres pays tels que la France ou la Grande-Bretagne, qui ont produit de nombreux documentaires sur cette guerre qui a fait plus de 50 millions de victimes dans le monde. 

On avait toujours ce rôle de l’acteur de fond de scène, comme si on était assis à la table des enfants, a-t-il expliqué à l’émission C’est encore mieux l’après-midi. Alors qu’on a participé activement : c’est notre guerre, c'est l’histoire de nos parents et grands-parents.

C’est d’autant plus important que ces gens meurent, malheureusement. Ils sont très âgés aujourd’hui, ils ont 90-95 ans.

Alexandre Normandin, qui a beaucoup appris en travaillant sur 39-45 en sol canadien, est surpris que cette période ait été si peu documentée. 

Ce qu’on a gardé, ce sont les exploits sur le front, ce qui s’est passé en Europe, mais on ne sait pas à quel point les gens ont vécu intensément cette guerre, a-t-il déploré. Il faut s’imaginer cinq ans et demi de guerre, de privations et de sacrifices.

Le jour où Janette Bertrand a perdu sa petite culotte en plein récital

Plusieurs personnes, célèbres ou anonymes, racontent ainsi leurs histoires ou celles de leur famille pendant ces années difficiles. 

Parmi les personnalités qui témoignent se trouvent Micheline Lanctôt et Janette Bertrand. Cette dernière était adolescente pendant la guerre, et elle se rappelle comment, en plein récital de poésie qu’elle donnait au chalet du Mont-Royal, à Montréal, elle a perdu sa petite culotte. Le caoutchouc étant réquisitionné par le gouvernement pour l’effort de guerre, les petites culottes n’avaient alors pas d’élastique.

Quant à Micheline Lanctôt, elle revient sur les Allemands prisonniers dans un camp en Montérégie. Dans la région, presque tout le monde a eu un, deux ou trois prisonniers allemands qui ont travaillé dans leur ferme ou leur verger, dit-elle. Ça ne s’est jamais su.

James Bond en Ontario

De son côté, Suzanne Tremblay, l’ancienne députée du Bloc québécois décédée en septembre dernier, raconte avoir attrapé le scorbut quand elle vivait à Montréal pendant la guerre en raison des privations alimentaires. 

Certaines anecdotes sont incroyables, comme celle de cette femme en Estrie qui aidait les jeunes ne voulant pas partir combattre. Elle leur faisait manger des pellicules pour appareil photo avec du Coca-Cola. Lorsque les jeunes hommes passaient une radiographie pour leur examen médical militaire, les médecins voyaient des taches sur leur thorax et leur signaient un certificat de démobilisation. 

Autre fait surprenant : Ian Fleming, le créateur de James Bond, a appris l’espionnage en Ontario. En effet, pendant la guerre, une école formait des agents secrets, dont Ian Fleming, avant de les parachuter en France. 

La famille de David Suzuki internée

39-45 en sol canadien, à laquelle ont participé les historiens Laurent Turcot, Pierre Anctil et Hugues Théorêt, s’intéresse aussi aux moments peu glorieux de cette Seconde Guerre mondiale. 

Par exemple, l’écologiste David Suzuki, qui est né en 1936 au Canada, a été interné dans un camp avec sa famille, d’origine japonaise, le Japon étant considéré comme un pays ennemi. 

On les dépossède, on leur prend leur maison, leur bateau et leur commerce, qu’on vend pour payer leur internement, a précisé Alexandre Normandin, au micro d'Eugénie Lépine-Blondeau, chroniqueuse culturelle à l’émission Tout un matin

Ma grande fierté, pour être honnête, est d’avoir pu mettre en lumière les récits des opprimés de l’époque.

Une citation de :Alexandre Normandin, créateur et scénariste de 39-45 en sol canadien

La série 39-45 en sol canadien sera diffusée à partir du lundi 3 mai à 22 h sur la chaîne TV5 et pourra être regardée en ligne sur le site tv5unis.ca. 

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