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Protection de la jeunesse : Legault annonce un groupe d'action interministériel

Des jouets et des enfants en arrière-plan.

Le rapport Laurent presse le gouvernement de placer l'enfant au centre de toutes les décisions concernant son bien-être.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le premier ministre du Québec s'engage à agir après le dépôt du rapport de la commission Laurent sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, dont les recommandations sont bien accueillies et décrites par certains comme « un projet de société ».

Dans une déclaration publiée sur Facebook, le premier ministre François Legault annonce la formation d'un groupe d'action interministériel sur la protection de la jeunesse. Ledit groupe, sous la responsabilité du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, sera chargé de suivre l'application des recommandations [du rapport].

Je leur demande de faire en sorte qu'on livre la marchandise rapidement autant que possible. Et on ne ménagera pas les moyens pour y arriver, a ajouté le premier ministre.

Cette idée a d'ailleurs été bien accueillie par Régine Laurent elle-même au cours de son passage à l'émission 24•60, sur les ondes d'ICI RDI.

On ne peut pas compter uniquement sur les DPJ pour régler les problèmes de maltraitance des enfants, au Québec; il faut agir par prévention. Cela veut dire aussi que tout le monde doit travailler ensemble : le CLSC, les groupes communautaires, les milieux de garde. Il faut cesser de travailler en silo.

Ce que je comprends du premier ministre, il va mettre les choses en place. Je pense que c'est un très bon message pour l'ensemble de la société québécoise, a ajouté Mme Laurent.

Cette dernière estime aussi que la création d'une charte des droits des enfants envoie un message quand même important; c'est dire que les droits de l'enfant, c'est au coeur de tout, pour vrai.

Nous sommes tous et toutes responsables [du bien-être des enfants], peu importe où l'on travaille : dans le réseau, dans le communautaire, dans l'école... Arrêtons les chasses gardées!

Une citation de :Régine Laurent

Si le rapport mentionne que la maltraitance entraîne des coûts annuels de l'ordre de 4 milliards de dollars, au Québec, Mme Laurent précise que nous avons dû mettre un signe de dollar, mais imaginez le coût humain de tout cela. Je pense que nous n'avons pas le choix : si nous ne voulons pas avoir honte devant nos enfants, demain, si on veut être capables de leur dire qu'on a tout fait, il faut faire ce virage.

Un projet de société

En entrevue à ICI RDI, la présidente de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), Andrée Poirier, a décrit le rapport Laurent comme un projet de société.

L'Alliance regroupe la majorité des travailleurs de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), qui se retrouve au coeur du rapport.

Le document vient replacer le bien-être et le droit des enfants... Et ça, c'est extrêmement important. Et tout cela est au coeur de ce rapport-là, a affirmé Mme Poirier.

Est-ce qu'on veut être dignes, tous et toutes, de nos enfants?

Ce qu'elle dit aussi, c'est que nous n'avons pas le choix; on doit le faire, a poursuivi Mme Poirier au sujet du contenu du rapport piloté par Régine Laurent.

La présidente de l'APTS a également souligné que le document, qui évoque notamment le manque de temps des intervenants en protection de l'enfance, correspond au discours de nos intervenants et intervenantes, qui ne cessent de nous dire à quel point ils sont surchargés, et que les charges de travail, avec les enfants et les familles, devraient être articulées autour des besoins des enfants, et non pas sur un style de gouvernance ou de données statistiques.

Le rapport vient aussi dire que cette gouvernance est mal adaptée à ces besoins des enfants.

Une citation de :Andrée Poirier, présidente de l'APTS

Soutien, encadrement, sécurité accrue... le rapport Laurent est riche de recommandations pour aider les intervenants du milieu, qui sont nombreux à quitter le métier en raison de la pression et du manque de ressources.

Ce que [les intervenants] nous disent, actuellement, c'est qu'on n'a pas le temps; on a trop de dossiers [...]. C'est une charge mentale qui les suit tout le temps, a rappelé Mme Poirier.

Et si Québec souhaite effectivement ouvrir des postes supplémentaires, ces emplois trouvent difficilement preneur, a indiqué la présidente de l'APTS, qui réclame des mesures structurantes pour l'attraction et la rétention des travailleurs dans le domaine.

Un travail collectif

De son côté, la présidente de la Fédération des familles d'accueil et ressources intermédiaires du Québec, Geneviève Rioux, dit avoir été frappée par les mots "enfants", "milieu de vie", "écoute", "stabilité", "besoins des enfants"... On ne peut que les applaudir.

J'avais beaucoup d'espoir dans la commission Laurent; la façon dont ils ont appliqué les choses en étant à l'écoute de tout le monde... C'était vraiment un travail qui était collectif, a-t-elle ajouté, en entrevue à ICI RDI.

Toujours dans la foulée des recommandations du rapport, Mme Rioux martèle qu'il est essentiel de prendre une décision rapidement lorsqu'on aborde le placement d'un jeune en famille d'accueil.

Il est important que cette décision soit prise pour l'enfant, et non pas pour les parents, pour le système ou pour les finances, mais pour l'enfant.

Une citation de :Geneviève Rioux, présidente de la Fédération des familles d'accueil et des ressources intermédiaires du Québec

Au dire de Mme Rioux, il est difficile de conserver les ressources – les familles d'accueil – sur lesquelles peut présentement compter la Fédération. Elles trouvent ça lourd, elles manquent de soutien, elles manquent d'encadrement, de formation, de beaucoup de choses importantes pour les garder. Et si on ne peut pas garder nos gens, comment ceux-ci peuvent-ils aller ailleurs et inciter à augmenter le nombre de familles d'accueil?

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