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Des élus ontariens réclament une campagne de vaccination transfrontalière

Un poste-frontière entre le Canada et les États-Unis.

Le programme commencerait par les travailleurs essentiels qui traversent la frontière avant de s'étendre aux autres Windsorois.

Photo : -

Des élus de la région de Windsor-Essex appellent Ottawa à prendre des mesures afin que les surplus de vaccins américains puissent être administrés aux Canadiens qui vivent dans les régions frontalières.

Le député de Windsor Ouest, Brian Masse, souhaite que les vaccins disponibles au Michigan et dans l’État de New York soient donnés en priorité aux travailleurs essentiels qui traversent régulièrement la frontière.

Cela se fait déjà de manière informelle, mais il y a des travailleurs essentiels qui représentent des entreprises de petite taille ou de taille moyenne qui n’ont pas les mêmes possibilités. Donc, nous demandons une approche plus formelle, précise-t-il.

Chaque fois que nous faisons vacciner quelqu’un aux États-Unis, cela signifie que nous avons une place supplémentaire ouverte dans la région de Windsor-Essex pour quelqu’un d’autre.

Une citation de :Brian Masse, député fédéral de Windsor Ouest

M. Masse évoque, pour le déplorer, ce qu’il considère comme un manque de leadership de la part du gouvernement canadien.

Cette faille du leadership aurait, selon lui, conduit le Manitoba à négocier directement avec le Dakota du Nord pour que ses enseignants s'y fassent vacciner en traversant la frontière canadienne qui relève pourtant d’Ottawa.

Il ne devrait pas être nécessaire que deux provinces joignent leurs efforts, embarrassant le gouvernement fédéral sur la manière dont il peut étendre le programme aux travailleurs essentiels et aux conducteurs de camion. Cela aurait dû venir du gouvernement fédéral, mais ils ont la tête dans le sable, explique-t-il.

Au-delà des travailleurs essentiels

M. Masse est d’autant plus motivé par la possibilité de faire vacciner des Canadiens aux États-Unis qu’il affirme que des élus américains se mobilisent eux aussi pour que le surplus de vaccins soit administré aux Canadiens.

J’ai récemment parlé au téléphone avec le représentant au Congrès Brian Higgins, qui est de New York, et il se bat pour que les doses supplémentaires soient envoyées aux Canadiens, parce que nous savons que nos économies sont très intégrées et nos familles, tellement connectées, précise-t-il.

Brian Masse pose dans la salle de conférence de son bureau.

Brian Masse souhaite la mise en place d'un groupe de travail canado-américain qui se pencherait quotidiennement sur des questions transfrontalières.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Plus qu'aux travailleurs essentiels, il s’agirait pour Brian Masse d’offrir le vaccin à tous les résidents des villes frontalières, d’est en ouest, là où il est possible de le faire.

Le maire de Windsor, Drew Dilkens, souhaite lui aussi que des Canadiens puissent traverser la frontière pour se faire vacciner aux États-Unis.

Dans un courriel adressé à Radio-Canada, son bureau indique qu’il s’agit d’une demande de pharmaciens vivant à Windsor et travaillant aux États-Unis, où ils sont considérés comme essentiels.

Ils [les pharmaciens] ont contacté le maire ces dernières semaines pour dire qu’il y a une grande quantité de vaccins qui finit à la poubelle, les flacons n'étant pas complètement utilisés puisque beaucoup d’Américains ont déjà reçu leur deuxième dose ou refusent de la prendre, peut-on lire dans le courriel.

Quand ils ouvrent un flacon, il est bon pendant environ cinq heures et ensuite ils doivent le jeter.

Une citation de :Extrait du courriel du bureau du maire

Drew Dilkens envisage la possibilité que des bus de Transit Windsor servent à transporter des gens vers les États-Unis pour les ramener ensuite au Canada, ce qui permettrait de minimiser les risques d’exposition au virus.

Le bureau du maire dit reconnaître que ce genre de campagne de vaccination suppose de nombreux défis. Il souhaite donc que tous les ordres de gouvernement s'associent pour y travailler.

À problème mondial solution mondiale

Les défis posés par cette démarche, qu’ils soient logistiques ou sécuritaires, ne peuvent pas constituer des freins, selon Michel Juneau-Katsuya, expert en sécurité nationale.

Il considère que des ententes ponctuelles peuvent facilement être conclues entre les gouvernements canadien et américain pour faciliter les choses.

On peut faire une dérogation temporaire de quelques heures pour permettre aux gens de revenir. On peut aussi admettre les gens, s’ils le veulent, sans passeport, explique-t-il.

Le problème de la pandémie, c’est un problème mondial qui doit passer par une solution mondiale. Comme le problème du réchauffement climatique.

Une citation de :Michel Juneau-Katsuya, expert en sécurité nationale

M. Juneau-Katsuya rappelle qu’il y a quelques années les Canadiens pouvaient se rendre aux États-Unis en utilisant leur permis de conduire.

Michel Juneau-Katsuya, PDG de Northgate Group et ancien cadre supérieur du SCRS.

Michel Juneau-Katsuya pense qu'une campagne de vaccination transfrontalière ne représenterait pas de grands risques pour les Canadiens.

Photo : Radio-Canada / Martin Blais

Quoi qu’il en soit et peu importe la forme que prendrait cette collaboration, il ne s’inquiète pas pour la sécurité des informations des Canadiens, compte tenu, notamment, des relations entre les deux pays.

On ne fait pas affaire avec la Chine ici, on fait affaire avec les États-Unis. Est-ce que les États-Unis nous ont déjà fait des coups fourrés? Mais oui, ils nous en ont déjà fait. Est-ce que les États-Unis s’amusent à jouer dans nos banques de données? On leur a déjà donné accès à nos banques de données de toutes sortes et de tout acabit, indique-t-il.

Brian Masse, le député de Windsor Ouest, pense quant à lui que la collaboration entre le Canada et les États-Unis devrait être accrue.

Il souhaite d’ailleurs la mise en place d’un groupe de travail canado-américain qui examinerait de manière quotidienne les besoins des villes frontalières.

Compte tenu des liens étroits existant déjà dans l’industrie automobile, et vu l’important déplacement de travailleurs entre l’Ontario et le Michigan, il souhaite que le renforcement de la coopération transfrontalière commence par Windsor et Détroit.

Contactée par Radio-Canada, l'Agence des services frontaliers du Canada affirme ne pouvoir commenter que les mesures déjà en place et affirme s'atteler à prévenir la propagation de la COVID-19 dans le pays.

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