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Changements climatiques : Biden s'attaque aux climatiseurs et aux réfrigérateurs

Un magasin d'appareils électroménagers, dans la rangée des réfrigérateurs, avec à l'avant-plan un frigo ayant la porte ouverte.

Les HFC présents dans les réfrigérateurs sont beaucoup plus puissants que le dioxyde de carbone pour le réchauffement de la planète.

Photo : Associated Press / Keith Srakocic

L'Agence américaine pour la protection de l'environnement (EPA) a annoncé le resserrement des normes sur les hydrofluorocarbures (HFC) qui sont utilisés dans les climatiseurs et les réfrigérateurs, et qui contribuent grandement au réchauffement climatique.

Annoncé lundi par l'administrateur de l'EPA, Michael Regan, le nouveau règlement vise à réduire la production et l'importation de HFC de 85 % d'ici 15 ans.

Avec cette proposition, l'EPA franchit une nouvelle étape importante dans le cadre du programme ambitieux du président Biden pour faire face à la crise climatique, a-t-il déclaré par voie de communiqué.

La nouvelle cible s'inscrit d'ailleurs dans le plan du président Joe Biden pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) des États-Unis de 50 à 52 % d'ici 2030 par rapport au niveau de 2005, au lieu de l'objectif de 26 à 28 % d'ici 2025 initialement visé par Washington.

Bien plus dommageables que le CO2

Dans les années 1980, les HFC ont remplacé les chlorofluorocarbures (CFC) qui contribuaient à la réduction de la couche d'ozone, mais ces produits chimiques se sont révélés néfastes pour le climat.

Leur effet de serre est jusqu'à 10 000, voire 15 000 fois plus puissant que celui du dioxyde de carbone (CO2), selon les experts.

Uniquement pour l'année 2036, année de la dernière étape prévue, la norme fixée par l'administration Biden permettra d'éviter l'équivalent de 187 millions de tonnes métriques d'émissions de CO2, l'équivalent des émissions annuelles de gaz à effet de serre d'un véhicule immatriculé aux États-Unis sur sept.

En vertu des nouvelles normes, la réduction totale d'émissions entre 2022 et 2050 devrait atteindre l'équivalent de 4,7 milliards de tonnes métriques de CO2, ce qui représente près de trois années d'émissions du secteur énergétique américain aux niveaux de 2019, estime l'EPA dans son communiqué.

À l'instar du président Biden, qui insiste sur les avantages économiques d'un virage vert, par exemple la création d'emplois, Michael Regan a fait valoir que la décision contribuera à promouvoir le leadership américain en matière d'innovation et de fabrication de nouveaux produits respectueux du climat.

En bref, cette action est bonne pour notre planète et pour notre économie.

Une citation de :Michael Regan, administrateur de l'EPA

En considérant les effets sur la santé et l'environnement (inondations, sécheresse, feux de forêt, etc.), l'EPA évalue à près de 285 milliards de dollars l'impact économique cumulatif de ses nouvelles normes d'ici 2050.

Bien qu'une douzaine d'États américains aient interdit ou restreint l'utilisation des HFC, c'est la première fois que le gouvernement fédéral impose une limite sur ces produits chimiques, d'après le Washington Post.

L'objectif est partagé évidemment par les groupes environnementaux, qui se sont réjouis de l'annonce, mais aussi par la communauté des affaires.

En décembre dernier, avant l'assermentation du nouveau Congrès, les élus avaient approuvé des mesures prévoyant la réduction des HFC, rattachées à la loi omnibus de soutien aux entreprises et aux ménages touchés par la pandémie.

Rejoindre l'accord international sur les HFC

John Kerry, au podium de la salle de presse de la Maison-Blanche, s'adresse aux journalistes devant un drapeau américain.

L'actuel émissaire du président pour le climat, John Kerry, avait participé aux négociations de l'Amendement de Kigali au protocole de Montréal lorsqu'il était à la tête de la diplomatie américaine.

Photo : Reuters / KEVIN LAMARQUE

Quelques jours après son investiture, Joe Biden avait annoncé son intention de soumettre à l'approbation du Sénat le traité international sur la réduction des gaz hydrofluorocarbures, signé par les États-Unis à la fin du mandat de Barack Obama, mais jamais ratifié sous son successeur, Donald Trump.

Connu sous le nom d'Amendement de Kigali au Protocole de Montréal, l'accord, signé par plus de 170 pays en octobre 2016, est entré en vigueur le 1er janvier 2019.

L'actuel émissaire spécial du président Biden sur le climat, John Kerry, alors secrétaire d'État, avait été l'un des négociateurs clés de l'entente, qui définissait des cibles distinctes selon divers groupes de pays.

Les pays développés, comme le Canada, les États-Unis et la plupart des pays d'Europe, s'étaient alors engagés à diminuer l'usage des gaz HFC de 10 % avant 2019 et de 85 % avant 2036.

Les deuxième et troisième groupes, composés de pays en développement, avaient accepté de geler leur utilisation des HFC jusqu'en 2024 ou 2028, avant de réduire progressivement leur consommation.

S'attaquer au réchauffement climatique

Le resserrement des normes sur les hydrofluorocarbures constitue le premier geste majeur de l'EPA pour s'attaquer au réchauffement climatique depuis l'entrée en fonction du président Joe Biden, en janvier.

Ce dernier a cependant posé plusieurs gestes qui marquent l'importance qu'il accorde à ce défi : des décrets sur le retour des États-Unis dans l'Accord de Paris ou sur l'élimination des subventions profitant à l’industrie fossile, à l'établissement d'une nouvelle cible plus ambitieuse pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, en passant par la tenue d'un sommet virtuel sur le climat, pour ne citer que ces éléments.

Sa décision de nommer son émissaire spécial sur le climat, John Kerry, au sein du Conseil de sécurité nationale (NSC) a en outre établi un précédent : c'est la première fois que le NSC inclut un responsable dont le rôle est entièrement consacré à la lutte contre les changements climatiques.

Le choix de Michael Regan à la tête de l'EPA a par ailleurs opéré une rupture par rapport à l'ère Trump, au cours de laquelle les deux administrateurs successifs étaient considérés comme des climatosceptiques.

L'administration de l'ancien président avait d'ailleurs adopté plusieurs mesures pour déboulonner l'héritage environnemental de l'occupant précédent de la Maison-Blanche. Joe Biden a, à son tour, pris plusieurs décisions qui ont marqué un virage important par rapport à son prédécesseur.

Avec les informations de Washington Post

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