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La mort de Michel Vienneau est un homicide, selon le jury à l'enquête du coroner

L'intervention policière à l'extérieur de la gare de Bathurst s'est soldée par la mort de Michel Vienneau, de Tracadie, le 12 janvier 2015.  Deux policiers discutent non loin de l'endroit où les événements se sont déroulés (archives).

L'intervention policière à l'extérieur de la gare de Bathurst s'est soldée par la mort de Michel Vienneau, de Tracadie, le 12 janvier 2015 (archives).

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

Pascal Raiche-Nogue

La mort de Michel Vienneau est un homicide. C’est le verdict auquel est arrivé le jury, lundi après-midi à Beresford, au terme de l’enquête du coroner sur la mort de cet homme d’affaires lors d’une intervention policière à la gare de Bathurst en 2015.

Après avoir entendu 22 témoins, les 5 jurés se sont prononcés sur la classification de cette mort survenue il y a 6 ans. Ils ont tranché qu’il s’agit bien d’un homicide (et pas d’un accident ou d’un décès de cause indéterminée, entre autres).

Photo de famille d'Annick Basque et de Michel Vienneau.

Annick Basque et Michel Vienneau se trouvaient dans leur voiture à la gare de Bathurst le 12 janvier 2015 quand ce dernier a été abattu par des policiers qui croyaient à tort avoir affaire à un trafiquant de drogue.

Photo : Facebook

Les jurés – qui n’avaient pas à déterminer qui est responsable de cette mort, puisqu’il ne s’agissait pas d’un procès – ont aussi fait cinq recommandations afin d’éviter qu’un tel événement ne se reproduise :

  • une personne au sein de la force policière devrait être en mesure d'avoir accès aux renseignements d’Échec au crime en tout temps (y compris la fin de semaine) afin que l’information soit communiquée le plus rapidement possible;
  • les voitures banalisées devraient être inspectées régulièrement au même titre que les autopatrouilles afin de s’assurer que tout l’équipement soit fonctionnel;
  • s’assurer que les lumières clignotantes des voitures banalisées soient standardisées et soient clairement visibles lors de leur activation;
  • au moment de l’intervention, les policiers devraient porter ou enfiler un vêtement externe qui les identifie clairement comme étant des policiers;
  • une autopatrouille avec un policier en uniforme devrait faire partie de l’intervention.

Le coroner en chef du Nouveau-Brunswick, Jérôme Ouellette, va se charger de transmettre ces recommandations aux personnes et aux entités concernées.

Le coroner en chef du Nouveau-Brunswick, Jérôme Ouellette, en mêlée de presse le 3 mai 2021 à Beresford.

Le coroner en chef du Nouveau-Brunswick, Jérôme Ouellette, en mêlée de presse après la conclusion de l'enquête sur la mort de Michel Vienneau

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

La prochaine étape, ça va être d’envoyer ça à tous les corps policiers impliqués. Je vais aussi envoyer les recommandations à l’Association des chefs de police du Nouveau-Brunswick, a-t-il expliqué en mêlée de presse peu après la conclusion de son enquête.

Les recommandations vont aussi se retrouver dans son rapport annuel.

La famille soulagée

L'avocat Stéphane Viola, qui représente Nicolas Vienneau - le frère de Michel Vienneau - a réagi à ce verdit au nom de la famille, lundi après-midi.

Il affirme que la famille est heureuse du dénouement et souhaite que cela puisse encourager les parties défenderesses à régler leur poursuite afin de tourner la page sur ce malheureux incident qui a couté la vie à Michel Vienneau.

Stéphane Viola ajoute que les recommandations faites par le jury sont remplies de bon sens. Selon lui, il est difficile de comprendre comment cela n’était pas apparent pour les gens impliqués dans les démarches policières.

La mort de Michel Vienneau en bref

Michel Vienneau a été abattu par un policier municipal de Bathurst le 12 janvier 2015 dans le stationnement de la gare VIA Rail.

Les policiers pensaient à tort qu’il était en possession de drogues illégales, après avoir reçu un signalement la veille par l’entremise du service Échec au crime. Ils avaient monté une opération à la hâte le matin même.

Après leur arrivée d’un voyage à Montréal, Michel Vienneau et sa conjointe sont montés à bord de leur voiture. Lorsqu’ils s’apprêtaient à quitter les lieux, une voiture de police banalisée leur a barré la route.

Des agents qui ont participé à l’opération ont témoigné au cours de l’enquête du coroner que les gyrophares du véhicule étaient allumés.

Cette version des faits a été remise en doute par trois témoins civils – dont la conjointe de Michel Vienneau – qui ont témoigné qu’ils n’ont pas vu ces dispositifs activés.

Deux policiers armés et portant des vêtements civils se sont approchés du véhicule de Michel Vienneau. Ce dernier a appuyé sur l’accélérateur, heurté le véhicule banalisé et ensuite le genou de l’agent Patrick Bulger.

L’agent Patrick Bulger a glissé et s’est retrouvé sous le parechoc de la voiture de Michel Vienneau. L’agent Mathieu Boudreau, craignant pour la vie de son collègue, a fait feu et tué Michel Vienneau.

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