•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le dépistage des employés du CISSS de l’Outaouais en place dès mardi

Un tube tenu par une infirmière qui porte des gants médicaux bleus.

Si un employé refuse de fournir une preuve de vaccination, il devra se soumettre à un test de dépistage trois fois par semaine.

Photo : Associated Press / Ted S. Warren

Radio-Canada

Trois semaines après la mise en application de l’arrêté ministériel sur la vaccination obligatoire pour certains travailleurs du réseau, le Centre intégré de la santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais mettra en place le dépistage de la COVID-19 dès mardi pour ses travailleurs touchés par l’arrêté.

Du même coup, le CISSS de l’Outaouais a mentionné que 67 % de ses employés ont déjà reçu leur première dose du vaccin contre la COVID-19 et 21,5 % se sont vu administrer une deuxième dose.

Le CISSS de l’Outaouais ajoute qu’il est important de bien interpréter les données puisque ce ne sont pas tous les employés qui sont actuellement admissibles à la vaccination. Seuls ceux en contact avec les usagers ou ceux ciblés par d’autres groupes prioritaires le sont, comme les personnes de 45 ans et plus, celles qui souffrent de maladies chroniques ainsi que les femmes enceintes. À l’heure actuelle, environ 4000 employés du CISSS de l’Outaouais ne sont pas vaccinés.

De son côté, la présidente du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la santé et des services sociaux de l’Outaouais (STTSSSO-CSN), Josée McMillan, ne semblait pas particulièrement impressionnée par la communication de l’annonce du CISSS de l’Outaouais. Vous me dites que ce serait demain [mardi]? Sans doute qu’ils vont nous en parler lors de notre rencontre hebdomadaire du jeudi, a-t-elle ironisé.

Elle avoue qu’il était attendu de voir comment l'employeur allait s'y prendre [et] quelle procédure serait mise en place pour le dépistage, considérant qu’il s’agit d’une importante organisation.

L’arrêté ministériel vise les secteurs suivants :

  • Les urgences (à l’exception des urgences psychiatriques);

  • Les unités de soins intensifs (à l’exception des soins intensifs psychiatriques);

  • Les cliniques dédiées (dépistage, évaluation et vaccination) à la COVID-19;

  • Les unités identifiées par un établissement afin de regrouper la clientèle présentant un diagnostic positif à la COVID-19;

  • Les centres d’hébergement et de soins de longue durée (publics et privés conventionnés);

  • Les autres unités d’hébergement;

  • Les unités de pneumologie.

Source : CISSS de l’Outaouais

André Fortin extrêmement surpris du retard

Le député libéral du Pontiac, André Fortin, admet être extrêmement surpris que l’arrêté ministériel ne soit pas déjà en vigueur. Il se demande pourquoi le gouvernement caquiste n’a pas tout fait en son pouvoir pour que l’arrêté soit mis en place dans la région.

Lorsqu’on prend une décision comme celle-là, on s’attend à ce que ce soit en place partout au Québec. Qu’on ait laissé les dirigeants de la région retarder les choses, c’est particulièrement surprenant et décevant dans le contexte.

André Fortin à l'assemblée nationale.

André Fortin se pose beaucoup de questions sur la gestion du gouvernement caquiste dans la région (archives).

Photo : Radio-Canada

En analysant la présente situation, couplée aux récents délais pour obtenir le résultat d’un test de dépistage qui ont fait les manchettes en avril, André Fortin considère qu’il y a réellement quelque chose qui se passe.

Le dépistage, on le dit depuis le début que c’est le nerf de la guerre. Et maintenant, ça va de pair avec la vaccination. [...] Je ne comprends pas vraiment comment ces deux concepts ont pu être repoussés dans la région, déplore-t-il.

Le député considère qu’il est prioritaire de vacciner les employés du réseau de la santé ou que ceux-ci se soumettent au protocole de dépistage. Ce que l’on souhaite d’abord et avant tout, c’est que l’impact de cette mesure soit positif et il l’aurait été davantage s’il avait été mis en place il y a quelques semaines.

Un syndicat dénonce la dichotomie

Avant que la nouvelle soit annoncée, le président du Syndicat des professionnelles en soins de l'Outaouais (SPSO), Patrick Guay, trouvait cela bizarre que la mise en application prenne autant de temps dans la région.

Demain matin, s’il est mis en application, ce n’était pas grave pendant trois semaines, mais demain, ça va être grave. Il y a une dichotomie entre les deux [et] c’est un peu difficile à comprendre, a-t-il indiqué à Radio-Canada.

Cet arrêté veut que, depuis le 10 avril, les employés travaillant dans certains milieux doivent désormais fournir à leur employeur une preuve de vaccination contre la COVID-19. En cas de refus, les employés devront se soumettre à un test de dépistage trois fois par semaine. À ce sujet, Patrick Guay dit craindre d’embourber le système et interférer avec le dépistage de la population. Il dit attendre des nouvelles de l’employeur à cet effet.

Le CISSS de l’Outaouais précise que ces tests n’ont pas besoin d’être analysés en laboratoire, ce qui limitera les impacts sur notre capacité de dépistage pour la population générale.

Capture d'écran d'une entrevue virtuelle avec Patrick Guay. Un homme parle à la caméra.

Patrick Guay, président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (archives)

Photo : Capture d'écran/FaceTime

Si les employés refusent de se faire tester, l’arrêté précise qu’ils pourraient être contraints de travailler sur des tâches similaires dans un autre milieu, ou carrément, demeurer à la maison à leurs frais.

Ce n’est pas ce qu’on préconise, parce qu’on manque de bras sur le terrain, alors on espère que chacun va trouver son compte. Le but ultime est de donner des soins à la population le plus sécuritairement possible, donc on va voir comment l’employeur va le mettre en place, mentionne Patrick Guay, précisant que la vaccination des professionnels en soins augmente de jour en jour.

Des propos qui ont trouvé écho auprès de la présidente du STTSSSO-CSN, Josée McMillan : Il n’y a personne dans le réseau qui veut ça, dit-elle, à propos de la possibilité d’un renvoi à la maison sans solde.

Patrick Guay réitère que son organisation recommande fortement la vaccination à tous les professionnels en soins. Du même souffle, il dit qu’il y aura toujours des exceptions de personnes qui ne voudront pas se faire administrer le vaccin contre la COVID-19.

Le but est de prévenir et de protéger la propagation du virus et de s’assurer que la clientèle vulnérable soit adéquatement protégée.

Une citation de :Patrick Guay, président du Syndicat des professionnelles en soins de l'Outaouais

Des données fournies par le CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal laissent croire que l’arrêté ministériel, une fois mis en application, est efficace. Le 10 avril, jour de sa mise en place, 3159 employés de ce CIUSSS étaient visés par l’arrêté ministériel. Onze jours plus tard, 1672 d’entre eux avaient reçu la première dose d’un vaccin.

Avec les informations de Nathalie Tremblay et de Jérémie Bergeron

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !