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Un vaste réseau de pédopornographie sur le web est démantelé

Un homme tape sur un clavier dans le noir.

Le réseau comptait 400 000 membres; les polices de plusieurs pays dont le Canada ont collaboré à l'enquête.

Photo : iStock

Agence France-Presse

L'Allemagne a démantelé un important réseau de pédopornographie sur le web caché (darknet), présenté comme l'un « des plus grands au monde », et a arrêté quatre suspects, dont les administrateurs présumés de la plateforme, a annoncé lundi la police judiciaire.

Le démantèlement de la plateforme BOYSTOWN et de deux messageries affiliées, qui existaient depuis 2019, est intervenu après une série de perquisitions effectuées mi-avril dans trois régions allemandes, a précisé la police dans un communiqué.

Le réseau comptait alors plus de 400 000 membres, a-t-elle ajouté.

La plateforme avait une portée internationale et servait à l'échange de pornographie se rapportant aux mineurs, essentiellement des photos ou vidéos d'abus perpétrés sur de jeunes garçons. Parmi elles figuraient des images d'abus sexuels graves sur de très jeunes enfants.

Aide policière canadienne

Trois Allemands ont été arrêtés sur le territoire national sur mandat d'arrêt du tribunal de Francfort, au terme d'une enquête de plusieurs mois d'une unité spéciale de la police allemande, sous la coordination d'Europol et avec la collaboration des polices néerlandaise, suédoise, australienne, américaine et canadienne.

Un quatrième Allemand, qui réside au Paraguay, a été interpellé sur place et fait l'objet d'un mandat d'arrêt international sur la base duquel il devrait être livré aux autorités allemandes. La police n'a pas révélé leur identité.

Pour le ministre de l'Intérieur conservateur Horst Seehofer, le succès de l'opération de police envoie un message clair : qui abuse des plus faibles n'est plus en sécurité, où qu'il se trouve.

Nous faisons [...] tout notre possible pour protéger les enfants de crimes aussi répugnants.

Une citation de :Horst Seehofer, ministre de l'Intérieur allemand

Eva Kühne-Hörmann, ministre de la Justice de la région de Hesse, où est située Francfort, a qualifié l'opération de succès fantastique dans la lutte contre les violences sexuelles contre les mineurs.

Le suivi des clients

Trois des suspects, âgés respectivement de 40, 49 et 58 ans sont soupçonnés d'avoir été les administrateurs de la plateforme pédopornographique. En plus de s'occuper de la gestion du réseau, ils étaient chargés du suivi des clients, précise la police.

Le plus âgé d'entre eux, originaire du Nord de l'Allemagne, réside depuis de nombreuses années en Amérique du Sud.

Ils sont soupçonnés de s'être occupés de la mise en application technique de la plateforme sur le web caché et de la maintenance du serveur. Ils auraient aussi envoyé aux membres de la plateforme des consignes de sécurité visant à minimiser les risques d'être découverts par les autorités.

Le quatrième, un homme de 64 ans, est quant à lui soupçonné d'avoir été l'un des utilisateurs les plus actifs de la plateforme et d'avoir posté plus de 3500 contenus à caractère pédopornographique.

Le web caché est un espace anonymisé sur Internet, non référencé par les moteurs de recherche. Il est utilisé régulièrement pour héberger le trafic criminel de drogues, d'armes ou de pornographie infantile.

Plusieurs réseaux

L'Allemagne a démantelé plusieurs de ces réseaux ces dernières années. En mars 2019, quatre Allemands accusés d'avoir géré une telle plateforme dénommée Elysium avaient été condamnés à des peines de prison ferme allant de trois ans et dix mois à neuf ans et neuf mois.

Actif pendant six mois et fermé en juin 2017 par les autorités allemandes, le site comptait plus de 111 000 membres dans le monde entier et leur permettait d'échanger des photos et des vidéos d'enfants.

Et en septembre 2019, la police allemande avait également interpellé sept personnes soupçonnées d'avoir administré une plateforme du web caché hébergée sur des serveurs cachés dans un ex-bunker de l'OTAN, où étaient menés trafics d'images pédopornographiques, de drogue et de données volées.

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