•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des médias alternatifs de plus en plus populaires chez les groupes antivaccins

Une personne aux cheveux longs regarde l'écran d'un ordinateur portable, sur lequel est affiché la page d'accueil du réseau social Parler.

Le réseau social Parler se présente comme un champion de la liberté d'expression. Le réseau social est surtout apprécié de la droite conservatrice américaine.

Photo : AFP / Getty Images / Olivier Douliery

Des groupes qui s'opposent aux vaccins et aux mesures sanitaires ont changé leur façon de s’organiser sur le web depuis le début de la pandémie.

C'est ce que constate une étude réalisée par Marie-Ève Carignan, professeure à l'Université Sherbrooke et directrice du pôle média à la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent.

La chercheuse explique que certains des adeptes de ces mouvements prennent de plus en plus la parole dans des espaces alternatifs sur Internet afin de continuer à défendre leurs causes.

Marie-Ève Carignan assise à un bureau.

Marie-Ève Carignan est professeure au Département de communication de la Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Sherbrooke.

Photo : Courtoisie : Université de Sherbrooke / Michel Caron

Pour Marie-Ève Carignan, il s’agit d’une façon de contourner les systèmes de contrôle des contenus et de vérification des faits mis sur pied par les grandes plateformes.

 Sur les grandes plateformes, ils vont seulement mettre leur lien vers leur contenu sur leurs médias alternatifs et avoir un discours plus doux sur les grands réseaux sociaux pour ne pas se faire bloquer. 

Une citation de :Marie-Ève Carignan, professeure à l'Université Sherbrooke

Des réseaux sociaux comme la plateforme de vidéos Odysee et le blogue Parler représentent quelques exemples de médias alternatifs utilisés par ces groupes.

Ces outils leur permettraient de rejoindre des groupes d’adeptes encore plus nichés.

Il faut que ce soit un public assez sensibilisé pour faire le geste de s’abonner et de les suivre sur des réseaux alternatifs, explique la professeure.

Une manifestation du groupe Standing for Freedom PEI au centre-ville de Charlottetown.

Une manifestation du groupe Standing for Freedom PEI au centre-ville de Charlottetown.

Photo :  CBC

Les manifestations à l’Île-du-Prince-Édoaurd

À l’Île-du-Prince-Édouard, le mouvement Standing for freedom PEI rassemble quelques dizaines d’adeptes tous les samedis, au centre-ville de Charlottetown, lors de manifestations.

Ce groupe s’oppose notamment aux mesures de santé publique et aux vaccins contre la COVID-19.

Sa page Facebook publique ayant été bloquée, le mouvement se sert désormais d’un groupe privé sur ce réseau afin de coordonner leurs activités.

Le groupe a refusé de parler à Radio-Canada sur leurs activités en invoquant sa méfiance envers les médias d’information.

Marie-Ève Carignan explique que l’hésitation de ces groupes face aux grands médias d'information a été aussi observée dans des groupes qui adhèrent à des théories complotistes, selon les sondages réalisés, entre juin et novembre 2020, au Canada.

Il n’y a pas cette vision-là sur ce qui est l’indépendance journalistique et il y a cette incompréhension du travail des médias qui rend le travail des journalistes encore plus difficile, parce qu’il y a déjà une méfiance envers les médias d’information, explique-t-elle.

Selon l'étude, près de 25 % des répondants avaient tendance à adhérer, à un certain degré, à des énoncés complotistes, au Canada.

La chercheuse souligne aussi que ces groupes de manifestants sont très hétérogènes et que les adeptes aux discours extrémistes ne représentent qu’une partie des manifestants.

Pour freiner l’usage des médias alternatifs par des groupes extrémistes, Marie-Ève Carignan suggère d'aborder davantage dans les grands médias les préoccupations des opposants aux mesures sanitaires.

Il faut mettre en place un discours qui permet de montrer à quel point c’est légitime d’hésiter sur la vaccination et de se poser certaines questions, dit-elle.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !