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Les volumes de marchandises au port de Montréal ont dégringolé en 2020

De grands conteneurs sont empilés dans une cour extérieure du port de Montréal. La place est déserte.

Conséquence de la pandémie, chute des volumes et des bénéfices pour le port de Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

La Presse canadienne

La pandémie de COVID-19, les grèves des débardeurs et le blocus ferroviaire du début de l'année 2020 ont happé de plein fouet le port de Montréal, qui a vu ses volumes de marchandises diminuer pour la première fois en sept ans.

Les volumes de marchandises qui ont transité par les installations montréalaises ont diminué de 14 % en 2020, avec 35,1 millions de tonnes de marchandises manutentionnées au cours de l'exercice clos le 31 décembre, révèle le plus récent rapport annuel de l'administration portuaire.

Conséquence : le bénéfice net a été coupé de près de moitié à 16,7 millions de dollars, alors qu'il avait été de 31,9 millions un an plus tôt.

Le plongeon est principalement attribuable à la diminution des produits d'exploitation, qui sont passés à 116,6 millions de dollars, tandis que les charges sont restées stables à 99,9 millions.

L'année 2020 a été remplie d'embûches, d'incertitudes et de défis, a résumé Marie-Claude Boisvert, la présidente du conseil d'administration, lors de l'assemble annuelle qui se tenait lundi, deux jours après le retour au travail des débardeurs, qui y étaient contraints en vertu d'une une loi spéciale.

En août, les 19 jours de grève des débardeurs ont entraîné le détournement de 80 000 conteneurs. On a pris des mois à reprendre notre rythme et à résorber la situation, a noté Martin Imbleau, le nouveau président-directeur général.

Les volumes du secteur du vrac liquide ont enregistré le plus fort recul, soit une baisse de 24 %, à 12,4 millions de tonnes. L'Administration portuaire de Montréal (APM) a pointé du doigt la chute de la consommation des produits pétroliers en raison des mesures de confinement.

Les volumes du vrac solide ont quant à eux diminué de 9 % à 8,4 millions de tonnes, principalement en raison des ralentissements des secteurs de la construction et de l'automobile, toujours dans la foulée de la pandémie.

Le nombre de conteneurs en transit a subi une baisse de 5,5 %. « L'essentiel de la baisse dans le secteur des conteneurs – la plus importante activité du port – est attribuable au conflit de travail, a affirmé M. Imbleau en entrevue avec La Presse Canadienne, expliquant que les matériaux et les biens ont continué à circuler durant la pandémie.

Le port de Montréal génère des revenus en louant des terrains et par les lignes maritimes qui paient au poids ou au nombre de conteneurs.

L'annulation de la saison des croisières explique également les résultats financiers de l'agence fédérale autonome.

La deuxième phase du terminal de Viau a été complétée en 2020, donnant au port une capacité d'accueil de 2,1 millions de conteneurs, ce qui représente sa capacité terrestre maximale sur l'île. La prochaine étape sera le projet d'expansion du terminal de conteneurs à Contrecoeur, sur la Rive-Sud.

Des jours meilleurs

Les gestionnaires du port se disent soulagés par le fait que le conflit de travail soit résorbé durablement, puisqu'au cours des derniers mois, les lignes maritimes détournaient des cargaisons et des quantités importantes de conteneurs en raison de l'incertitude.

En entrevue, M. Imbleau a reconnu cependant avoir une petite crainte que ces changements soient permanents.

Il n'y a rien de plus mobile qu'un navire, a-t-il soutenu. Notre réputation a été affectée dans le dernier trimestre. Ça ne se répare pas en 48 heures.

Le port s'active d'ailleurs sur la scène internationale pour rassurer les lignes maritimes qu'il est de retour en opération de façon stable et prévisible pour le reste de l'année et pour les années à venir.

Le premier trimestre de cette année a été mauvais et aura des impacts dans le prochain bilan. Sans permettre à 2021 de se hisser parmi les années records, les trois autres trimestres laissent cependant entrevoir des jours meilleurs avec un rattrapage d'une partie des volumes.

En regardant au-dessus de son épaule, M. Imbleau observe d'ailleurs que les ports concurrents de la côte-est américaine connaissent, eux, des hausses du trafic dues à la relance économique.

Il espère rattraper et accoter la croissance des ports concurrents pour le reste de l'année, citant au passage celui de New York, qui a connu une baisse de 10 % de ses activités de conteneurisation.

En ce moment, une dizaine de navires sont en direction du port de Montréal et environ 20 000 conteneurs sont accumulés. Nous allons passer les prochaines semaines à travailler pour retrouver une fluidité plus régulière, a affirmé le grand patron.

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