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Le pasteur de GraceLife qui a défié les règles sanitaires est de retour en cour

L'Église GraceLife.

L'Église GraceLife, à Spruce Grove, près d'Edmonton.

Photo : Radio-Canada / Andréane Williams

Le pasteur James Coates, qui refuse depuis des mois de suivre les ordonnances de santé publique, comparaît devant la Cour provinciale de l’Alberta pour faire face au dernier chef d’accusation qui pèse contre lui.

Il est accusé d’avoir enfreint l’ordre qui limite la capacité des services religieux à 15 % durant le service religieux à l’Église GraceLife. Il risque une amende s’il est reconnu coupable.

Au tout début de l’audience, le juge a prié l’un des avocats du pasteur de mettre son masque. Ce dernier a refusé, affirmant avoir une exemption médicale.

Le juge lui a rappelé que beaucoup d’autres personnes, toutes portant un masque, se trouvaient dans la salle, mais a accepté son explication.

L’audience s’est poursuivie avec le témoignage d’une inspectrice de Services de santé Alberta concernant le nombre de fidèles observés à GraceLife pendant l’hiver et l’automne dernier.

Selon elle, il y avait parfois plus de 200 personnes sur les lieux, alors qu’il n’y aurait pas dû en avoir plus de 90 en vertu des règles en vigueur.

La défense soutient que ces mesures enfreignent le droit constitutionnel à la liberté de religion et de rassemblement pacifique.

Le pasteur a pris la barre lundi après-midi pour parler de sa foi. Il a entre autres expliqué pourquoi il est important de chanter et de se rassembler en personne, selon son interprétation de la bible.

James Coates dit que les ordres sanitaires sont immoraux parce qu’ils lui demandent d’exiger que ses paroissiens piétinent leurs valeurs et portent un masque, ou de les mettre dehors.

[Les ordonnances de santé publique] violent la loi suprême du pays, sans parler de la loi suprême de Dieu, soutient-il.

Le pasteur ajoute qu’il a subi un harcèlement incessant et très difficile de la part de la Gendarmerie royale du Canada et de Services de santé Alberta.

Le procès devrait durer trois ou quatre jours.

Les accusations criminelles abandonnées à la première audience

James Coates a passé un mois en détention cet hiver pour avoir explicitement refusé de respecter les ordres de santé publique et des conditions de libération sous caution.

Les autorités policières et de santé publique lui avaient auparavant donné plusieurs avertissements à propos d’infractions aux limites de capacité, à la distanciation physique et au port du masque.

James Coates a été libéré après une entente avec la Couronne lors d’une première audience, le 22 mars. Au cours de celle-ci, deux accusations ont été abandonnées, dont la seule accusation criminelle. Le pasteur a plaidé coupable à une accusation réduite pour laquelle il a été condamné à une amende de 1500 $.

Des manifestants se rassemblent à Edmonton

Les services religieux de GraceLife continuaient à dépasser la capacité permise, malgré les accusations et de multiples avertissements, selon Services de santé Alberta. L'Église a été fermée et clôturée par des agents de la santé publique au début du mois avril.

Trois manifestants portant des pancartes avec des slogans comme « Je ne consens pas aux masques, au confinement ou au vaccin » et « klaxonner pour la liberté ».

Des manifestants se sont rassemblés près du palais de justice d'Edmonton, lundi, pour soutenir le pasteur James Coates.

Photo :  CBC / Dave Bajer

Au fil des mois, l’Église GraceLife est devenue un emblème pour le mouvement antimasque et anticonfinement, la femme du pasteur ayant même fait une apparition au réseau américain Fox News pour dénoncer ce qu’elle estime être de la persécution envers son mari.

Lundi, une cinquantaine de manifestants s’est rassemblée près du palais de justice d’Edmonton pour soutenir James Coates.

Un test pour la réponse à la pandémie, selon un expert

Selon le président de la Chaire de recherche canadienne en droit de la santé, Timothy Caulfield, James Coates a peu de chances de gagner sa bataille juridique.

Il croit que la Cour va probablement conclure,encore une fois, que la gravité de la menace causée par la pandémie justifie les moyens employés par la province.

Ce qui m’inquiète davantage c’est l’impact que la rhétorique entourant ce procès aura sur l’opinion publique, dit-il.

Il souligne que de plus en plus de gens défient ouvertement les restrictions, alors que les cas de COVID-19 battent record sur record en Alberta.

Selon lui, l’issue du procès créera un précédent pour la façon dont nous pourrons gérer la pandémie.

Avec des informations de La Presse canadienne

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