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5 mai 1981 : la mort de Bobby Sands envenime le conflit en Irlande du Nord

Manifestation en 1971 avec une banderole qui accuse la première ministre britannique Margaret Thatcher d'avoir assassiné Bobby Sands.

Le 5 mai 1981, Bobby Sands, militant de la réunification de l'Irlande, mourait après 66 jours de grève de la faim.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il y a 40 ans, la mort du militant nord-irlandais Bobby Sands après une grève de la faim de 66 jours exacerbait le conflit en Irlande du Nord.

Une grève de la faim qui nourrit un climat de guerre civile

Le 5 mai 1981, le monde apprend la mort de Robert Gerard Sands, communément appelé Bobby Sands.

Première page, 30 juin 1981 (extrait)

Cet extrait d’un reportage de l’émission Première page, diffusée le 30 juin 1981, narré par l'animateur Claude Sauvé, montre les conséquences de cette mort.

Elle a entraîné une importante montée de la violence dans la province britannique de l’Irlande du Nord alors minée depuis plusieurs années par une guerre civile larvée.

Rappelons les faits.

Le 3 mai 1921, l’Irlande est divisée en deux par la puissance coloniale britannique.

Dans sa partie méridionale, la majorité de l’île, à majorité catholique, devient la République d’Irlande.

Avec le reste de l’île est créée la province de l’Irlande du Nord, qui demeure attachée au Royaume-Uni comme le souhaite sa majorité protestante.

À la fin des années 1960, les communautés catholique et protestante s'affrontent dans de violentes confrontations.

En 1977, Bobby Sands appartient à l’Armée républicaine irlandaise (IRA), une organisation paramilitaire formée de militants catholiques qui veut que l'Irlande du Nord soit rattachée à la République d’Irlande.

Arrêté par l’armée britannique pour avoir en sa possession une arme ayant supposément servi dans une fusillade contre la police de l’Irlande du Nord, Bobby Sands est condamné à 14 ans de prison.

Pendant sa captivité, Bobby Sands se bat, avec d’autres détenus appartenant à l’IRA, pour être considéré comme un prisonnier politique et non comme un vulgaire criminel de droit commun, comme l’affirme le gouvernement britannique.

Le 1er mars 1981, Bobby Sand entame une grève de la faim pour obtenir ce droit. L’opinion publique irlandaise et mondiale s’émeut.

La première ministre britannique Margaret Thatcher refuse cependant toute concession.

Le 5 mai 1981, Bobby Sands meurt. Il est aussitôt élevé au rang de martyr parmi les catholiques d’Irlande du Nord.

Jusqu’au 20 août 1981, neuf autres prisonniers de l’IRA meurent aussi en faisant la grève de la faim.

Ces disparus embrasent l’Irlande du Nord et contribuent à durcir les convictions des républicains nord-irlandais et des unionistes toujours attachés à la couronne britannique.

Des positions irréconciliables 

La solution qu’on discute en ce moment est la possibilité d’avoir une Irlande unifiée. Les protestants de l’Irlande du Nord n’aiment pas du tout cette solution.

Une citation de :I. Foster, 1981

Nous croyons que le peuple irlandais a le droit de se servir des armes pour chasser les Britanniques.

Une citation de :Gerry Adams, 1984

Quelque temps après la mort de Bobby Sands, le journaliste Jean Bédard s’est rendu en Irlande du Nord pour y constater la situation.

Ce soir, 11 juin 1981 (extrait)

Son reportage, présenté au Ce soir le 11 juin 1981, interroge plusieurs Nord-Irlandais. Parmi ceux-ci, il y a madame I. Foster de confession protestante.

Les propos de cette dernière montrés dans cet extrait reflètent bien la position à la fois intransigeante et craintive de la majorité protestante.

Les revendications des catholiques sont irrecevables et la réunification de l’Irlande se ferait forcément aux dépens des protestants.

À l’autre extrémité du spectre politique nord-irlandais se retrouvait alors le Sinn Féin, un parti politique républicain qui prône la réunification de l’Irlande.

En 1984, le journaliste Pierre Nadeau interviewe le porte-parole du Sein Féin, Gerry Adams.

Le Point,7 novembre 1984 (extrait)

L’entrevue, présentée à l'émission Le Point le 7 novembre 1984, résume la pensée républicaine et la volonté d’alors d’utiliser tous les moyens, y compris la violence.

Un compromis peut-il émerger dans ce contexte extrêmement polarisé?

Ce soir, 11 juin 1981 (extrait)

Outre les positions défendues par Mme Foster et Gerry Adams, on retrouve dans le reportage de Jean Bédard, présenté au Ce soir du 11 juin 1981, la proposition de John Hume.

Ce dernier est le chef d’un parti politique catholique nord-irlandais modéré et recevra le prix Nobel de la paix plus tard pour ses efforts de pacification de l'Irlande du Nord.

Sa solution?

La création d’une Irlande fédérale encadrée par un conseil anglo-irlandais et par laquelle seraient garantis les droits religieux et civils des protestants nord-irlandais.

En 1998, les Accords de paix du Vendredi saint ont été adoptés, négociés entre autres par Gerry Adams et John Hume, pour pacifier l’Irlande du Nord.

Mais plus de 100 ans après sa création et 40 ans après le décès de Bobby Sands, le conflit nord-irlandais n’est toujours pas résolu.

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