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Fin de la fédération Laurentienne : l’Université Thorneloe fera appel

Le bâtiment de l'Université Thorneloe.

L'Université Thorneloe est l'une des trois universités fédérées de l'Université Laurentienne.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

L’Université Thorneloe fera appel de la décision de la Cour supérieure de l’Ontario qui autorise l’Université Laurentienne à mettre un terme à sa fédération. De son côté, l'Université de Sudbury dit poursuivre ses démarches afin de devenir une université entièrement francophone.

Nous sommes trop petits, avec trois départements, ce n’est pas suffisant pour être une université distincte, s'inquiète le recteur de l’Université Thorneloe, John Gibaut, en entrevue à l’émission Le matin du Nord.

Les universités fédérées de Sudbury, Thorneloe et Huntington dépendent de l’Université Laurentienne pour obtenir des subventions et délivrer des diplômes. Les établissements ont déjà annulé leur session du printemps.

Photo de John Gibaut.

John Gibaut est recteur de l'Université Thorneloe depuis 2019.

Photo : Soumise

L’avenir pour nous, cette semaine, c’est pas clair, pas clair du tout.

Une citation de :John Gibaut, recteur de l’Université Thorneloe

Du côté de l'Université de Sudbury, la direction se dit déçue de la résiliation de la fédération après un partenariat de plus de 60 ans très honnête.

On maintient le cap et on continue, assure toutefois le président du Conseil des régents de l'Université de Sudbury, Pierre Riopel.

L'établissement dit continuer à travailler sur son plan d'affaires pour devenir entièrement francophone, en plus de poursuivre des discussions concernant l'avenir du programme d'Études autochtones.

Dans un communiqué publié lundi matin, l'Université de Sudbury dit attendre la publication des motifs de la décision des juges de la Cour supérieure de l'Ontario avant de déterminer les prochaines étapes de ce processus.

La direction de l’Université Laurentienne a affirmé à plusieurs reprises que sa fédération lui était trop coûteuse. L’établissement postsecondaire tente de se remettre à flot financièrement après s’être placé à l'abri de ses créanciers en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) en février. C'est une première pour une université de cette taille au Canada.

La Laurentienne respecte l’héritage historique de chacune des universités fédérées et continuera de le faire à l’avenir, mais il était nécessaire de mettre fin à la relation contractuelle et aux ententes de financement pour assurer la survie de la Laurentienne, a déclaré dans un communiqué de presse le recteur de l'Université Laurentienne, Robert Haché.

Nous sommes prêts à accueillir nos nouveaux étudiants de première année et ceux qui reviendront en septembre, en ayant une idée plus claire de l’avenir qui nous attend.

Une citation de :Robert Haché, recteur de l’Université Laurentienne

Les universités fédérées estiment qu’elles sont parfaitement intégrées à l’Université Laurentienne et ne lui coûtent pas d’argent.

Les universités fédérées comptent un peu plus de 400 étudiants, une cinquantaine de professeurs et offrent également des cours aux étudiants de l’Université Laurentienne.

Je suis tellement désolé pour nos étudiants, notre corps professoral. Il y a beaucoup d'émotions ce matin.

Une citation de :John Gibaut, recteur de l’Université Thorneloe

Des étudiants dans le flou

Sophie Larocque est étudiante au programme d'Études autochtones de l'Université de Sudbury. Les deux derniers cours pour lesquels elle était inscrite cet été à l'Université de Sudbury n'existent tout simplement plus.

Ça augmente mon niveau de stress de trouver des cours à la dernière minute, regrette l'étudiante en dernière année.

Je vais devoir prendre d'autres cours dans la Faculté des arts qui ne m'intéressent pas nécessairement, c'est dur, soupire-t-elle.

Sophie Larocque s'inquiète pour les plus jeunes générations francophones qui n'auront peut-être pas accès aux programmes qu'ils désirent dans leur langue.

Dans le cadre de sa restructuration, l'Université Laurentienne a également coupé de près de moitié sa programmation en français.

En tant que francophone et Autochtone, la perte du programme d'Études autochtones, c'est la perte d'une discipline, d'une maison, affirme l'étudiant Connor Lafortune.

Connor Lafortune est accroupi dans une rivière.

Connor Lafortune, étudiant au programme d’Études autochtones de l’Université de Sudbury, s'est intégré à la communauté de Sudbury grâce à son université.

Photo : Connor Lafortune

Appels à l'intervention de la province

Ce processus [de la LACC] ne tient absolument pas compte des besoins du Nord, des francophones, des Autochtones, de la communauté de Sudbury. Ça n’a aucun bon sens, il n’est pas trop tard pour l’annuler, estime la députée néo-démocrate France Gélinas en entrevue à l'émission Le matin du Nord.

L’élue appelle le gouvernement provincial à s'asseoir avec la communauté.

Ce sont les créanciers qui décident. La Banque Royale qui décide quels cours en français on va offrir à Sudbury, ça a-tu du bon sens, ça ?

Une citation de :France Gélinas, députée néo-démocrate de Nickel Belt

Il n’est pas trop tard pour que le gouvernement ontarien intervienne et apporte un soutien financier, affirme également le président de l’Association des professeures et professeurs de l'Université Laurentienne, Fabrice Colin.

La fin de la fédération, c’est une annonce crève-cœur pour les professeurs, le personnel et les étudiants, dit Fabrice Colin au micro de Martine Laberge à l’émission Le matin du Nord.

La députée France Gélinas a déposé une motion la semaine dernière dans laquelle elle demande à la vérificatrice générale de l'Ontario, Bonnie Lysyk, de faire une analyse financière des activités de l'Université Laurentienne pour la période de 2010 à 2020.

On devrait avoir plus de détails dans les prochaines semaines, affirme l'élue.

L’Université Thorneloe ainsi que l’Université de Sudbury contestaient la semaine dernière l’intention de l’Université Laurentienne de couper unilatéralement ses liens avec les universités fédérées.

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