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Hausse des contrats au Bas-Saint-Laurent malgré la pénurie de matériaux

Un employé dépose deux planches de deux par quatre sur un chariot élévateur.

Des entrepreneurs constatent que le bois d'œuvre est quatre fois plus cher qu'avant la pandémie (archives).

Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK

Radio-Canada

Les entrepreneurs du Bas-Saint-Laurent ne manquent pas de travail malgré la pénurie de matériaux et la hausse fulgurante des prix.

L'an passé, au début de la pandémie, il y a eu un ralentissement important. La plupart des gens ont mis leurs dossiers sur pause parce qu'ils croyaient que ce serait temporaire, indique l'entrepreneur de Rimouski, Jeannot Dubé.

Ce qui fait que les clients qui ont reporté leur dossier l'an passé, cette année, malgré les hausses, ils ont décidé d'aller de l'avant, explique le propriétaire de Construction Jeannot Dubé.

Le propriétaire de Construction Sublime, Cédric Rioux, fait le même constat.

Je suis toujours surpris de ça. Il y a beaucoup de travail devant nous! se réjouit l'entrepreneur basé à Saint-Jean-de-Dieu.

Malgré les hausses, les gens vont de l'avant. Les taux d'intérêt vont peut-être éponger la différence sur 25 ans. Et les clients savent que s'ils ne se dépêchent pas, dans un mois ça va être encore plus cher, alors les gens sont motivés!

Une citation de :Cédric Rioux, propriétaire de Construction Sublime

M. Dubé constate néanmoins que certains clients tentent de limiter les dépenses en réduisant l'ampleur des travaux qu'ils avaient prévus, par exemple. Et ceux qui ont besoin de financement, ils bénéficient au moins de taux d'intérêt quand même avantageux, souligne l'entrepreneur.

Du bois quatre fois plus cher qu'en 2019

Malgré cette demande, la pandémie a entraîné une hausse importante des coûts, en plus de compliquer le travail des entrepreneurs.

Au début de la pandémie, M. Dubé a fait le choix de ralentir ses activités, de peur de manquer de matériaux ou de devoir interrompre un chantier avant la fin des travaux.

L'an passé, on est passé de 32 employés à 15 employés à peu près, on a ralenti, on a choisi des chantiers un peu moins à risque, moins gros, explique-t-il.

Depuis, il achète ses matériaux à l'avance pour s'assurer de ne pas en manquer. M. Rioux a d'ailleurs adopté la même stratégie, malgré l'explosion des prix.

Au mois de janvier, j'avais déjà acheté tous les matériaux dont j'avais besoin pour l'année. Ça fait beaucoup de choses à supporter. J'ai payé mon bois quatre fois plus cher. L'an dernier, j'en ai acheté pour 200 000 $ et cette année, j'en ai pour 800 000 $.

Une citation de :Cédric Rioux, propriétaire de Construction Sublime

M. Dubé ne s'attend pas à ce que les prix reviennent à la normale de sitôt, puisque les fournisseurs de bois sont eux aussi touchés par la crise. Dans les usines, il y a eu une restructuration énorme, souligne-t-il.

Là, il y a une demande épouvantable pour tenter une relance économique, mais beaucoup d'entreprises se sont réorganisées avec un manque de personnel. Il y a même des entreprises manufacturières qui ont fermé leurs portes. Ce n'est pas demain la veille qu'on va voir le prix du bois se rétablir, avance M. Dubé.

Un contexte de travail différent

Les mesures sanitaires en vigueur alourdissent également la tâche des entrepreneurs.

On essaie de ventiler un peu mieux les chantiers, d'avoir moins de corps de métier en même temps, indique M. Dubé.

On essaie d'appliquer les mesures sanitaires de façon très stricte pour garder tout notre monde. On a 20 gars pis, à un moment donné, il y en a cinq qui ne peuvent pas entrer parce que la garderie est fermée, c'est vraiment complexe.

Une citation de :Jeannot Dubé, propriétaire de Construction Jeannot Dubé

Moi, j'ai un peu plus de travailleurs que d'habitude, mais il manque toujours de travailleurs à cause de la COVID-19, alors j'ai besoin de plus d'employés pour réaliser le même travail que d'habitude, ajoute M. Rioux.

Il admet par ailleurs que les mesures sanitaires ne sont pas toujours respectées sur les chantiers.

Tous les outils sont là, mais ce n'est pas toujours respecté par les employés. C'est sûr qu'on travaille physiquement et on a un masque dans le visage, c'est plus difficile. Il faut souvent rappeler les règles de sécurité, admet l'entrepreneur.

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