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L’Université Laurentienne coupe les vivres à ses trois universités fédérées

Université de Sudbury.

L'Université de Sudbury se trouve sur le campus de l'Université Laurentienne, tout comme les autres universités fédérées. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Au bord de la faillite, l'Université Laurentienne coupe ses liens avec ses universités fédérées, qui craignent désormais pour leur survie. Les tribunaux permettent également à l'établissement de poursuivre sa restructuration financière jusqu'à la fin août.

Deux juges de la Cour supérieure de l'Ontario ont permis à l'Université Laurentienne de procéder, dimanche soir. Ces derniers n'ont pas encore précisé les raisons de leur jugement.

La direction de l'Université Laurentienne avait fait part de son intention de mettre fin à sa fédération il y a un mois, arguant que l’entente lui était trop coûteuse. Elle tente de retrouver sa viabilité financière depuis le 1er février en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC), une première pour un établissement universitaire de cette taille.

Ensemble, les universités fédérées de Sudbury, Thorneloe et Huntington desservent un peu plus de 400 étudiants à temps plein et à temps partiel. Plusieurs étudiants de l’Université Laurentienne suivent aussi des cours à la pièce au sein des universités fédérées, qui se trouvent sur le même campus.

Les trois établissements offrent une dizaine de programmes allant des études religieuses à l’étude des genres et de la sexualité, en passant par les études autochtones. Doutant de leur capacité à poursuivre leurs activités, les universités fédérées ont déjà suspendu leur session de printemps et transféré certains programmes à l’Université Laurentienne.

Le 12 avril, l’Université Laurentienne a d’ailleurs mis fin à 69 de ses programmes, dont 28 de langue française. Le nombre de programmes en français offerts à l'université ont ainsi fondu de près de moitié. Plus de 150 employés et professeurs ont également été licenciés.

Nouveau défi pour une université francophone à Sudbury

Avec cette annonce, le projet francophone de l’Université de Sudbury fait face à un obstacle supplémentaire. Celui-ci a l’ambition de devenir l'établissement d'enseignement par et pour les francophones du Nord de l’Ontario.

Or, l’établissement dépendait jusqu’à dimanche de l’Université Laurentienne pour obtenir des subventions. Il n’a pas encore la certitude que les gouvernements provinciaux et fédéraux accepteront de le financer.

Avec l’Université Thorneloe, l’Université de Sudbury a contesté la fin de la fédération devant les tribunaux, sans succès.

Les avocats des établissements fédérés ont rappelé à la cour qu'ils ne sont pas responsables des problèmes financiers de l’Université Laurentienne, et que celle-ci utilisait la LACC pour tenter d’éliminer des compétiteurs. Ils ont également répété que la fin de la fédération signifierait probablement la fin des universités fédérées.

Grand hall sur trois étages et des étudiants qui se trouvent au premier étage.

L'Université Laurentienne pourra poursuivre sa restructuration cet été.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

L’Université Laurentienne s’est engagée à trouver un cheminement alternatif au sein de son établissement aux étudiants des universités fédérées.

L’Université Laurentienne poursuit sa restructuration

Dans leur décision rendue dimanche soir, les juges de la Cour supérieure ont accordé à l’Université Laurentienne une extension de sa protection sous la LACC. Elle pourra donc poursuivre sa restructuration jusqu’à la fin du mois d’août.

D’ici là, l'Université Laurentienne poursuit ses négociations avec ses multiples créanciers. Elle cumule plus de 100 M$ de dettes envers ses trois principaux prêteurs — RBC, TD et BMO.

Les tribunaux ont également accepté que l’Université Laurentienne contracte un nouveau prêt de 10 M$ afin qu’elle puisse continuer ses activités jusqu’à la rentrée. L’établissement avait déjà emprunté 25 M$ pour mener à bien la première phase de sa restructuration.

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