•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La vente de boîtes mystères d'Amazon mal accueillie par Sherbrooke et Orford

Un homme porte une boîte.

Des dizaines de personnes se sont procuré des boîtes de produits retournés au géant Amazon.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un couple de l'Estrie a fait le pari de vendre de l'inconnu. Pour 20 $, l'entreprise Mr et Ms Box vous remet une boîte mystère, contenant des produits achetés et retournés du géant Amazon, sans savoir ce qu'elle contient. Une activité mal accueillie par Sherbrooke et Orford.

Les deux entrepreneurs, David Roy et Chloé Dallaire, peuvent seulement garantir que les objets qu’ils contiennent valent entre 15 et 1500 $.

David et Chloé se sont inspirés d’une initiative semblable qui a vu le jour dans Lanaudière. On achète le lot et on les redistribue, espérant plaire aux consommateurs. On en avait pour 2000 boîtes et il n'en reste pas beaucoup à l'heure où on se parle, explique David Roy.

L’annonce de cette vente, qui a été faite il y a un peu plus d’une semaine, a rapidement généré beaucoup d’intérêt sur les réseaux sociaux. Des dizaines de personnes se sont retrouvées à Orford pour récupérer leurs boîtes.

Une activité qui va à l'encontre des règlements municipaux

Initialement, l'événement devait avoir lieu à Sherbrooke, au Plateau Saint-Joseph.

Le maire Steve Lussier précisait toutefois en début de semaine que les ventes itinérantes qui sont organisées sur le territoire de la ville nécessitent l’octroi d’un permis. Comme le couple n'en a pas fait la demande, la Ville leur a refusé l'accès.

Les entrepreneurs ont donc décidé de procéder à la vente, mais devant leur domicile, à Orford.

J’avais eu l’autorisation pour faire une vente de garage, si on veut, souligne David Roy.

Pourtant, par courriel, la mairesse indique que la Municipalité n'a pas délivré de permis à cet effet.

La vente itinérante privée est interdite sur le territoire. Les initiateurs ont été informés que cette activité est dans l’illégalité , explique la mairesse Marie Boivin.

Les policiers de la Régie de police de Memphrémagog ne sont pas intervenus sur les lieux, même s'ils avaient été informés de la présence de cette vente.

Les entrepreneurs entendent maintenant se rendre au marché aux puces de Bromont d’ici la fin du mois, où ils pourront légalement procéder à la vente de leurs produits.

Un nouveau marché s’ouvre

Même si l’événement a fait des heureux et a constitué un divertissement bienvenu pour plusieurs, des consommateurs sur place ont été déçus du contenu de leur boîte. Pomme de douche, thermos, genouillères, les produits mystères découverts par les acheteurs étaient des plus éclectiques.

Le professeur l'Université d'Ottawa Marc Tassé explique que ce phénomène tire ses origines d’un problème de taille vécu par le géant Amazon et par ses fournisseurs. Comme il est trop onéreux de traiter les produits retournés, ils finissent parfois à l’enfouissement.

On vient créer un marché tertiaire, souligne l’expert. Au lieu d'être détruits, les produits se retrouvent dans un autre marché.

Une citation de :Marc Tassé, professeur à l'Université d'Ottawa

Avec la pandémie, les gens deviennent de plus en plus ingénieux et trouvent des manières de faire des revenus qu'ils n'auraient pas faits avant.

Même si ce nouveau marché pourrait permettre de réduire l'enfouissement de certains produits, la vente de boîtes mystères n'est pas une panacée pour s'assurer de donner une seconde vie à ces objets, concède Marc Tassé.

Selon lui, il faudrait plutôt miser sur un changement fiscal pour inciter les entreprises à revendre ces produits. Pour l'instant, les entreprises bénéficient d'un crédit d'impôt fédéral pour les produits défectueux ou désuets. Les gouvernements devraient plutôt donner un crédit pour les entreprises qui l'auront revendu dans un marché secondaire, conclut Marc Tassé.

Avec les informations de Natacha Lavigne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !