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Des médecins demandent un confinement « coupe-circuit » à l’échelle nationale

Philippe Lagacé-Wiens pose pour la caméra.

Le docteur Philippe Lagacé-Wiens est microbiologiste médical à l'Hôpital Saint-Boniface.

Photo : Gracieuseté Philippe Lagacé-Wiens

Des médecins et chercheurs de partout au pays demandent la mise en place d'une stratégie de « suppression maximale » du coronavirus à l’échelle nationale plutôt que d'opter pour des confinements successifs de « demi-mesures ».

L'idée serait d'imposer des restrictions agressives dès que le nombre de cas commence à augmenter, au lieu d'attendre que le système de santé soit sous pression, explique le microbiologiste médical à l’Hôpital Saint-Boniface de Winnipeg, Philippe Lagacé-Wiens.

Il fait partie des 28 médecins et chercheurs à avoir signé une lettre ouverte dans le magazine Maclean’s, demandant à Ottawa et aux gouvernements provinciaux d'être plus proactifs et sévères dans leur approche.

Cette stratégie a fait ses preuves dans la bulle atlantique, en Australie comme à Taïwan, souligne le Dr Lagacé-Wiens.

Ces restrictions seront plus agressives, mais resteront en place moins longtemps, assure-t-il, bien conscient d’une certaine fatigue de la population concernant ces mesures sanitaires.

Le Dr Lagacé-Wiens prend l'exemple du confinement strict imposé au Manitoba en mars 2020, au début de la pandémie, alors que peu de cas avaient été déclarés dans la province. La conclusion, c’est qu’il n’y a pas eu de cas.

La première vague, on n'en a pas eu au Manitoba. C'est probablement parce qu'on a pris des mesures très agressives dès le début.

Une citation de :Philippe Lagacé-Wiens, microbiologiste médical à l'Hôpital Saint-Boniface

Il qualifie néanmoins le confinement actuel dans la province de moitié-moitié, avec des mesures permettant encore à des membres de foyers différents de se rassembler sur des terrasses de restaurants.

C’est certain qu’il y a eu de la transmission. Convertir ça à un confinement très ferme, ça aura un impact considérable, mais les gens vont prendre ça comme une très longue durée, mais c’est parce qu’on a commencé avec un effort demi-chemin, disons.

Le Dr Anand Kumar pose pour la caméra au milieu d'équipement médical.

Le Dr Anand Kumar fait partie des 10 Manitobains à avoir signé la lettre ouverte.

Photo : La Presse canadienne / John Woods

Cette stratégie de suppression implique de renforcer les restrictions aux frontières, fermer les commerces non essentiels, limiter les rassemblements, et poursuivre les efforts de vaccination, indique le médecin aux soins intensifs et spécialiste des maladies infectieuses à Winnipeg, Anand Kumar.

Également signataire de la lettre, il considère que ces mesures pourront être assouplies lorsque chaque province sera en mesure de contrôler ses petits feux de brousse avec des mesures locales, plutôt que de poursuivre ces montagnes russes de demi-mesures sans fin.

Pas à l'abri d’une quatrième vague?

Le Dr Kumar craint que les gouvernements provinciaux relâchent les restrictions sanitaires en vigueur dès que les hôpitaux ne sont plus sous pression, ce qui serait une erreur, selon lui.

Le Dr Kumar met en garde les Canadiens contre l’éventualité d’une quatrième vague, malgré les efforts de vaccination. La réponse immunitaire met plusieurs semaines à se produire après le vaccin, explique-t-il. Selon lui, la meilleure façon de pallier l’augmentation du nombre de cas reste de limiter les interactions sociales.

Je suis fatigué, tout le monde qui travaille aux soins intensifs est épuisé.

On croit qu’on commence à s’en sortir, mais on peut toujours avoir une surprise, renchérit le Dr Lagacé-Wiens. Ce virus pourrait resurgir, en particulier si on a un variant qui se transmet parmi les [personnes] immunisées.

On dit que cette pandémie est un événement d’une fois dans une génération, mais c’est possible qu’on en ait d’autres, ajoute le Dr Lagacé-Wiens. Il souligne l’importance de produire des documents de référence, avec les stratégies qui fonctionnent.

Une stratégie de suppression maximale, ça fonctionne pour toutes les pandémies.

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