•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les campeurs du boisé Steinberg sommés de lever le camp dans une lettre du MTQ

Des personnes dans un boisé autour d'un feu.

Les itinérants qui ont planté leurs tentes et habitations de fortune au boisé Steinberg devront quitter les lieux lundi.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Une vingtaine d’itinérants qui ont récemment planté leurs tentes et habitations de fortune au boisé Steinberg, un terrain vague dans Hochelaga-Maisonneuve, devront quitter les lieux lundi, après en avoir reçu la demande écrite du ministère des Transports du Québec (MTQ).

Le MTQ, copropriétaire du terrain avec la Société québécoise des infrastructures (SQI), justifie sa demande d’éviction pour des raisons de sécurité et de risque d’incendie dans une lettre remise en mains propres aux campeurs, samedi.

Dans ce document non signé, mais à l’en-tête du ministère, un représentant du propriétaire des lieux qui ne s'identifie pas demande formellement de cesser d’utiliser le terrain et de partir sans plus de délai. Les campeurs ont également reçu l'ordre de retirer tous [leurs] objets de la propriété, sans quoi la Ville s'en chargerait.

Un homme lourdement chargé marche sur l'herbe.

Un homme, installé au boisé Steinberg, en train de déménager ses affaires, le lundi 3 mai 2021.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Après le démantèlement du campement de la rue Notre-Dame, une dizaine de campeurs avaient élu domicile sur le territoire d'un boisé qui est situé dans le même quartier, au sud de la rue Hochelaga, entre la rue Viau et le boulevard de l’Assomption.

La lettre d'éviction avec l'en-tête du ministère des Transports.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Radio-Canada n'a pu valider l'origine de cette lettre distribuée aux campeurs du boisé Steinberg.

Photo : Radio-Canada / Marie-Josée Paquette-Comeau

Environnement à risque

En entrevue à RDI, le ministère des Transports du Québec a justifié sa décision en citant une mise en garde récente du Service de sécurité incendie de Montréal.

Le 26 avril dernier, le Service incendie de Montréal a été sur place et nous a transmis un rapport avec une recommandation nous demandant de prendre en charge ce terrain-là, étant donné qu’il y avait un grave danger d’incendie pour les personnes qui sont dans ce camp-là, a précisé Sarah Bensadoun, porte-parole du MTQ. 

On considère que c’est dangereux d’avoir ces campements sur des terrains qui ne sont absolument pas destinés au camping.

Une citation de :Chantal Rouleau, ministre responsable de la métropole et de la région de Montréal
Guylain Levasseur fait un câlin à son chien devant sa petite roulotte.

Guylain Levasseur habite dans sa petite roulotte avec son chien. Il a rencontré Denis Coderre, chef d'Ensemble Montréal, le mardi 27 avril 2021.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Refusant de tolérer un campement organisé, la mairesse Valérie Plante a assuré que des lits restaient disponibles pour ces campeurs, qui peuvent également bénéficier d’un service d'entreposage pour leurs effets personnels, à leur départ.

Manifestation

Les campeurs interrogés sur place par Radio-Canada s’opposent à cette éviction malgré la présence d’équipes du MTQ déployées sur place pour tenter de les convaincre de partir.

On nous garroche d’un bord, on nous garroche de l’autre, on nous arrive avec des mensonges, [...] on est quoi, à leurs yeux? s'indigne Guylain Levasseur, l'un des campeurs interviewés par Radio-Canada, qui participait déjà activement à l'entraide entre voisins de fortune au campement de la rue Notre-Dame.

Des organismes communautaires partenaires de la Ville de Montréal, comme Care Montréal et CAP St-Barnabé, prendront en charge les récalcitrants, a précisé la porte-parole du MTQ Sarah Bensadoun.

En dépit de l’ambiance paisible défendue par le ministère pour déloger les campeurs et garantir leur sécurité, lundi, un événement invitant la population à manifester en soutien aux itinérants circule sur les réseaux sociaux.

L'évacuation des biens qui n’auront pas été déménagés à temps sera pris en charge par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et le Service incendie de Montréal, a indiqué le MTQ.

Valérie Plante avait pourtant récemment fait savoir qu’elle ne comptait pas déloger de force les itinérants nouvellement installés dans des campements de fortune, craignant qu’ils se retrouvent surjudiciarisés.

Son opposant politique en campagne électorale, Denis Coderre, s’est déplacé sur les lieux, mardi. Arguant qu’il n’était pas possible de vivre de camping, il a proposé de requalifier un hôtel en maison de chambres.

Avec les informations de Marie-Josée Paquette-Comeau

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !