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Envoyé spécial

Manque de vaccin, absence de confinement : l'inquiétude demeure au Brésil

Sans consignes du gouvernement fédéral de Jair Bolsonaro, qui refuse le confinement, les autorités locales tentent tant bien que mal de faire respecter quelques restrictions pour éviter le pire.

Des terrasses brésiliennes

Les Brésiliens sont sortis en grand nombre, dimanche.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Leprince

Jean-Michel Leprince

RIO DE JANEIRO – Le Brésil a enregistré 2278 morts des suites de la COVID-19, dimanche, pour un total de 406 000 décès depuis le début de la pandémie.

Avril a d'ailleurs été le mois le plus meurtrier de la crise sanitaire dans le pays, avec des pics à plus de 4000 décès quotidiens. Le bilan s’est toutefois stabilisé au cours de la dernière semaine, avec une moyenne de 2500 morts par jour.

La faute au variant P1

Il est apparu en Amazonie en janvier et s’est propagé dans tout le pays au point de représenter actuellement 90 % des cas au Brésil : le variant P1. Plus contagieux, il est responsable de la recrudescence des cas depuis le mois de février. Les vacances d’été, avec leurs voyages et le carnaval, ont contribué à sa propagation.

Heureusement, les deux vaccins utilisés, le chinois Coronavac et AstraZeneca, tous deux fabriqués au Brésil, semblent efficaces contre le variant. Toutefois, il n’y en a pas suffisamment.

Seulement 15 % des Brésiliens ont reçu une première dose et, en ce moment, les rendez-vous de deuxième dose sont annulés parce qu’on manque de vaccins.

Quatre millions de doses d’AstraZeneca viennent d’arriver dans le cadre du programme international Covax, et le Brésil attend ses premières livraisons de Pfizer. Un fait rassurant : la mortalité a baissé de moitié chez les plus de 80 ans.

Consignes plus ou moins respectées

Le président Jair Bolsonaro a menacé d’envoyer l’armée dans les rues si l’économie restait trop confinée. Ce sont donc les autorités des villes et des États qui tentent de limiter les dégâts.

Ainsi, depuis l'arrivée de l'équipe de Radio-Canada, les plages sont interdites les fins de semaine. En théorie.

La police a bien tenté samedi matin de bloquer des accès à des belvédères et à des cafés de plage, mais en vain.

Pas d’amendes, même pas de réprimandes. Cela dit, les plages de Leblon, Ipanema, Copacabana et Vermelhia sont moins fréquentées que d’habitude; il ne fait pas trop chaud et les gens semblent observer une certaine discipline dans le port du masque et la distanciation.

La plage Vermelhia

La Praia Vermelhia, à Rio, est moins fréquentée qu'en temps normal.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Tremblay

Une très grande partie des commerces sont fermés, mais il y a des exceptions : certains bars et restaurants sont presque bondés. Il y avait même un marché aux puces du côté de Lapa, zone touristique relativement déserte en ce moment.

Enfin, il y a un couvre-feu, mais à 22 h seulement.

Il y a quand même eu une demi-douzaine de descentes de police dans des bars ou des boîtes de Rio et de Sao Paulo, avec arrestations et fortes amendes.

Pas facile de confiner le Brésil.

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