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Protection de la jeunesse : une famille d'accueil exige des changements

Catherine Bégin et Sunny Bouchard en compagnie de leurs enfants Léa-Gabrielle et Charles-Éric Bouchard, dans la cour de leur maison de Boischatel.

Catherine Bégin et Sunny Bouchard en compagnie de leurs enfants Léa-Gabrielle et Charles-Éric Bouchard

Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier

Catherine Bégin, son conjoint et leurs deux enfants sont famille d'accueil pour la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) depuis un an et demi. L'expérience est enrichissante, mais la famille a déjà décidé de ne pas la renouveler. À quelques heures du dépôt du rapport de la commission Laurent, elle demande un meilleur appui pour les familles d'accueil.

La dernière fois qu'ils [la DPJ] sont venus, j'ai dit : "Je vais avoir besoin d'aide, j'ai besoin de support." Ils avaient l'air surpris que je demande du soutien psychologique, se rappelle Catherine Bégin.

Son conjoint et elle-même sont devenus famille d'accueil dans leur maison de Boischatel un peu par hasard. Au début quand on a accepté de prendre les filles, deux jumelles d'un an, on faisait ça pour dépanner. On ne savait pas que la DPJ serait dans le dossier. On a fait ça pour dépanner une amie qui avait besoin de se faire soigner pour quelques semaines, précise la mère d'accueil.

Très vite, la famille réalise l'ampleur de la tâche et les couts associés. À force de demander, ils ont fini par nous accorder un 200 $ de dépannage. Pour partir, 200 $ pour deux bébés, ce n’est pas énorme, estime Mme Bégin. Il a fallu que je pile sur mon orgueil souvent pour demander de l'aide.

Changements

Malgré tout l'amour qu'elle porte aux jumelles, la maman constate un manque de ressource et le roulement de personnels à la DPJ. C'est grâce à son entourage familial que la famille a pu tenir le cap, croit la maman : J'ai été très encadrée, mais pas par le système.

Je suis convaincue que ce n’est pas de la mauvaise foi, poursuit Mme Bégin. Les gens qu'on a eus dans le dossier, on a eu beaucoup, beaucoup d'intervenants. Mais je n’ai pas l'impression que c'est du mauvais monde, j'ai juste l'impression qu'ils n'ont pas de ressources pour ça.

Elle pointe aussi le manque de formation pour les familles. Ce qui est difficile, c'est que nous, on n’est pas formés pour être famille d'accueil. On est famille tout court. Famille d'accueil, c'est un métier, je pense, il faut que ça s'apprenne.

C'est tout le support des familles d'accueil qui manque, ajoute-t-elle.

Des familles se retirent

Dans la dernière année, une quarantaine de familles ont aussi jeté la serviette. C'est beaucoup, 40 sur 2500 qui partent en disant : "Non, je suis tanné, je suis tanné de l'établissement. Pas que je suis tanné des enfants, je suis tanné de l'établissement", estime Geneviève Rioux, présidente de la Fédération des familles d'accueil et ressources intermédiaires du Québec

Le manque de ressources est l'un des nombreux constats de la Commission spéciale chargée de revoir de fond en comble le système de protection de la jeunesse au Québec. La commission, présidée par Régine Laurent, présentera son rapport final lundi.

Régine Laurent assise derrière un micro pour une conférence de presse.

Régine Laurent, présidente de la Commission spéciale sur les droits de l'enfant et la protection de la jeunesse.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le rapport suscite déjà de l'espoir chez les intervenants qui sont à bout de souffle. Les familles d'accueil, elles, demandent de faire partie de la solution. C'est beau, ils nous ont entendus avec la commission Laurent, maintenant il faut qu'ils nous fassent participer au changement, conclut Catherine Bégin.

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