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Des soins de santé mentale forcés pour des personnes itinérantes?

Des tentes sont installées sur le trottoir. Une femme est assise dans l'herbe à côté d'un charion recouvert de tissus.

L'organisme Our Place Society dit ne pas être en mesure de s'occuper de personnes atteintes de graves maladies mentales.

Photo : Radio-Canada / Deborah Wilson

Radio-Canada

Le directeur général de l’Our Place Society à Victoria a soulevé dans une tribune l’idée qu’il faudrait fournir un soutien en santé mentale aux personnes atteintes de maladies aiguës, qu’elles y consentent ou non.

Dans un commentaire publié par le Times Colonist cette semaine, Julian Daly, qui dirige ce centre communautaire pour les plus démunis, estime que des soins involontaires devraient être apportés à une sous-section de personnes atteintes de troubles psychiatriques qui vivent dans la rue.

À l'émission On the Island, il précise que ces soins seraient appliqués qu'en dernier recours pour les personnes dont l'état est si grave qu'elles sont prises au piège d'un cycle auquel elles ne peuvent échapper.

Elles finissent par être exclues de partout, elles finissent par ne pas être soignées. Elles errent dans nos rues, menant une vie dure, assez misérable et une vie vulnérable aussi.

Une citation de :Julian Daly, Our Place Society

M. Daily dit que ces personnes ont besoin d'un soutien plus complexe, que lui et son personnel ne peuvent pas fournir. Il n'appelle cependant pas au retour des hôpitaux psychiatriques d'autrefois.

[Ce serait] plutôt quelque chose de plus familial, de compatissant et qui tient compte des traumatismes, soutient M Daly.

M. Daly est à la tête de l'Our Place Society depuis juin 2020. Auparavant, il a dirigé pendant 11 ans le Centre communautaire Boyle Street à Edmonton.

Une pente glissante

Cependant, d'autres travailleurs de soutien du centre-ville de Victoria s'inquiètent de cette idée d'apporter des soins involontaires.

Je n'aime pas les mots soins involontaires, dit Fred Cameron. Il y a eu de nombreuses fois où je ne pouvais pas prendre soin de moi et si j'avais été médicamenté involontairement, je n'aurais probablement pas guéri.

M. Cameron est directeur des opérations à la SOLID Outreach Society, une organisation de soutien par les pairs dirigée par des personnes qui ont lutté contre l'itinérance et la toxicomanie. Il craint que des phrases ambiguës comme soins involontaires ne représentent une pente glissante.

D'après son expérience, M. Cameron pense que bâtir une communauté parmi la majorité des personnes vivant dans la rue devrait être la priorité plutôt que de se concentrer sur la minorité de personnes qui ont de graves problèmes psychiatriques.

Si vous permettez que cela se produise de manière organique, 99 % des gens pourront prendre soin d'eux-mêmes. Il y a quelques exceptions, mais c'est une si petite partie de la population que j'hésiterais à en faire une loi, dit-il.

Dans le budget provincial 2021, le gouvernement de la Colombie-Britannique a promis d'élaborer des programmes de soins de longue durée plus complexes pour aider les sans-abri ayant des besoins aigus en santé mentale. Des consultations avec les principaux intervenants sont en cours pour élaborer un cadre.

Avec les informations de Kieran Oudshoorn

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