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Le vélo fantôme de Mathilde Blais a été retiré et confié au Musée de la civilisation

Un vélo sur lequel des fleurs artificielles ont été installées est accroché sur une clôture en métal, sous le viaduc.

Un vélo blanc avait été installé pour honorer la mémoire de Mathilde Blais après sa mort, au printemps 2014.

Photo : Vélo fantôme/Facebook

Le vélo blanc fixé à la rambarde sous le viaduc des Carrières, à Montréal, pour honorer la mémoire de Mathilde Blais, a été retiré dimanche, sept ans après la mort de la cycliste. En lieu et place, une plaque commémorative a été installée, pour ne pas oublier.

La bicyclette peinte en blanc et recouverte de fleurs a été remise au président-directeur général du Musée de la civilisation de Québec, où elle y sera exposée. Un geste pour se souvenir non seulement de Mathilde, mais aussi du mouvement que cette mort injuste a déclenché dans son sillage.

La cérémonie, organisée par Vélo fantôme, visait à souligner l'amélioration des conditions de la route sous le viaduc des Carrières, rue Saint-Denis, où la cycliste a perdu la vie, le 28 avril 2014, après avoir été happée par un camion.

Avec l'autorisation de la mère de Mathilde Blais, le regroupement Vélo fantôme a procédé au retrait de la bicyclette pour saluer les progrès réalisés sous le viaduc et sur une bonne partie de la rue Saint-Denis, où passe désormais le Réseau Express Vélo (REV).

Depuis que le REV existe, c’est une infrastructure protégée et sécuritaire, a déclaré Séverine Le Page, porte-parole de Vélo fantôme.

Si de telles installations avaient assuré la protection des cyclistes en 2014, Mathilde Blais ne serait pas morte, a fait remarquer Mme Le Page.

Confier le vélo fantôme au Musée de la civilisation est une façon de continuer d’honorer la mémoire de Mathilde Blais, qui a eu un impact vraiment essentiel sur la création de cette infrastructure, a-t-elle ajouté.

Sur la plaque commémorative, il est inscrit : « Mathilde Blais, 8 septembre 1980 - 28 avril 2014. Un vélo blanc a été posé ici à la mémoire de Mathilde lors de son décès en 2014. En 2020, la Ville de Montréal a corrigé l'aménagement déficient. Nous retirons le vélo, mais n'oublions pas Mathilde et les autres cyclistes victimes de violence routière. »

Une plaque commémorative a été installée à l'endroit où le vélo fantôme à la mémoire de Mathilde Blais a été retiré.

Photo : Radio-Canada

Pour la mère de la cycliste, le retrait du vélo de Mathilde est un signe de « progrès social important ».

C’est dur d’être là, mais en même temps je suis fière d’être là, a confié Geneviève Laborde. Exposé au musée, le vélo de sa fille permettra, espère-t-elle, de « donner un rayonnement à l'action » qui a permis d'améliorer les conditions des cyclistes.

Ça me donne le sourire, a-t-elle déclaré, malgré son couvre-visage. Avant le REV, les cyclistes étaient condamnés à rouler dans la rue, a-t-elle poursuivi. Ma fille avait peur chaque fois qu'elle passait là, elle me l'avait dit quelques jours avant [sa mort]. Et je pense qu'elle n'était pas la seule.

Les autres vélos fantômes demeureront en place

Depuis que Vélo fantôme s'attelle à installer des bicyclettes blanches pour commémorer la mémoire des cyclistes qui ont perdu la vie sur la route, c’est la première fois qu’il est possible de constater un tel progrès, a noté le regroupement.

Vélo fantôme n'entend toutefois pas retirer d'autres bicyclettes fantômes, qui sont un peu moins d'une quinzaine dans la région métropolitaine. Il faudra même en installer de nouvelles au cours des prochaines semaines, selon l'organisation.

Si les lieux de la mort de Mathilde Blais sont désormais protégés par le REV, d'autres endroits en ville ne sont toujours pas suffisamment sécuritaires, a rappelé Séverine Le Page, évoquant la mort d'un cycliste le 8 avril dernier, rue Papineau.

À l'instar de Papineau, d'autres grandes artères où les véhicules circulent trop rapidement continuent d'être dangereuses, autant pour les cyclistes que pour les piétons, a affirmé Mme Le Page.

Toutes les pistes devraient être sécurisées avec une bande de béton pour protéger les cyclistes, a assuré la porte-parole. C'est faisable, a-t-elle insisté; le vélo décroché de Mathilde Blais en est la preuve.

Avec des informations d'Aimée Lemieux

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