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Près de 2 heures d'attente dans les hôpitaux de Winnipeg en mars

L'extérieur de l'Hôpital Saint-Boniface, à Winnipeg.

Depuis le mois de novembre, les temps d’attente ont de nouveau augmenté.

Photo : Radio-Canada / Trevor Brine

Radio-Canada

Les temps d’attente dans les hôpitaux de Winnipeg retrouvent leur niveau prépandémique, après avoir considérablement baissé au début de l’année 2020. La santé publique attribue ces retards aux nouveaux protocoles sanitaires imposés par la COVID-19.

L’Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW) a publié la semaine dernière la médiane des temps d'attente dans les hôpitaux de Winnipeg du mois d'avril 2014 au mois de mars 2021. Cette mesure statistique permet de calculer la tendance centrale d’une série de nombres : la moitié des patients auront un temps d’attente inférieur à la médiane, et l’autre moitié un temps d'attente supérieur.

Résultat : en mars 2021, la médiane des temps d’attente est de 1,8 heure, soit la plus élevée des 15 derniers mois.

Ces retards étaient supérieurs en 2019, où le temps d’attente médian dépassait 2 heures certains mois. Avec l’arrivée de la pandémie en mars 2020, ils ont diminué de près de moitié. Depuis le mois de novembre, ces temps d’attente ont toutefois de nouveau augmenté.

La santé publique attribue cette baisse des délais d'attente au début de la pandémie à une crainte de Manitobains d’être exposés au virus, s’ils se rendaient dans des hôpitaux.

Néanmoins, les nouveaux protocoles mis en place, tels que le test de dépistage à la COVID-19 obligatoire pour les patients des urgences, ont prolongé ces temps d'attente, selon un porte-parole du gouvernement provincial. Malgré cette hausse, ils restent inférieurs aux moyennes historiques, spécifie-t-il.

Le chef du Nouveau Parti démocratique du Manitoba, Wab Kinew, indique que l’augmentation de ces temps d’attente est inquiétante, alors que le nombre d'infections à la COVID-19 augmente.

Ce que nous avons vu dans la seconde vague, c’est que nous devons avoir un système de santé solide pour que notre province puisse avancer dans cette pandémie, dit-il.

Wab Kinew considère que les compressions budgétaires du gouvernement progressiste-conservateur et les réformes du système de santé ont mis tout cela à risque.

En 2017, le gouvernement de Brian Pallister a commencé à centraliser les soins d’urgence de Winnipeg dans trois hôpitaux, plutôt que six, en partie pour réduire les temps d'attente. Les salles d’urgence fermées ont été remplacées par des centres de soins d’urgence non dangereux. La réforme a abouti en 2019.

90 % des patients attendent plus de 8 heures

En mars, 90 % des patients du Centre des sciences de la santé de Winnipeg ont été reçus en 8,07 heures. C’est 2 heures de plus que dans les salles d’urgence de l’Hôpital Saint-Boniface ou de l’Hôpital Grâce.

Un porte-parole pour Soins communs, l’organisme qui dirige le Centre des sciences de la santé, explique qu’un patient aux urgences ne peut pas être admis dans une unité appropriée avant d’avoir un test de COVID-19 déclaré négatif, ce qui prend de 4 à 6 heures.

D’autres mesures sanitaires imposées par la pandémie, comme l’utilisation d’espaces d’isolement, ont aussi rallongé les temps d’attente, selon le porte-parole. Il ajoute que les éclosions dans plusieurs unités et dans les foyers de soins personnels ont eu un impact sur la capacité des hôpitaux.

Pénurie criante d'infirmières

La présidente du Syndicat des infirmières du Manitoba, Darlene Jackson, reconnaît que les tests de dépistage rallongent les délais d’attente. Elle soutient toutefois que les autorités sanitaires font la sourde oreille concernant les pénuries chroniques de personnel.

Ce que j’entends des infirmières, c’est qu’il peut y avoir des lits, mais il n’y a personne pour s’occuper de ces gens qui occupent ces lits.

Je pense que la pénurie d’infirmières a un impact considérable sur la possibilité de déplacer ces patients de la salle d'attente des urgences à un lit, indique Darlene Jackson.

L’opposition officielle confirme que la pénurie de personnel est problématique.

Selon des données obtenues par le Nouveau Parti démocratique du Manitoba grâce à une demande d'accès à l’information le mois dernier, l’Office régional de la santé de Winnipeg compte 1283 postes à pourvoir, ce qui représente un taux de vacance de 16,7 %.

Le nombre de postes d’infirmières vacants dans la région sanitaire de Winnipeg est deux fois plus élevé que ce que l’ancien ministre de la Santé, Cameron Friesen, considérait comme normal avant le début de la pandémie.

La ministre de la Santé du Manitoba, Heather Stefanson, n’était pas disponible pour une entrevue. Dans une déclaration écrite, elle soutient que le gouvernement provincial a fait des avancées importantes pour réduire les temps d’attente.

Avec les informations de Ian Froese

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