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Un 1er mai sous le signe de la contestation dans plusieurs pays

Foule de personnes dans les rues de Paris.

Manifestation du 1er mai, à Paris

Photo : Reuters / GONZALO FUENTES

Radio-Canada

Au Canada, en France, en Turquie, en Finlande ou encore en Espagne, de nombreuses manifestations ont ponctué la Journée internationale des travailleurs en dépit des restrictions imposées par la pandémie de COVID-19.

Au Québec, des centaines de personnes se sont réunies au centre-ville de Montréal pour rappeler l'importance de respecter les droits des travailleurs, en particulier après une année marquée par la crise sanitaire. Pour l'occasion, les employés du réseau de la santé ont été mis à l'honneur. À Saguenay, des infirmières, enseignants et ouvriers ont également manifesté à l'occasion de la Journée internationale des travailleuses et travailleurs, dans l'arrondissement de Chicoutimi.

En France, des dizaines de milliers de personnes sont notamment descendues dans la rue, répondant ainsi à l'appel d’organisations syndicales. Après une année 2020 où l'épidémie de COVID-19 a empêché la tenue des traditionnels défilés, près de 300 cortèges étaient organisés cette année à Lyon, Nantes, Lille et Toulouse.

On a beaucoup de raisons de venir manifester : le contexte sanitaire, social, l'appauvrissement global de la société.

Une citation de :Ivan Gineste, 50 ans, manifestant à Lyon

Les cortèges ont rassemblé, selon le syndicat de la Confédération générale du travail (CGT), plus de 170 000 personnes, un chiffre que le gouvernement estime plutôt à un peu plus de 106 000.

À Paris, c’est sous la pluie que les participants ont arboré des pancartes critiquant la casse du droit du travail et contesté la réforme de l'assurance-chômage, qui doit entrer en vigueur le 1er juillet. Des gilets jaunes se sont joints au cortège aux côtés des syndicats. Des heurts ont éclaté rapidement en début de défilé.

Plusieurs poubelles ont été incendiées et la vitrine d'une agence bancaire a été vandalisée. Au total, 5000 policiers et gendarmes ont été déployés dans la capitale, où 46 personnes ont été arrêtées.

Des manifestants masqués portent des banderoles.

Philippe Martinez, chef du syndicat français CGT, assiste à la traditionnelle manifestation du 1er mai.

Photo : Reuters / GONZALO FUENTES

À Madrid, à Berlin et jusqu'à Istanbul

En Espagne, le nombre de participants aux manifestations a été limité pour cause de pandémie : ils étaient ainsi un millier à Madrid, entre la mairie et la place de la Puerta del Sol.

Dans la capitale espagnole, les dirigeants syndicaux Pepe Alvarez (UGT) et Unai Sordo (CCOO), dans leurs discours, ont demandé au gouvernement de tenir des engagements pris, mais différés par la pandémie, comme renoncer à une réforme controversée des lois sur le travail, augmenter le salaire minimum et adopter une loi sur l'égalité de salaire entre les hommes et les femmes.

À Berlin, une manifestation à l'appel de la gauche et de l'extrême gauche a par ailleurs rassemblé quelque 5000 personnes, selon la police allemande, qui s'était déployée en masse avec 5600 policiers par crainte d'éventuels débordements.

Des échauffourées ont eu lieu en marge de la manifestation. En début de soirée, de brefs incidents ont opposé des membres de la mouvance d'extrême gauche et les forces de l'ordre, notamment quand ces dernières ont évacué certains d'entre eux de la manifestation.

Une vingtaine de rassemblements étaient prévus dans la capitale, avec des mots d'ordre allant de la hausse des loyers à la politique migratoire, en passant par l'opposition aux mesures de restriction liées à la pandémie.

Un couple s'enlace devant des policiers et des manifestants.

Des échauffourées ont eu lieu samedi en marge d'une manifestation du 1er mai à Berlin, où les forces de l'ordre ont annoncé l'interruption du rassemblement dans la soirée.

Photo : Reuters / CHRISTIAN MANG

Du côté de la Turquie, les forces de l'ordre ont interpellé 212 manifestants après des échauffourées lors de défilés du 1er mai. Police antiémeute et agents en civil ont affronté des dirigeants syndicaux et des manifestants, avant d'en interpeller plusieurs dizaines près de la place Taksim, à Istanbul.

Le bureau du gouverneur a indiqué que certains syndicats avaient été autorisés à se rassembler pour le 1er mai, mais d'autres, qui s'étaient rassemblés de façon illégale en violation du confinement et avaient ignoré les appels à la dispersion, ont été arrêtés. L'agence d'État Anadolu a rapporté que 20 manifestants avaient également été interpellés à Izmir, dans l'ouest du pays.

Contre les restrictions sanitaires

En Belgique, en Suède ainsi qu'en Finlande, des centaines de personnes se sont également mobilisées pour protester contre les mesures sanitaires prises par les gouvernements pour tenter d'endiguer la pandémie.

À Bruxelles, plusieurs centaines de personnes ont notamment bravé l'interdit des autorités belges et se sont réunies pour faire la fête dans un parc. On est là pour défendre notre liberté. Le masque? Non, je n'en porte plus, je veux être libre, a expliqué un lycéen de 18 ans présent sur les lieux.

Ça fait un an que ça dure. Un an qu'on ne peut pas sortir. Au bout d'un moment, il faut trouver des solutions.

Une citation de :Une jeune Bruxelloise mobilisée contre les restrictions sanitaires

L'atmosphère bon enfant s'est toutefois crispée à l'arrivée d'un car de police sur la pelouse. Les cris ont fusé : Liberté, liberté. Puis des détonations de pétards et des jets de projectiles ont poussé le véhicule à rebrousser chemin, mais la police belge est intervenue en force en fin d'après-midi pour disperser les participants, au motif que les mesures sanitaires ne sont pas respectées, selon les autorités.

Une foule.

Des centaines de personnes ont participé à une manifestation contre les mesures sanitaires du gouvernement, le 1er mai.

Photo : Reuters / JOHANNA GERON

Les policiers ont fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes, provoquant des mouvements de foule. Lors de l'intervention, une personne a été blessée, ainsi que deux policiers. Il y a eu une quinzaine d'interpellations, tandis qu'une centaine de personnes faisaient encore face aux policiers en tenue antiémeute vers 20 h (heure locale).

Du côté d'Helsinki, une cinquantaine de personnes ont été arrêtées lors d'une manifestation organisée en protestation contre les mesures prises par le gouvernement finlandais pour lutter contre la COVID-19. La manifestation, qui a rassemblé jusqu'à 300 personnes dans le centre de la capitale finlandaise, a été dispersée par les forces de l'ordre, qui n'ont déploré aucun incident majeur.

Les rassemblements publics de plus de six personnes sont interdits à Helsinki en raison de la pandémie provoquée par le coronavirus et les organisateurs avaient annoncé une manifestation de six personnes.

Au total, près de 50 personnes ont été arrêtées pour avoir refusé de se plier aux ordres des autorités. La Finlande et ses 5,5 millions d'habitants affichent l'un des meilleurs bilans en Europe pour ce qui est de la COVID-19.

En Suède, de 500 à 600 personnes ont manifesté dans les rues de Stockholm pour la liberté et la vérité. La manifestation a duré plus de deux heures, malgré l'intervention de la police pour la disperser.

Contrairement aux dispositifs imposés largement ailleurs en Europe, la Suède a mené dans un premier temps une stratégie basée principalement sur des recommandations, sans confinement et quasiment sans mesures coercitives.

Le royaume scandinave a toutefois serré la vis depuis novembre en raison d'une importante seconde vague, avec plusieurs séries de mesures restreignant notamment les rassemblements publics et les tablées dans les restaurants.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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