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Retour au travail forcé pour les débardeurs du port de Montréal

De grands conteneurs sont empilés dans une cour extérieure du port de Montréal. La place est déserte.

En vertu d'une loi spéciale adoptée au Parlement canadien, les débardeurs doivent reprendre leurs opérations au port de Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada

Sous le coup d'une loi spéciale qui vient contrecarrer leur grève générale illimitée, les débardeurs du port de Montréal se voient contraints de reprendre leurs activités dès dimanche.

Au total, les opérations de manutention et d'amarrage des navires au port de Montréal auront été interrompues six jours, à l'exception de certains secteurs protégés par le Code canadien du travail.

Les terminaux seront « ouverts et en service » à compter de 7 h, le 2 mai, a indiqué le Port de Montréal par communiqué.

Bien que le projet de loi spéciale élaboré par le gouvernement Trudeau (C-29) pour empêcher la paralysie du port a reçu la sanction royale vendredi soir, après avoir été adopté au Sénat ainsi qu'aux Communes, les activités n'ont pas repris samedi en raison d'une disposition dans la convention collective des débardeurs.

Celle-ci stipule que toute assignation doit avoir été communiquée avant minuit la veille de la journée travaillée, a expliqué le conseiller syndical des débardeurs, Michel Murray. Or la loi spéciale est entrée en vigueur à 00 h 01.

En vertu de la loi spéciale, la grève générale illimitée doit prendre fin et les 1150 membre du Syndicat des débardeurs SCFP de la section locale 375 sont sommés de retourner au travail, au port de Montréal comme au terminal Contrecœur, sur la Rive-Sud.

Sans quoi, le syndicat et l'employeur, l'Association des employeurs maritimes (AEM), sont passibles d'amendes de 100 000 $ par jour d'infraction.

Il faudra toutefois plusieurs jours avant que la circulation des marchandises reprenne son cours normal, ont prévenu les autorités portuaires. Une dizaine de navires sont en direction du Port de Montréal et près de 20 000 conteneurs EVP (équivalents vingt pieds) sont présents sur le territoire portuaire en raison des arrêts de travail récents, a indiqué le Port de Montréal.

À l'annonce de l'adoption de la loi spéciale, le Syndicat des débardeurs du SCFP a déclaré qu'il entendait contester le texte devant les tribunaux et qu'une plainte avait déjà été déposée à l'Organisation internationale du travail, l'une des branches de l'ONU.

Michel Murray estime que la loi est inconstitutionnelle et vient brimer le droit de ses membres à faire la grève.

Le premier ministre Trudeau vient d’envoyer un message fort et clair à tous les employeurs du pays : pas besoin de négocier de bonne foi avec vos travailleurs, car si les choses se compliquent, nous serons là pour vous appuyer, a pour sa part déclaré le président national du SCFP, Mark Hancock.

La ministre fédérale du Travail, Filomena Tassi, a affirmé que le gouvernement avait agi dans l'intérêt des Canadiens et de l'économie du pays, qui dépendent notamment des activités du port de Montréal.

Réitérant l'importance de convenir d'une solution « à la table de négociation », la ministre Tassi a assuré qu'un médiateur-arbitre serait nommé au cours des prochains jours, une fois que les parties patronale et syndicale auront soumis leurs propositions.

Les négociations entre l'Association des employeurs maritimes et le Syndicat des débardeurs – dont la convention collective est échue depuis décembre 2018 – sont dans une impasse. Les discussions achoppent en grande partie sur la question des horaires, de la conciliation travail-vie personnelle ainsi que du droit à la déconnexion.

La modification des horaires de travail des débardeurs par l'AEM a récemment ajouté de l'huile sur le feu, alors que les débardeurs menaient déjà des grèves partielles en refusant de travailler les week-ends et de faire des heures supplémentaires.

Le 26 avril dernier, date à laquelle les nouveaux horaires devaient entrer en vigueur, le syndicat avait décidé de déclencher sa grève générale illimitée.

L'Association des employeurs maritimes a toutefois assuré au syndicat qu'avec le retour au travail des débardeurs, soumis à loi spéciale, les modifications aux horaires à l'origine du dernier litige seraient annulées. En outre, les conditions de travail en vigueur au 9 avril 2021 seront rétablies, a fait savoir M. Murray.

À l'occasion de la Journée internationale des travailleurs, le Syndicat des débardeurs a fait savoir que ses membres mèneront la traditionnelle marche du 1er mai, qui doit partir en début d'après-midi du parc Lafontaine, à Montréal.

Avec des informations de Julie Émond.

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