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COVID-19 : 400 000 nouveaux cas en Inde, qui ouvre la vaccination à tous

Une infirmière indienne injecte à une patiente le vaccin contre la COVID-19.

L’Inde ouvre la vaccination à tous. Jusqu'à présent, environ 150 millions de vaccins ont été administrés, ce qui représente 11,5 % de la population.

Photo : Reuters / AMIT DAVE

Radio-Canada

L'Inde a ouvert samedi sa campagne de vaccination à l'ensemble de ses quelque 600 millions d'adultes en dépit de la pénurie de vaccins et en pleine flambée pandémique, avec un nouveau record de contaminations au coronavirus en une journée. Et ce nombre pourrait doubler au cours des prochaines semaines.

En première ligne de la pandémie avec le Brésil, l'Inde a répertorié samedi 401 993 nouvelles infections dans les dernières 24 heures, une première mondiale, a annoncé le ministère de la Santé.

Durant le seul mois d'avril, l'Inde, pays de 1,3 milliard d'habitants, a détecté environ sept millions de nouvelles infections. Quelque 3523 morts ont été enregistrés samedi sur la journée écoulée, portant le total à 211 853. Nombre d'experts estiment toutefois que les chiffres réels sont beaucoup plus élevés.

Si la situation s'améliore quelque peu dans les grandes villes comme Mumbai et Delhi, elle s’envenime dans tout le reste du pays, notamment dans les villages qui manquent d'infrastructures sanitaires, comme le rapporte le journaliste Frédérick Lavoie dans une entrevue accordée à l’émission Les faits d’abord. Dans des États, les autorités veulent taire certains chiffres , ajoute-t-il.

Il y a beaucoup plus de morts que ce que l’on rapporte aujourd'hui. Dans les petites villes, les gens doivent se déplacer sur de longues distances. Beaucoup meurent et ne sont pas comptabilisés. [...] D'autres meurent avant même les tests pour la COVID-19 et ne sont pas recensés.

Une citation de :Frédérick Lavoie, journaliste indépendant

Delhi restera par ailleurs confinée une semaine supplémentaire pour prévenir les contaminations, a annoncé Arvind Kejriwal, le chef du gouvernement de la ville, sur Twitter. Le confinement devait initialement s'achever lundi.

Selon Caroline Basanti Roublin, directrice de l'ONG TARA India, à Delhi, la capitale a été frappée de manière violente. Elle a notamment enregistré 45 cas de COVID-19 en à peine une semaine au sein de son organisation.

 C’est une course contre la montre quotidienne. [...] Toutes les classes sociales sont touchées, mais encore une fois, ce sont les plus pauvres qui le sont davantage. 

Une citation de :Caroline Basanti Roublin, directrice de l'ONG TARA India

Et nous ne sommes qu’au début de cette deuxième vague, poursuit-elle. Si les chiffres continuent d’augmenter comme ces derniers jours, l'aide internationale ne sera pas suffisante, croit Mme Basanti Roublin, qui craint également que le pays s'enfonce dans une grave crise nationale.

Manque de vaccins et confusion

Le programme indien de vaccination à très grande échelle semble déjà mis à mal.

Plusieurs États, dont le Maharashtra et New Delhi – parmi les plus touchés –, ont prévenu qu'ils étaient à court de vaccins et que l'élargissement de la campagne était menacé par des querelles administratives, une confusion sur les prix et des problèmes techniques sur la plateforme numérique de vaccination du gouvernement.

Des hommes font la queue pour recevoir une dose du vaccin en Inde.

Des personnes font la queue pour recevoir une dose du vaccin à l'hôpital Tej Bahadur Sapru d'Allahabad, le 1er mai 2021, lors du premier jour de la campagne de vaccination de tous les adultes en Inde.

Photo : Getty Images / SANJAY KANOJIA

Jusqu'à présent, environ 150 millions de vaccins ont été administrés, soit 11,5 % de la population, et à peine 25 millions d'habitants ont reçu leurs deux injections.

Les files d'attente ici sont tellement énormes, a déclaré Jayanti Vasant, dans un centre de vaccination très fréquenté de Bombay, et les gens ne cessent de se battre.

À Delhi, une foule d'une centaine de personnes se pressait à l'extérieur d'un des rares hôpitaux proposant des vaccins pour les moins de 45 ans. Tant de gens tombent malades [...]. On veut juste être ici le plus tôt possible, a indiqué Aadya Mehta, 25 ans.

 Des patients respirent de l'oxygène.

Des patients respirent de l'oxygène à Ghaziabad, en Inde.

Photo : Getty Images / SAJJAD HUSSAIN

Au moins 16 malades de la COVID-19 et deux infirmières sont décédés samedi dans l'incendie de l'hôpital de Bharuch, dans l'État occidental du Gujarat. Les milieux hospitaliers sont débordés par la pandémie.

Aide internationale

L'aide médicale internationale, annoncée par plus de 40 pays, a commencé à arriver cette semaine en Inde, où les hôpitaux manquent cruellement de lits, d'oxygène et de médicaments.

Samedi, un avion transportant du matériel devait être chargé à l'aéroport français de Roissy, et un appareil militaire américain transportant plus de 400 bouteilles d'oxygène et un million de tests de dépistage du coronavirus a atterri vendredi à New Delhi.

D'autres approvisionnements en provenance de nombreux pays sont attendus les prochains jours.

Du matériel médical chargé samedi dans un avion-cargo.

Du matériel médical est chargé samedi dans un avion-cargo à l'aéroport de Roissy de Paris avant d’être envoyé en Inde.

Photo : Getty Images / LEWIS JOLY

La recrudescence de la COVID-19 dans ce pays alimente la pandémie dans le monde, où plus de 151 millions de personnes ont été contaminées jusqu'à maintenant et où plus de 3,18 millions de personnes sont décédées depuis fin 2019, selon un bilan de l'AFP samedi.

Le Brésil, où la vaccination n'a toujours pas décollé, a enregistré vendredi 2595 nouveaux décès dus à la COVID-19, portant le total pour avril à 82 266, deuxième record mensuel d'affilée depuis le début de la pandémie, selon des chiffres du ministère de la Santé.

Au total, le pays de 212 millions d'habitants déplore 403 781 morts, ce qui en fait le deuxième plus endeuillé du monde, derrière les États-Unis (plus de 575 000 morts).

L'Équateur, l'un des pays d'Amérique latine les plus affectés, a aussi terminé le mois d'avril avec un record mensuel de contagions dépassant 53 000 nouveaux cas. Et en Argentine, le couvre-feu a été prolongé vendredi pour trois semaines à Buenos Aires et dans sa banlieue en raison de l'augmentation des contaminations.

Alors que le pape François commence samedi une série de prières pour la fin de la pandémie, l'Europe et les États-Unis espèrent la laisser derrière eux d'ici l'été, sur fond d'accélération de la vaccination.

Cent millions de personnes sont entièrement vaccinées contre le COVID-19 aux États-Unis, ont annoncé vendredi les autorités sanitaires américaines, se félicitant du franchissement d'une étape majeure. Les parcs d'attractions californiens de Disneyland ont rouvert leurs portes au public vendredi.

Certains pays européens assouplissent de leur côté les restrictions, espérant relancer leurs économies plombées par les mesures sanitaires.

Le PIB a reculé au premier trimestre de 1,7 % en Allemagne, de 0,4 % en Italie, de 0,5 % en Espagne et de 3,3 % au Portugal, qui rouvre samedi sa frontière avec l'Espagne et entame la quatrième et dernière phase de son déconfinement entamé à la mi-mars.

La Pologne commence également samedi, avec l'autorisation d'une partie des activités sportives, la levée progressive d'ici fin mai de ses restrictions. Même chose en Ukraine, où centres commerciaux, restaurants et salles de sport rouvrent leurs portes, avant la réouverture des écoles mercredi.

En revanche, en Russie, dix jours fériés ont été décrétés par le président Vladimir Poutine pour lutter contre le virus, du 1er au 10 mai.

L'Organisation mondiale de la santé a quant à elle accordé vendredi son homologation d'urgence au vaccin contre la COVID-19 du laboratoire américain Moderna, le cinquième à bénéficier d'une telle validation de l'agence sanitaire de l'ONU.

Avec les informations de Agence France-Presse

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