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Une pénurie d’infirmières à Winnipeg crée un cercle vicieux, dit l’une d’elles

L'Hôpital Saint-Boniface, à Winnipeg.

L'Hôpital Saint-Boniface connaît une pénurie d'infirmières.

Photo : Radio-Canada / Sylviane Lanthier

Radio-Canada

Une ancienne infirmière de salle d’urgence affirme qu’une pénurie de personnel aux hôpitaux de Winnipeg a créé une charge de travail insoutenable pour les infirmières. De plus en plus d’infirmières quittent les urgences, ou carrément leur métier.

Notre service connaît une hémorragie de personnel, lance Kristin Gebhardt, qui a quitté ses fonctions d’infirmière au triage de l’Hôpital Saint-Boniface.

Les infirmières avec le plus d'ancienneté et de compétence partent. Ça cause d’énormes trous dans nos horaires, que l’on doit remplir, poursuit-elle, en notant que les infirmières doivent souvent travailler un double quart de travail.

Nous sommes épuisées, et pendant tout le quart, parfois 16 heures, nous travaillons à 100 % de notre capacité.

Le manque d’infirmières devient critique lorsque les lits de l’hôpital sont tous occupés et il n’y a pas d'endroits où mettre les patients, poursuit Mme Gebhardt. Elle travaille toujours comme infirmière, mais dans un autre service.

Nous voyons des temps d’attente de plus de 10 heures pour que les patients puissent obtenir une place pour leur traitement , dit-elle. Si j’étais un membre de la famille, je serais furieuse.

Kristin Gebhardt note que des situations de ce type ont parfois duré plusieurs jours.

Nous savons que ce pourrait mener à des situations désastreuses, et malheureusement, nous n’avons aucun contrôle. C’est vraiment troublant.

30 % de postes vacants

Un porte-parole de l’Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW), Paul Turenne, affirme qu’en date de la semaine dernière, 32 des 109 postes d’infirmière aux urgences de l’Hôpital Saint-Boniface étaient vacants.

Cela veut dire que près de 30 % des postes sont vacants, contre 16,5 % à la fin décembre, selon l’ORSW.

Cependant, plusieurs infirmières des urgences de Saint-Boniface sont parties depuis, y compris certaines qui soutiennent le programme de soins intensifs en raison de la demande croissante [causée par la pandémie de COVID-19], dit Paul Turenne.

Il ajoute que des infirmières qui travaillent avec des agences et qui effectuent des heures supplémentaires permettent de contrer la pénurie. Cependant, affirme Kristin Gebhardt, même avec ces mesures, la situation n’est pas durable.

Un porte-parole de la ministre de la Santé, Heather Stefanson, indique dans une déclaration que la pandémie a causé d’importants défis aux soins aigus partout au Canada.

La province tente de répondre à ce problème, notamment en recrutant et retenant des employés, et en s’attaquant au congestionnement dans le flux des patients.

Kristin Gebhardt souligne tout de même qu’elle croit que les urgences restent sécuritaires, et que les patients reçoivent leur traitement.

Je veux que le public sache que les personnes qui travaillent dans ces services ont les intérêts des membres de famille [des patients] à cœur.

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