•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'Ordre des agronomes du Québec reconnaît des conflits d'intérêts et se défend

Beaucoup de choses ont déjà changé, dit l'ordre professionnel, en réaction au livre de Louis Robert.

On voit en contre-plongée un homme muni d'une pelle qui marche sur des résidus de maïs dans un champ.

Louis Robert a dénoncé l'influence du lobby des pesticides sur l'Ordre des agronomes du Québec.

Photo : Radio-Canada

Accusé par le fonctionnaire Louis Robert de « négligence complice » envers les lobbys des pesticides et des fertilisants, l'Ordre des agronomes du Québec (OAQ) affirme avoir agi contre les conflits d'intérêts de certains membres et continuer de le faire.

Dans un communiqué publié vendredi, l'OAQ écrit qu'il partage certaines opinions de l’agronome Louis Robert figurant dans son livre au sujet de l'agriculture québécoise. Cependant, l’Ordre tient à réitérer sa mission de protéger le public et rappelle avoir accompli plusieurs avancées en faveur de l’indépendance professionnelle de ses membres.

Lui-même membre de l'Ordre, comme plus de 3000 autres agronomes, Louis Robert attaque frontalement l'OAQ dans son livre. Il l'accuse d'être une association de renards entrés dans la bergerie et d'être contrôlée par les agronomes du privé.

L'Ordre refuse, pour le moment, d'interdire à un agronome qui conseille des agriculteurs dans l’utilisation de pesticides ou d’engrais d’être en même temps rémunéré par une entreprise qui vend ces produits.

Au Québec, la majorité des agronomes spécialisés dans les pesticides sont dans cette situation. Dans son communiqué, l'Ordre parle lui-même de la position de conflits d’intérêts chez certains de ses membres.

L'OAQ dit être à l’écoute des préoccupations à ce sujet. Après avoir démarré une grande réflexion en 2018, l'Ordre a imposé de nouvelles exigences à ses membres.

Au 31 mars 2021, tous les agronomes ont déclaré leurs intérêts lors du renouvellement de leur adhésion.

Une citation de :Communiqué de l'Ordre des agronomes du Québec

L’agronome doit aussi déclarer ses intérêts à son client agriculteur lors de son mandat.

L’Ordre affirme avoir multiplié les rencontres d’information au sujet de l’entrée en vigueur de ses nouvelles règles. Des inspections seront réalisées cette année pour mesurer ces changements.

Cette nouvelle exigence permet à l’Ordre des agronomes du Québec d’être en cohérence avec son Code de déontologie, notamment en ce qui a trait au mode de rémunération sous forme de ristourne, de commissions liées à la vente, écrit la présidente de l'OAQ, Martine Giguère.

Par ailleurs, le conseil d’administration de l’Ordre a aussi adopté un Code d’éthique et de déontologie, revu la manière d'élire les personnes qui occupent la présidence et la vice-présidence, et instauré une formation continue obligatoire des agronomes.

L'OAQ promet qu'il continuera de mettre en place d’autres initiatives pour s’assurer de sa mission.

Le ministre de l'Agriculture attend plus de changements à l'Ordre

Jeudi, le ministre de l'Agriculture du Québec, André Lamontagne, a souhaité la fin de l'ambiguïté des agronomes à la fois conseillers et vendeurs de pesticides ou de fertilisants.

Pour cela, il rappelle que son gouvernement a mandaté l'Office des professions pour qu'il formule des recommandations afin de réformer la Loi sur les agronomes, d'ici octobre 2021.

La loi va certainement refléter l’esprit de ce qu’on a demandé, a dit le ministre, mais il ne s’est pas montré favorable à une mise sous tutelle de l’Ordre, comme le réclame Louis Robert.

Les Producteurs de grains du Québec appuient la séparation des rôles

Au cœur de l'affaire Louis Robert, le syndicat qui représente les 9500 producteurs de grains du Québec a déclaré vendredi qu'ils appuient le projet de modernisation de la Loi sur les agronomes proposé par le ministre.

Les Producteurs de grains font partie de l'Union des producteurs agricoles du Québec. Jeudi, l'UPA a reconnu que l'influence de l'industrie des pesticides et des fertilisants est réelle.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !