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Le futur de votre métier vous angoisse? C’est normal!

Un travailleur supervise une soudure automatisée.

Le Forum économique mondial estime que 42 % des compétences fondamentales nécessaires pour réaliser les tâches existantes devraient changer d'ici 2022.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Boudreault

Nombre d’entre vous ont probablement l’impression d’être de plus en plus dépassés par la technologie dans votre corps de métier. Un : il s’agit plutôt d’une réalité irréversible. Deux : vous devez vous mettre à jour.

Suivre le rythme sera le défi de nombreux travailleurs dans les prochaines années et la pandémie n’a fait qu'accentuer cette tendance de fond.

Tous les domaines vont être touchés à des degrés différents, soutient Luc Lespérance, leader de la pratique future du travail et de la transformation de la main-d'œuvre chez Deloitte au Québec. On ne peut pas repousser cette réalité, mais le risque est qu’une partie de la population soit mise de côté. C’est ce qu’il nomme le fossé numérique.

Ne vous imaginez pas devoir nécessairement retourner sur les bancs d’école pour apprendre la programmation informatique. Un récent rapport de la firme, intitulé Mettre en place une main-d'œuvre prête pour l’avenir, insiste d’abord sur l’importance de développer des aptitudes humaines, comme l’empathie ou la pensée critique, qui ne pourront jamais être dépassées par la technologie.

Hélas, la loi du moindre effort n’est généralement pas un gage de succès dans un contexte de travail. L’apprentissage en continu devient également incontournable. M. Lespérance souligne à ce sujet que les coûts de la formation et de l’accès à la connaissance diminuent sans cesse avec les technologies en ligne. Les travailleurs devraient s’attendre à ce que leurs employeurs leur fournissent quelque chose tout en développant leur propre parcours. La responsabilité est partagée.

Les métiers spécialisés à risque

Alors, sommes-nous condamnés à nous adapter ou à échouer? Ce ne sont pas tous les emplois qui vont être perturbés par la technologie, nuance Luc Lespérance. Certains emplois ont un potentiel d’automatisation très grand, d’autres vont être complémentés par la technologie. Ce qui est important, c’est de prendre conscience que ça arrive et d’être curieux.

En mécanique automobile par exemple, la technologie peut, dans les faits, augmenter la charge de travail. Comme solution, soulève M. Lespérance, on pourrait imaginer que des lunettes spéciales vont juxtaposer une réalité virtuelle sur un moteur et donner des instructions en temps réel sur la réparation à effectuer.

En fait, les métiers qui demandent énormément de formation sont en train d’être perturbés. C’est là qu’il faut trouver des moyens de complémenter ces métiers et de s’assurer que ces professionnels demeurent dans des emplois à valeur ajoutée.

Une citation de :Luc Lespérance, leader de la pratique future du travail et de la transformation de la main-d'œuvre au Québec, Deloitte

Des chiffres qui confirmeraient le phénomène

Deloitte constatait en 2020 que les trois quarts des organisations sondées ont affirmé que la reconversion des compétences de leur main-d'œuvre sera importante ou très importante pour leur réussite au cours des 12 à 18 prochains mois.

Une autre statistique étonne : plus de la moitié d’entre elles s’attendent à ce que la majorité de leurs travailleurs doivent modifier leurs compétences et capacités au cours des trois prochaines années.

65 % des enfants au primaire auront des emplois qu’on ne connaît pas encore.

Une citation de :Luc Lespérance, leader de la pratique future du travail et de la transformation de la main-d'œuvre au Québec, Deloitte

Sur la planète, le Forum économique mondial estime que plus d’un milliard de personnes devront actualiser leurs compétences d’ici 2030.

Le point sur le télétravail

Le télétravail conduirait également à repenser le travail. Dans bien des cas, il semble désormais s’effectuer indépendamment du lieu et du temps. La transformation, bien qu’appelée à s’inscrire dans une forme plus hybride, tendrait ainsi à laisser aux humains les tâches pour lesquelles ils ont une réelle valeur ajoutée par rapport à la technologie.

Selon Statistique Canada, près de 26,5 % des Canadiens ayant un emploi travaillaient encore à domicile en mars 2021. Plus de la moitié le faisait en raison de la pandémie de COVID-19. Malgré le contexte, l’emploi continuait de progresser au Québec avec un taux de chômage s’établissant à 6,4 %.

Le site d’offres d’emploi Indeed constate d’ailleurs que le nombre d'emplois affichés dans la province est 30 % plus élevé qu’en février 2020. Plus de 11 % des offres mentionnent le travail à distance, soit trois fois plus qu’avant la pandémie. Les occasions seraient particulièrement nombreuses en technologie de l’information et en marketing.

Plus de 60 % des offres d’emploi en télétravail précisaient cependant qu’elles sont temporairement à distance. Comme quoi, indique-t-on, une part importante de l'augmentation du travail entièrement à distance est susceptible de s'inverser une fois la situation sanitaire passée.

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