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Cimenterie McInnis : le nouveau propriétaire intéressé par la forêt... et les déchets

L'extérieur de la cimenterie McInnis, à Port-Daniel–Gascons.

La cimenterie McInnis, à Port-Daniel–Gascons, est officiellement détenue majoritairement par Votorantim Cimentos International (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Votorantim Cimentos est officiellement propriétaire majoritaire de la cimenterie McInnis de Port-Daniel-Gascons. Le conglomérat brésilien entend explorer diverses options pour réduire son empreinte environnementale.

Les autorités réglementaires du Brésil, du Canada et des États-Unis ont approuvé la transaction permettant à Votorantim Cimentos et la Caisse de dépôt et de placements du Québec (CDPQ) de combiner leurs actifs nord-américains et de créer une entité conjointe.

Votorantim Cimentos International détient 83 % des actions de la nouvelle coentreprise, alors que la part de la CDPQ est de 17 %.

Je travaille depuis 35 ans dans l’industrie du ciment et j’ai visité plus de 100 usines dans le monde. L’usine de Port-Daniel-Gascons est fantastique, affirme le président-directeur général de Votorantim Cimentos Amérique du Nord, Filiberto Ruiz. C’est très efficace et nous croyons qu’avec nos connaissances techniques acquises depuis plus 100 ans, on va améliorer les résultats de Ciment McInnis.

L'usine de Ciment McInnis à Port-Daniel-Gascons

L'usine de Ciment McInnis a officiellement changé de mains (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Biomasse forestière

Plus tôt cette année, Votorantim Cimentos s'était engagé à maintenir des installations et des emplois à l’usine de Port-Daniel–Gascons jusqu’en 2029, de même qu'à réduire l’empreinte carbone de ses activités.

Nous produisons déjà un ciment à faible empreinte carbone, dans d’autres usines, qui permet de réduire de 10 % les émissions de gaz à effet de serre, mentionne M. Ruiz. Nous voulons produire ce type de ciment le plus rapidement possible dans l’usine de Port-Daniel-Gascons.

Le conglomérat brésilien croit au potentiel de la biomasse forestière gaspésienne pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Dans les prochains mois, l’entreprise analysera les études déjà réalisées dans le domaine, en vue d’amoindrir son utilisation de coke de pétrole, seul combustible utilisé dans la cimenterie gaspésienne.

Nous savons qu’en Gaspésie il y a beaucoup de biomasse disponible et même si nous devons analyser la situation de façon plus poussée, nous croyons que c’est une façon d’atteindre nos objectifs de carboneutralité d’ici 2050.

Une citation de :Filiberto Ruiz, président-directeur général de Votorantim Cimentos Amérique du Nord
Une photo prise de près de nombreux copeaux de bois dans une scierie.

Les anciens exploitants de Ciment McInnis avaient fait part de leur volonté d'utiliser la biomasse forestière, sans toutefois passer de la parole aux actes (archives).

Photo : Radio-Canada / Nelly Albérola

Déchets domestiques

L’entreprise souhaite développer le concept d’économie circulaire dans la région où Ciment McInnis est installée . Appelé à donner des exemples concrets, le PDG de la section nord-américaine soutient qu’il est possible de détourner des sites d’enfouissement certains déchets domestiques non recyclables et d’en faire une source d’énergie pour la production de ciment.

Nous produisons beaucoup de déchets, comme des emballages ou du plastique. Nous pourrions les utiliser comme source d'énergie, plutôt que les enfouir, parce que l'enfouissement des déchets produit du méthane qui est plus dangereux que le CO2, croit Filiberto Ruiz.

On pourrait utiliser des déchets domestiques et les convertir en essence pour alimenter la cimenterie, sans produire de déchets dangereux ou de pollution pour l’environnement

Une citation de :Filiberto Ruiz, président-directeur général de Votorantim Cimentos Amérique du Nord
Une pelle mécanique ajoute des déchets dans un camion.

Votorantim Cimentos ne ferme pas la porte à l'utilisation des déchets domestiques comme source d'énergie (archives).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Questionné sur la possibilité d’incinérer des déchets industriels, puisque Votorantim possède une filiale spécialisée dans le domaine, M. Ruiz indique que l’option n’est pas envisagée pour l’instant en Gaspésie.

Actuellement, l'actionnaire majoritaire ne dispose pas d'un échéancier précis pour diminuer son utilisation de coke de pétrole dans la cimenterie gaspésienne. L'entreprise précise qu’aucune décision n'a été prise et qu’une évaluation approfondie devra été réalisée et partagée de manière ouverte et transparente avec la communauté entourant l'usine.

Le PDG de Votorantim Cimentos renchérit toutefois en ajoutant que des dizaines de millions de dollars seront investis dans l’usine de Port-Daniel-Gascons d’ici cinq ans.

Une volonté de transparence

Votorantim Cimentos prévoit mettre en place une ligne éthique au cours des prochaines semaines, pour entendre les préoccupations citoyennes en lien avec l’usine.

Cette ligne permet aux citoyens de signaler, par téléphone ou courriel, leurs préoccupations de façon confidentielle, explique Filiberto Ruiz. Nous allons avoir une structure indépendante de l’usine qui va gérer ça pour faire les suivis et poser des actions lorsque nécessaires.

L’entreprise ne ferme pas la porte à diffuser, en temps réel, les données sur la qualité de l’air à son usine de Port-Daniel-Gascons. Le groupe Environnement Vert Plus réclame l'accès à ces informations depuis plusieurs années.

De façon générale, nous sommes ouverts à partager les performances de nos usines, affirme le PDG de Votorantim Cimentos Amérique du Nord. Il y a des endroits où nous les diffusions en temps réels. Je dois analyser ce qui a été fait à Port-Daniel-Gascons.

Votorantim Cimentos a également fait part de sa volonté de maintenir les comités de suivi déjà en place, incluant celui sur l’environnement. Des citoyens, des élus et des représentants de différents organismes gaspésiens sont membres de ses comités.

Appelé à commenter les rejets de poussières qui ont souillé les propriétés voisines de la cimenterie l'été dernier, Filiberto Ruiz a mentionné ne pas être au fait des événements. Je vais investiguer, car je crois que nous pouvons opérer de la bonne façon notre usine, comme nous le faisons ailleurs, a-t-il ajouté.

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