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Commission Laurent : un rapport très attendu sur la protection de la jeunesse

Régine Laurent, assise durant une conférence de presse.

Régine Laurent, présidente de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

C'est aujourd'hui que la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse dépose son rapport final. Elle avait été mise en place par le gouvernement de François Legault quelques semaines après la mort tragique d'une fillette de 7 ans à Granby, le 30 avril 2019, un drame qui avait choqué et bouleversé le Québec.

La Commission s'est vue confier le mandat d'enquêter sur le système québécois de protection de la jeunesse et de faire des recommandations au gouvernement en vue de réformer la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) et d'améliorer ses services.

C'est désolant d'être obligé d'être ici aujourd'hui. Ces paroles sont celles prononcées par la présidente de la commission, Régine Laurent, à l'ouverture des travaux, en octobre 2019.

C'est désolant, parce que, comme société, on a failli à notre principale responsabilité : celle de protéger nos enfants les plus vulnérables, avait-elle ajouté. Être ici aujourd'hui, c'est un constat d'échec. Mais il faut le faire. C'est une obligation. C'est un devoir.

Depuis le début de ses audiences, la commission Laurent a entendu plus de 300 témoignages dont ceux, émouvants, de jeunes adultes qui ont passé une grande partie de leur jeunesse dans le réseau de la DPJ.

Plus de prévention nécessaire

Des recommandations ont été formulées en cours de mandat, dont plusieurs visent à faire davantage de prévention.

La commission Laurent a proposé de rendre plus accessible un programme destiné à accompagner les adolescents dans leur passage vers la vie adulte.

La commission a recommandé également de créer une direction nationale de la DPJ pour permettre de remplir l'obligation de rendre des comptes et de revoir les pratiques dans le milieu.

Un jeune assis sur le sol.

La commission Laurent a amorcé ses travaux le 22 octobre 2019.

Photo : iStock / Katarzyna Bialasiewicz

Une directrice nationale

Québec y a donné suite à la mi-mars 2021, en nommant une première directrice nationale de la protection de la jeunesse, Catherine Lemay. Elle a la responsabilité de mettre en œuvre des recommandations du rapport final de la commission Laurent.

En entrevue sur les ondes de Radio-Canada en mars, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant a répété que le rapport ne se retrouverait pas sur une tablette et qu'il prévoyait revoir la Loi sur la protection de la jeunesse entrée en vigueur en 1979.

Elle [la loi] n'a pas évolué depuis 40 ans. En fait, on a déjà amorcé les travaux pour regarder des changements à la Loi sur la protection de la jeunesse. On attend le rapport pour évidemment faire le travail de façon complète, et nous, on s'attend à rouvrir la loi cet automne.

Une citation de :Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux

Rapport attendu sur la DPJ

Le bien-être de l'enfant avant tout

Québec pourrait ainsi revoir la notion de primauté parentale pour s'assurer que ce soit le bien-être de l'enfant qui ait préséance lors de sa prise en charge par la protection de la jeunesse.

Mais selon Valérie Assouline, avocate spécialisée en droit de la jeunesse, le problème se trouve plutôt dans la culture de la DPJ.

J'espère qu'il y aura moins de judiciarisation, plus de médiation. Vraiment, c'est humaniser la DPJ, enlever cette bureaucratie qui domine encore aujourd’hui.

Une citation de :Me Valérie Assouline

Le syndicat qui représente les employés de la DPJ, l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), souhaite des mesures qui miseront sur la prévention.

Renforcer les services en première ligne ça veut dire de garder tous les enfants avec des services de proximité, avec une prise en charge rapide, donc une panoplie de services qu'on peut retrouver dans les milieux scolaires, dans les organismes communautaires, auprès des CLSC donc vraiment [...] ne pas attendre qu’une situation s’aggrave, explique la présidente Andrée Poirier.

Les signalements en hausse

Au cours de l’année 2019-2020, la DPJ a reçu 118 316 signalements, une hausse de 12 % par rapport à l’année précédente.

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