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Une crise du logement? Les avis des propriétaires et de Valérie Plante divergent

Pancarte de logement à louer sur un balcon.

Selon la SCHL, à la fin de l’année 2020, le taux de vacance des logements était de 2,7 % à Montréal. D'après la CORPIQ, il est de 4,7 % pour les logements locatifs à l'heure actuelle.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Le ton monte entre l’administration de la mairesse Valérie Plante et la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) qui maintient qu’il n’y a aucune crise du logement actuellement à Montréal.

Pour la mairesse Plante, qui réagissait vendredi à une lettre ouverte de la CORPIQ l'accusant de créer de toute pièce une crise du logement à Montréal, la Corporation des propriétaires est déconnectée de la réalité en refusant de reconnaître un état de fait qui dure depuis des mois maintenant à Montréal.

La CORPIQ ne saisit pas que l'abordabilité, c'est un levier économique. Présentement, il y a 50 % des ménages dans le centre-ville de Montréal qui paient plus de 30 % de leur revenu annuel pour se loger.

Une citation de :Valérie Plante, mairesse de Montréal

Mme Plante ajoute qu’étant elle-même propriétaire, elle ne se reconnaît pas du tout dans le discours de la CORPIQ.

La Corporation des propriétaires, de son côté, accuse la mairesse d’avoir inventé cette crise du logement, en collaboration avec Québec solidaire et des groupes militants, dans le but de mobiliser son électorat à l’approche des élections municipales de l’automne.

On n'est pas dans une crise du logement, on est dans une campagne électorale, visiblement.

Une citation de :Hans Brouillette, porte-parole de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec

D'après la CORPIQ, le taux d'inoccupation actuel des logements locatifs sur l’île de Montréal est de 4,7 %, ce qui est loin, selon elle, d’une crise du logement.

Or, ce n’est qu’à partir de 3 % que le marché passe à l’avantage des propriétaires, d'après la CORPIQ qui ajoute que l’on construit beaucoup de logements actuellement à Montréal, ce qui aurait un effet régulateur sur les loyers.

Selon les données de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, à la fin de l’année 2020, le taux de vacance des logements était de 2,7 % à Montréal.

S’il manque de logements, explique M. Brouillette, c’est parce qu'il y a plus d'emplois, parce qu'il y a plus d'activité économique, la vie reprend et l'aide gouvernementale a aidé beaucoup.

Il s’agit même d’un beau problème, selon le porte-parole de la CORPIQ, qui souligne par ailleurs que sur une plus longue période, le revenu net des locataires a augmenté plus vite que les loyers.

Or, tout comme la mairesse Plante, le député de Québec solidaire Andrés Fontecilla croit lui aussi qu’une crise du logement abordable sévit actuellement à Montréal, quoi qu’en pensent la CORPIQ et le premier ministre François Legault, qui refusait lui aussi mercredi de reconnaître l’existence d’une telle crise dans la métropole.

Données temporaires

Une femme retire une pancarte « logement à louer » sur un immeuble.

L'accessibilité à des logements à prix abordable devient une question de plus en plus préoccupante pour les locataires montréalais.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Selon Québec solidaire, les données avancées par la CORPIQ sur le taux de vacance des logements ne sont que temporaires, en raison de la diminution de l'immigration et de la pandémie qui fait que des étudiants n’ont pas loué de logement au cours de la dernière année. Qui plus est, les logements qui se construisent actuellement à Montréal sont rarement à des prix abordables, fait-on remarquer.

Nous, tout ce que nous faisons, c'est d'affirmer que cette crise-là existe, mettre en lumière la souffrance, la détresse que cela suscite chez des milliers de ménages, ajoute Andrés Fontecilla.

Pour atténuer les effets de la flambée actuelle du prix des loyers, son parti demande au gouvernement d’imposer une taxe sur la spéculation immobilière pour ralentir la spirale inflationniste du marché.

Québec solidaire propose aussi de taxer les gains en capital réalisés sur des transactions qui ont lieu moins de cinq ans après l'achat d’un immeuble d’habitation. La mesure ne s’appliquerait cependant pas aux petits propriétaires occupants.

Des mesures que rejette la CORPIQ, en martelant que la seule crise du logement qui existe actuellement est celle que la gauche tente de créer en demandant aux locataires de ne pas déménager et de rester dans leur logement actuel.

Pour Québec solidaire, ce n’est pas la gauche qui crée la crise du logement, mais bien les spéculateurs immobiliers.

Rappelons qu’en vertu du règlement adopté par l’administration municipale au début d'avril, des quotas de logements abordables et familiaux seront désormais imposés aux promoteurs de nouveaux projets d’habitation à Montréal.

Avec les informations de Diane Gonzalez et Mathieu Prost

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