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Pandémie : la pénurie de vétérinaires s’est accentuée en Abitibi-Témiscamingue

Un vétérinaire portant des gants chirurgicaux ausculte un chat.

De longs délais sont à prévoir pour la vaccination et la stérilisation, notamment. (archives)

Photo : getty images/istockphoto / Dina Damotseva

Le milieu de la médecine vétérinaire est frappé par une pénurie de main-d'œuvre et l’Abitibi-Témiscamingue n’est particulièrement pas épargnée par ce manque de spécialistes.

Certains vétérinaires n’acceptent plus de clients sur leur liste d’attente déjà bien remplie et les délais pour obtenir un rendez-vous pour une stérilisation sont excessivement longs.

Nathalie Goulet est propriétaire de trois chiens. À sa grande surprise, elle devra patienter encore plusieurs mois avant de faire stériliser sa dernière chienne, née l’automne dernier.

J’ai rappelé cette semaine et il y a encore 50 personnes devant moi et ça n’ira probablement pas avant octobre ou novembre, déplore-t-elle.

Nathalie Goulet ne croit pas que ces délais vont décourager l’adoption d’animaux. Elle s’attend davantage à d’autres effets indésirables.

Une femme tient deux bébés chihuahua dans ses mains et un sur ses cuisses.

Nathalie Goulet et ses trois chiens.

Photo : gracieuseté

Je pense plutôt que ça va décourager les gens à faire stériliser leurs animaux, croit-elle, ajoutant que la fertilité des animaux peut leur apporter des problèmes de santé, à long terme.

La vétérinaire à la Clinique vétérinaire Boréale de Val-d’Or Sandrine Pelletier est bien au fait de cette pandémie.

Les chattes, par exemple, nous n'en prendrons pas d’autres jusqu’à nouvel ordre, nous en avons déjà des centaines, ça ne servirait à rien d’en ajouter d’autres, confirme-t-elle.

Sandrine Pelletier croit que la pénurie de main-d'œuvre a été accentuée durant la pandémie.

Les gens ont adopté davantage d’animaux, donc la demande est plus grande à ce niveau, analyse celle qui est la seule vétérinaire de sa clinique.

Sandrine Pelletier souligne que les appels ne sont pas uniquement nombreux pour la stérilisation, mais également pour la vaccination et pour tous les types de prévention. Le nombre d’appels par jour est très élevé, statue-t-elle.

Les propriétaires doivent être prévoyants

La recommandation de cette vétérinaire valdorienne est d’être très prévoyante. Ils doivent appeler pour avoir un rendez-vous quand leur animal est très jeune. Il ne faut pas attendre que l’animal soit rendu à l’âge d’être stérilisé, prévient-elle.

Une vétérinaire tient un chien sur une table d'observation, souriant à la caméra.

Sandrine Pelletier, vétérinaire à la clinique Boréale

Photo : gracieuseté

Ce que j’apprécie le plus est quand les gens ont le projet d’avoir un animal de compagnie et qu’ils appellent pour s’informer des délais, des disponibilités et des coûts. Quand on le sait plusieurs mois à l’avance, on n’est pas toujours capable, mais on est souvent capable, ajoute-t-elle.

Cela dit, lorsqu’il y a des urgences, elle affirme essayer du mieux qu’elle peut de s’occuper d’animaux blessés ou malades pour ne pas laisser souffrir les bêtes inutilement.

L’OMVQ propose de la télémédecine

Cette situation est connue des vétérinaires et l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec (OMVQ) entend trouver des solutions.

Des formations en télémédecine ont déjà été données, explique le président, Gaston Rioux.

La télémédecine doit se faire sur la base d’une relation vétérinaire-client préétablie, comme le renouvellement des prescriptions ou encore pour des examens à distance mineurs. C’est une façon de filtrer des cas et de donner des conseils, exprime-t-il.

L’OMVQ entend aussi analyser la possibilité d’augmenter les actes délégués vers les techniciens en santé animale.

Le président estime aussi que l’on pourrait ajuster le nombre d'étudiants qui sont admis à la faculté de médecine vétérinaire.

Enfin, Gaétan Rioux et son équipe ont aussi remarqué un bémol au niveau de la rétention entre les vétérinaires comptant entre 5 et 15 ans d’expérience.

Ils quittent la profession ou le domaine d’exercice pour aller à l’Agence canadienne d’inspection des aliments, au MAPAQ ou en enseignement. Est-ce la rémunération, les conditions de travail, ce sont des problématiques que nous allons examiner dans les prochains temps.

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