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COVID-19 : l’industrie du homard sur le qui-vive

À pareille date l’an dernier, les trois provinces maritimes ne recensaient que quatre nouveaux cas de COVID-19. Cette année, la Nouvelle-Écosse est aux prises avec une éclosion record.

Les bateaux de pêche au homard à quai, devant des paniers de homards.

Les conditions météorologiques ont retardé l'ouverture de la saison de pêche au homard qui devait initialement commencer le 30 avril.

Photo : Pierre A. Richard

Radio-Canada

La saison de pêche au homard s'ouvre cette semaine sous le signe de l'inquiétude. Une éclosion sur un bateau ou, pire, dans une usine de transformation serait catastrophique pour une industrie à la santé déjà précaire.

Tout est calme au quai de Baie-Sainte-Anne. Les casiers de homards sont empilés, prêts à être embarqués sur les bateaux de pêche.

Tout en achevant les derniers préparatifs, les pêcheurs surveillent le nombre de cas de COVID-19 qui fluctue au Nouveau-Brunswick. Ils sont également préoccupés par ceux de la province voisine. Ils regardent les chiffres, tous les jours, qui progressent, et puis qui changent, surtout du côté de la Nouvelle-Écosse, confie Martin Mallet, président de l’Union des pêcheurs des Maritimes.

Quatre membres d'un équipage de bateau, photographiés de dos, installent une pièce métallique.

Le Nouveau-Brunswick compte 44 installations de transformation de homard en activité.

Photo : Pierre A. Richard

La distanciation physique est impossible à respecter sur les bateaux. Les équipages forment donc des bulles. Un concept impossible à respecter dans les usines de transformation des produits de la mer, où des centaines de personnes travaillent les unes à côté des autres.

Si l’on a une éclosion qui met en arrêt de production une usine pour deux semaines, ce serait catastrophique. Ce n'est pas une exagération de le dire.

Une citation de :Nat Richard, porte-parole de l'Association des transformateurs de homard

Des millions investis pour prévenir une éclosion

Si une éclosion devait survenir dans une usine, c’est toute l’industrie qui écoperait. L'enjeu est majeur. Les producteurs de porcs et de bovins, au Québec et en Alberta, peuvent en témoigner. De telles éclosions ont paralysé leurs industries.

Équipement de protection individuelle, panneaux de plexiglas, scanneurs thermiques, des millions de dollars ont été investis, selon Nat Richard. Il ajoute que des entreprises ont aussi complètement modernisé leur système de ventilation pour réduire les risques.

Vacciner les travailleurs?

L’usine de viande Cargill, en Alberta, a récemment commencé à offrir le vaccin à ses 15 000 employés. C’est à High River qu’a eu lieu la plus importante éclosion de COVID-19 en milieu de travail du pays.

Au Nouveau-Brunswick, l’Association des transformateurs de homard a aussi plaidé pour vacciner les travailleurs de son secteur. Malheureusement, on n'a pas réussi à convaincre le gouvernement de l'importance de ça, déplore M. Richard.

Plusieurs travailleurs coiffés de bonnets dans une usine de transformation des produits de la mer.

Une usine de transformation des produits de la mer au Nouveau-Brunswick

Photo : Radio-Canada

Malgré les pressions, le gouvernement Higgs a priorisé la vaccination basée sur l’âge. Son objectif demeure d’offrir une première dose du vaccin à tous les Néo-Brunswickois d’ici la fin juin, ce qui coïncidera avec la fin de la saison de pêche au homard.

Assurance-emploi compromise?

Plusieurs variants ont été détectés dans les Maritimes. Les travailleurs d’usine ont une autre inquiétude : en cas d’éclosion et de fermeture temporaire, ils craignent de ne pas avoir accumulé suffisamment d’heures pour toucher l’assurance-emploi.

Les gens ici ne peuvent pas se permettre de perdre une heure de travail aux usines de poissons, explique Fernand Thibodeau, porte-parole du comité Aide et soutien aux travailleurs et travailleuses des secteurs saisonniers.

La saison de pêche au homard dure normalement 60 jours.

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