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Les marchés fermiers s’installent pour la saison estivale

Des gens qui circulent dans un marché.

Les marchés fermiers ouvrent petit à petit dans la province en veillant à ce que les visiteurs respectent les mesures sanitaires en vigueur.

Photo : Geneviève Blanchet

Les fermiers et artisans de la Colombie-Britannique amorcent leur saison estivale dans un climat d’incertitude avec des clients qui demeurent hésitants en raison des mesures sanitaires liées à la pandémie.

Le premier week-end du mois de mai marque le début de la saison estivale des marchés fermiers. Les agriculteurs et commerçants s’attendent à vivre plus ou moins une expérience similaire à celle de l’année passée. En effet, le contexte sanitaire n’a pas changé.

Des mesures sanitaires jugées sévères

Geneviève Blanchet, la propriétaire de l’entreprise de confitures et marmelades Le Meadow's Pantry, remarque des règles de plus en plus strictes dans les marchés de Vancouver, où elle vend ses produits hiver comme été.

Les mises en place pour les restrictions sont tellement sévères. Elles sont beaucoup plus sévères au marché que dans n'importe quel magasin en fait.

Une citation de :Geneviève Blanchet, commerçante

Parmi ces mesures, la commerçante cite le respect de la distanciation entre chaque vendeur avec des barrières physiques.

On fait des zones plus petites pour que le marché ne soit pas si grand, etc. On a eu des réactions un peu mixtes de la part des vendeurs et des clients qui disaient que c’était un peu extrême. Ces nouvelles mesures sont un peu controversées, relève la productrice de confitures.

Un stand de confitures à l'extérieur.

Geneviève Blanchet vend ses confitures et marmelades aux différents marchés fermiers de Vancouver tout au long de l'année.

Photo : Geneviève Blanchet

Dans son plan de réponse à la COVID-19, l’organisation des marchés fermiers de Vancouver précise que les espaces sont configurés de manière à ce que les clients se déplacent dans une seule direction, ne soient pas trop près des étales et que des affiches sont présentes pour mieux les guider.

Par ailleurs, chaque allée et venue est contrôlée pour s’assurer qu’il y ait un nombre limité de gens. Les personnes âgées de plus de 65 ans, les visiteurs à mobilité réduite et tout visiteur vulnérable au coronavirus peuvent faire leurs emplettes durant la première demi-heure de l’ouverture du marché, car cette plage horaire leur est réservée.

Cependant, les précautions commencent dès la ferme. Paige Dampier de la Glen Valley Organic Farm Co-op travaille avec environ une quinzaine de personnes.

Leur plan COVID-19 mandaté par WorkSafeBC est aujourd’hui bien rodé. N’empêche, il faut redoubler d’efforts et de vigilance, en particulier lors du nettoyage des légumes, explique-t-elle.

Une clientèle un peu frileuse

Les nombreuses mesures sanitaires ainsi que la recrudescence de cas d’infections rebutent toutefois beaucoup de clients, constatent les maraîchers.

Aller faire les courses au marché, ça se fait à pied, car on stationne la voiture un peu plus loin. Donc si la météo n’est pas clémente, l’attente devient plus longue, souligne Geneviève Blanchet. Ce qui dissuade parfois le client.

C’est beaucoup plus difficile de faire les courses au marché, mais en même temps, c’est beaucoup plus sécuritaire puisqu’on est à l’extérieur.

Une citation de :Geneviève Blanchet, commerçante

De plus, elle note une hésitation à dépenser, qui s’explique notamment par le fait que les gens sont un peu fatigués, inquiets. Ils ont fait d’énormes réserves l’année dernière, rappelle Mme Blanchet. Mais je crois quand même qu’on va avoir un bel été, relativise-t-elle.

Ces mesures sanitaires, bien qu’on s’y habitue, ont une incidence indéniable sur les recettes, remarquent aussi les commerçants. La propriétaire du Meadow's Pantry dit connaître des fermiers qui ont perdu jusqu’à 50 % de leur chiffre d’affaires.

Une fleuriste vend des jonquilles.

Depuis la fin de mars, la vente d'articles non alimentaire est de nouveau autorisée dans les marchés fermiers de la Colombie-Britannique.

Photo : Geneviève Blanchet

Une incidence sur la diversité et le prix des marchandises

Pour Paige Dampier, le printemps particulièrement froid a été un défi majeur pour la récolte de cette année. Ce sera aussi ressenti dans le panier de la ménagère.

Les personnes qui vont au marché ce week-end ou la semaine prochaine vont trouver que les choses qu'ils pouvaient acheter l'année passée ne sont pas encore là, prévient-elle. Les étales contiendront beaucoup de légumes verts, différentes sortes de salades par exemple.

Elle espère proposer une sélection un peu plus colorée en juin lorsque son mari et elle vendront leurs produits au marché, mais elle sait déjà que leurs clients qui commandent des paniers fermiers devront être patients aussi.

Geneviève Blanchet ne subit pas nécessairement les effets du mauvais temps. Néanmoins, elle ne doute pas que la conjoncture sanitaire aura des répercussions sur le portefeuille des consommateurs.

Des carottes fraîchement cueillies.

Les carottes prendront un peu plus de temps à pousser cette année à cause du printemps plus froid, remarque une fermière de la vallée du Fraser.

Photo : Radio-Canada / Maggie MacPherson (CBC)

C’est sans arrêt, à chaque fois que je commande de nouveaux pots, ah tiens les prix ont augmenté. Les fruits augmentent sans arrêt. [...] Si j’augmente trop mes prix, le consommateur lui ne peut plus acheter.

Une citation de :Geneviève Blanchet, commerçante

Cependant, se désole-t-elle, d’un côté on ne veut pas trop augmenter, mais en même temps, c’est nous qui devons [payer] toutes les factures.

Pour ce qui est du prix des produits, il ne faut pas s'attendre qu’il baisse, reconnaît Mme Dampier. Les fruits et légumes coûteront aussi cher que l’année dernière. Un prix élevé tributaire aussi du salaire minimum en Colombie-Britannique qui passera de 14,60 $ à 15,20 $ de l'heure au 1er juin, ajoute-t-elle.

Une vision à long terme

Avec une deuxième année de marchés fermiers en pleine pandémie, les perspectives changent aussi. D’autant que la demande pour des produits locaux est en croissance, souligne la fermière de l’agriculture biologique, et qu’elle possède une équipe qui va s’assurer que la récolte sera bonne.

C’est sûr qu’il va y avoir assez de demandes. Et ça nous aide à penser un peu plus grand.

Une citation de :Paige Dampier, fermière

Quand on pense à l’année prochaine, on pense à quelle sorte d’investissements on peut faire maintenant pour cultiver un peu plus de légumes l’année prochaine, explique Paige Dampie. C'est, selon elle, l'un des points positifs qui ressortent de cette crise sanitaire.

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