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Marc Keelan-Bishop : dessiner pour mobiliser

L'illustrateur franco-ontarien Marc Keelan-Bishop

Marc Keelan-Bishop travaille à son compte depuis une vingtaine d'années comme illustrateur.

Photo : Radio-Canada / Dean Gariepy

Marc Keelan-Bishop lançait son premier projet entrepreneurial à l’âge de six ans : le natif de London, en Ontario, créait à l’époque des pancartes pour la vente de hot dogs. Il ne s’était pas imaginé que ses illustrations deviendraient son gagne-pain quelque 20 ans plus tard.

Le Franco-Ontarien, qui craignait ne pas pouvoir gagner sa vie en tant qu’illustrateur, a étudié le journalisme à la Cité collégiale d’Ottawa. Il a ensuite travaillé à Toronto aux chaînes de télévision ontariennes TFO et TVO comme recherchiste et directeur créatif.

C'était finalement une très bonne façon pour moi de mélanger ma passion pour dessiner que j'ai toujours eue avec ma passion pour conter une histoire.

Une citation de :Marc Keelan-Bishop, illustrateur pigiste

Après quelques années à l’étranger, il revient en Ontario s’établir dans le comté de Prince Edward. En 1999, il fonde sa boîte de production, Idéomedia, qui deviendra éventuellement Marc Keelan-Bishop Illustration.

Je travaille tout seul dans un très petit studio dans ma maison, ici à la campagne. J'aime beaucoup travailler seul et travailler à des heures pas très spécifiques, donc ça me va bien, affirme l’entrepreneur.

Militant franco-ontarien

Au fil des années, les illustrations de Marc Keelan-Bishop sont devenues emblématiques de la francophonie ontarienne – et même canadienne.

L’image du poing levé devant un drapeau franco-ontarien avait marqué les manifestations contre les coupes du gouvernement Ford en décembre 2018.

Dessin du drapeau franco-ontarien avec au centre un poing levé comme un signe de résistance.

Cette illustration est devenue un symbole du mouvement de résistance organisé par l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario.

Photo : Marc Keelan-Bishop

Il avait aussi créé une série d’affiches à l'occasion du 400e anniversaire du fait français en Ontario pour mettre de l'avant des héros de la communauté franco-ontarienne. La ressource pédagogique est disponible dans de nombreuses écoles à l’échelle de la province.

Ma façon de faire partie de ma communauté, c'est souvent de créer quelque chose et de le partager sur les médias sociaux, souligne l’artiste de 46 ans, qui se qualifie de militant franco-ontarien.

Lorsque la pandémie a frappé, les ventes et les contrats se sont faits plus rares. Il a dû annuler des ateliers qu’il avait prévus dans les écoles ou adapter sa présentation en format virtuel.

Mais de nouveaux projets sont nés au cours de cette année de crise sanitaire. Il s’est associé à Éduco Entrepôt Canada pour conceptualiser des masques franco-ontariens, devenus si populaires que l’entreprise de la région torontoise peinait à combler la demande.

Des masques franco-ontariens, certains avec des dessins de trilles et des fleurs de lys.

L'entreprise Éduco Entrepôt Canada d'Aurora, au nord de Toronto, a vendu des milliers de masques franco-ontariens réutilisables arborant des illustrations de Marc Keelan-Bishop.

Photo : Daniel Niesing

L’un des masques les plus vendus affichait le slogan Je cache ma bouche mais pas ma langue sur un fond vert.

On voulait niaiser un peu mais aussi inspirer les gens.

Une citation de :Marc Keelan-Bishop, illustrateur pigiste

Pour nous en particulier, qui avons déjà tellement de difficulté à protéger notre langue, le risque de perdre un peu d'avance sur notre développement de francisation en Ontario, c'est un grand risque, affirme-t-il.

Les affiches, une passion rentable

Depuis longtemps, Marc Keelan-Bishop collectionne des affiches de propagande et des pancartes d’époque, qui inspirent son art.

Autant que quand je fais du contenu pour le web, c'est vraiment ça qui est partagé le plus et qui peut devenir viral, pour moi, les affiches, c'est spécial parce qu'on peut les imprimer, ça décore les maisons des gens, dit-il.

Il produit notamment des affiches du comté de Prince Edward, qui sont prisées par les touristes et beaucoup plus rentables que des œuvres faites à la main. Tu peux en vendre pour pas beaucoup d'argent à beaucoup de gens, plutôt que de vendre pour beaucoup d'argent à une personne, explique l’illustrateur.

Une affiche de Hillier dans le comté de Prince Edward.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cette affiche présente la communauté de Hillier, dans le comté de Prince Edward, bien connue pour ses vignobles et son terroir unique.

Photo : Marc Keelan-Bishop

L’époque de l’illustrateur

Autant qu’il craignait le cliché du pauvre artiste lorsqu’il était plus jeune, il voit ce choix de carrière d’un tout autre œil maintenant.

Les illustrateurs sont sollicités dans pratiquement tous les secteurs, souligne-t-il. L’industrie des jeux vidéo, par exemple, est devenue plus importante que celles du cinéma et la musique combinées sur le plan des revenus, selon une récente analyse de la firme Accenture.

C'est l'époque de l'illustrateur, sauf que les gens ne savent pas nécessairement où ces illustrateurs travaillent.

Une citation de :Marc Keelan-Bishop

En plus de ses affiches, ses infographies et ses projets en francophonie, les illustrations de Marc Keelan-Bishop figurent dans des livres, des revues et des jeux vidéo.

Une affiche de Rednersville dans une forêt d'érables.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Il est possible d'aller déguster de la tire d'érable à Rednersville, dans le nord du comté de Prince Edward.

Photo : Marc Keelan-Bishop

On est aussi embauché pour faire des affaires non traditionnelles. Je suis présentement en train d'illustrer un plan stratégique pour une université, dit-il.

Parmi sa brochette de clients les plus récents, il compte les Producteurs laitiers du Canada, la Ville d’Ottawa, l’hôpital SickKids de Toronto, Canadian Parents for French et le diffuseur public anglais CBC.

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