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Traitement des troubles alimentaires : une jeune femme témoigne de ses difficultés

Rachel MacKay.

Rachel MacKay estime qu'elle a maîtrisé son trouble alimentaire, mais qu'elle ne croit pas qu'elle en sera définitivement guérie un jour.

Photo : Courtoisie de Rachel MacKay

Radio-Canada

La directrice médicale d’un service de santé mentale pour les jeunes à Charlottetown espère que des changements effectués récemment feront en sorte que la mésaventure connue par une jeune souffrant d’un trouble alimentaire ne se répétera pas.

La jeune Rachel MacKay, 18 ans, a commencé à vouloir perdre du poids à l’âge de 14 ans.

Elle dit avoir alors adopté un régime santé et entrepris de faire de l’exercice pour maigrir un peu, parce qu’elle avait toujours senti qu’elle avait un problème de surpoids.

Lorsqu’elle a atteint son objectif, son poids indiqué sur le pèse-personne lui semblait encore trop élevé et elle a poursuivi ses efforts.

Au fur et à mesure que son trouble progressait, explique-t-elle, une voix de plus en plus pressante dans sa tête lui disait de ne pas manger. Elle cuisinait un plat, mais ne faisait que le humer. Elle faisait de l’exercice de façon obsessive.

Elle a commencé à éprouver de la difficulté à se concentrer sur ses travaux scolaires et à perdre ses cheveux.

Un jour, elle a perdu connaissance lors d’un cours d’éducation physique.

Un appel à l’aide

Puis, un jour, en voyant un bol de crème glacée servi par ses parents, Rachel MacKay s’est effondrée. Elle leur a dit qu’elle avait trop peur d'en manger, qu’elle ne pouvait pas en manger, qu’une voix dans sa tête lui ordonnait de ne pas en manger.

Un bol de crème glacée à la vanille sur une table.

Un bol de crème glacée a fait tout basculer pour Rachel MacKay (archives).

Photo : iStock

Les parents et leur fille ont consulté son pédiatre qui lui a conseillé de consulter le service communautaire de santé mentale.

L’expérience s’est révélée frustrante pour Rachel MacKay. Cette thérapie ne l’a pas aidée du tout, dit-elle, parce que la personne qui tentait de la soigner n’avait pas d’expérience en matière de soins d’une adolescente souffrant d’un trouble alimentaire.

Ses parents ont fini par trouver un thérapeute chevronné qui exerçait en pratique privée et qui a pu l’aider.

Des changements au Centre Richmond

La Dre Jacqueline Roche, psychologue clinicienne, dirige l’équipe de soins de santé mentale pour enfants au Centre Richmond, à Charlottetown. Les troubles alimentaires constituent l’un de ses champs de compétences et elle dit avoir été attristée d’apprendre l’expérience vécue par Rachel MacKay.

Il n’est jamais facile d’entendre que quelqu’un a connu de la difficulté ou une expérience non serviable, souligne la Dre Roche.

Jacqueline Roche exerce ses fonctions au Centre Richmond depuis deux ans. Elle dit croire qu’une réorganisation effectuée depuis ce moment fait en sorte qu’une expérience comme celle de la jeune Rachel MacKay est moins susceptible de se reproduire.

La spécialisation nécessaire pour établir des diagnostics dans des domaines particuliers est une question délicate dans une petite province comme l’Île-du-Prince-Édouard, souligne la Dre Roche.

Au cours des deux dernières années, explique-t-elle, les thérapeutes ont concentré leurs efforts respectifs de perfectionnement professionnel dans des domaines distincts, parce que personne ne peut être expert dans tous les domaines.

Le Centre Richmond dispose maintenant de l’expertise pour soigner les troubles alimentaires par diverses méthodes, selon la Dre Roche.

Il est aussi plus facile d’y obtenir des services, car il n’est plus nécessaire d’avoir pour cela une recommandation d’un médecin. Tout adolescent capable de comprendre les options de traitement peut s’y présenter pour demander de l’aide, et ce, sans la permission de ses parents.

Une difficulté pour la vie

Rachel MacKay ajoute qu’elle se sent mieux maintenant. Elle croit cependant que son alimentation sera toujours problématique et qu'elle devra y porter attention toute sa vie.

Elle affirme que la petite voix dans sa tête va toujours lui suggérer de ne pas manger ceci ou cela. Cette voix est simplement plus discrète à l’heure actuelle et elle est capable de la faire taire un jour à la fois.

Avec les renseignements de Kevin Yarr, de CBC

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