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Québec reconnaît avoir eu des données incomplètes en immigration

Le ministère provincial de l'Immigration évoquait un inventaire de dossiers non traités deux fois moins élevé. La faute, jure Québec, à un portrait incomplet fourni par Ottawa.

Une femme et deux hommes marchent. Les trois portent des masques.

Nadine Girault, ministre de l'Immigration du gouvernement de François Legault, avait remis en question les délais de traitement des travailleurs qualifiés souhaitant s'installer au Québec.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Tout est de la faute du gouvernement fédéral, clame-t-on, en substance, du côté de l'équipe de la ministre de l'Immigration, Nadine Girault.

Jeudi, Radio-Canada indiquait qu'un nombre record de travailleurs qualifiés, déjà sélectionnés par le gouvernement du Québec, attend pour être admis dans la province, ce qui provoque une hausse des délais de traitement, estimée à 27 mois par Ottawa.

Selon des données fournies par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), responsable de cette étape, on parle de plus de 51 000 travailleurs qualifiés qui patientent pour obtenir leur résidence permanente. Cet inventaire a notamment explosé l'an passé, avec la pandémie et un traitement des dossiers fortement ralenti du côté d'Ottawa.

Ces chiffres avaient surpris le cabinet de la ministre de l'Immigration Nadine Girault, qui affirmait les ignorer. À Québec, on évoquait ces derniers jours des données nettement moins élevées, avec un inventaire de 25 000 personnes et des délais de traitement bien plus courts, de 13 mois.

Or, selon l'entourage de la ministre Girault, le gouvernement du Québec avait un portrait incomplet de la situation. Par courriel, le cabinet de la ministre assure n'avoir eu, de la part d'Ottawa, que le nombre provenant de l'inventaire de traitement, soit les personnes qui ont obtenu un accusé de réception.

L'inventaire de 51 000 travailleurs qualifiés comprend quant à lui l'ensemble des personnes qui sont en attente et qui ont déjà été sélectionnées par Québec, y compris ceux qui n'ont pas eu une confirmation d'ouverture de leur dossier ou ceux dont le dossier a été traité, mais qui n'ont pas encore été admis.

L'immigration, une responsabilité partagée

En raison d'un accord entre Québec et Ottawa, le gouvernement du Québec a le pouvoir de sélectionner ses propres immigrants dans la catégorie de l'immigration économique, qui comprend les travailleurs qualifiés. Il s'agit de la grande majorité des immigrants qui arrivent au Québec. Le ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration (MIFI) délivre un certificat de sélection du Québec. Puis le dossier est traité à Ottawa, qui effectue des vérifications médicales et de sécurité, avant de donner une résidence permanente et de permettre à ces personnes d'arriver au Québec, en fonction des seuils d'immigration fixés par Québec.

Vifs débats à l'Assemblée nationale

Ces différentes données ont fait l'objet, depuis plusieurs jours, de vifs débats à l'Assemblée nationale.

Jeudi, à l'Assemblée nationale, le ministre du Travail, Jean Boulet, a clamé que le délai de traitement de 27 mois, communiqué à Ottawa aux candidats à l'immigration, n'est pas fondé sur la réalité.

« Le délai, il est de 13 mois entre l'émission du certificat de sélection du Québec et l'admission à la résidence permanente. Le 27 mois auquel vous faites référence, il n'est pas fondé sur la réalité. »

— Une citation de  Jean Boulet, ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, le 29 avril

Il répondait alors au député libéral Monsef Derraji, qui déplorait l'échec caquiste en immigration.

La semaine passée, la ministre Nadine Girault, questionnée par les partis d'opposition, avait tenu des propos similaires, avant de s'attirer la colère de nombreux candidats à l'immigration, sur les réseaux sociaux.

Ici, les délais, actuellement, sont de 13 mois, avait-elle souligné le 21 avril. C'est sûr qu'on entend beaucoup d'autres chiffres, mais les chiffres ne sont pas nécessairement vrais.

Le gouvernement du Québec s'apprête cependant à revoir à la hausse ses seuils d'immigration. Un nouveau plan triennal sera déposé d'ici la fin de l'année.

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