•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'Ontario ouvre la porte à la reprise de certaines activités sportives à l'extérieur

Deux hommes jouent au basketball.

Nombre d'élus et d'experts pressent la province de permettre l'utilisation des installations sportives dans les parcs.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

Le chef de la santé publique de l'Ontario, le Dr David Williams, est prêt à réexaminer la question de l'utilisation des installations sportives dans les parcs et de la pratique des sports de groupe, alors que les appels se multiplient à ce sujet.

Le premier ministre Doug Ford a ordonné il y a deux semaines la fermeture de toutes les installations sportives et structures de jeux dans les parcs.

Devant le tollé populaire, M. Ford a fait marche arrière et autorisé l'ouverture des terrains de jeu pour les enfants, mais il demeure interdit d'utiliser les paniers de basketball, les buts de soccer et les terrains de tennis ou de baseball, sans parler des terrains de golf, qui sont fermés.

Nombre d'élus municipaux et d'experts en santé publique appellent le gouvernement à changer son fusil d'épaule. En point de presse, jeudi, le Dr Williams a ouvert la porte à une possible volte-face.

Je comprends votre frustration. J'espère recevoir plus de recommandations sur la pratique sécuritaire de certaines activités.

Une citation de :Le Dr David Williams, médecin hygiéniste en chef de l'Ontario

Le Dr Williams n'a pas précisé de quelles activités il parlait ni donné d'échéancier.

Le Dr David Williams en point de presse.

Le Dr David Williams, médecin hygiéniste en chef de l'Ontario

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Vendredi, la solliciteure générale Sylvia Jones a évoqué elle aussi la possibilité de permettre la reprise de certaines activités extérieures, comme le golf. Son bureau ajoute toutefois ceci : Aucune annonce ne sera faite prochainement, parce que l'ordre de rester à la maison demeure en vigueur [jusqu'au 20 mai].

Le Dr Williams a renvoyé la balle, jeudi, dans le camp des experts du Groupe pour le consensus en matière de modélisation et de conseils scientifiques, qui conseillent le gouvernement.

Pourtant, le Groupe a exprimé clairement sa position sur le sujet il y a plus d'une semaine en disant dans un rapport que l'interdiction d'utiliser les installations sportives dans les parcs ne va pas endiguer la COVID-19 et va pénaliser de façon disproportionnée les enfants et ceux qui n'ont pas accès à leur propre espace vert.

Assis à la même table que le Dr Williams en point de presse jeudi, le Dr Adalsteinn Brown, coprésident du groupe d'experts provincial et doyen de l'École de santé publique Dalla Lana de l'Université de Toronto, a affirmé que la reprise des activités extérieures et la réouverture des écoles étaient ses priorités.

[Jouer] à l'extérieur, c'est la chose à faire. C'est beaucoup plus sécuritaire qu'à l'intérieur.

Une citation de :Le Dr Adalsteinn Brown, coprésident du Groupe pour le consensus en matière de modélisation et de conseils scientifiques

Le Dr Brown insiste toutefois sur la nécessité de porter un masque, même à l'extérieur, si un écart d'au moins deux mètres ne peut être maintenu.

De son côté, le premier ministre Ford ne montre pas de signe de changement de politique pour l'instant. Les mesures de santé publique que nous avons mises en place visent à réduire les déplacements et à limiter le risque de transmission, afin de stabiliser et de protéger notre système de santé, affirme son attachée de presse, Ivana Yelich.

L'appel des élus municipaux

Bonnie Crombie, la mairesse de Mississauga, en banlieue de Toronto, a appelé le gouvernement Ford à ne pas attendre la fin de l'ordre de rester à la maison.

Les activités extérieures sont essentielles au bien-être des enfants et des familles.

Une citation de :Bonnie Crombie, mairesse de Mississauga

Le maire de Toronto, John Tory, demande lui aussi à la province de réexaminer la question en suivant l'opinion des experts.

Nos propres experts de santé publique ont dit qu'il est sécuritaire d'accroître l'offre d'activités extérieures permises.

Une citation de :John Tory, maire de Toronto

Le maire adjoint de Toronto, Stephen Holyday, demande des exemptions spécifiquement pour le golf et le tennis, affirmant que ceux qui pratiquent ces activités peuvent maintenir plus de distance et avoir moins de contacts que pour d'autres sports.

Des conseillers municipaux à Ottawa ont écrit une lettre au premier ministre Ford, lui demandant de réexaminer sa position sur les activités extérieures. Le maire Jim Watson, lui, n'a pas signé la lettre, parce qu'il a, indique son bureau, un très haut degré de confiance envers la Dre Etches et les conseils indépendants prodigués par Santé publique Ottawa.

La chef de la santé publique d'Ottawa se dit favorable à ce que la province examine régulièrement les restrictions en place à mesure que les indicateurs de la pandémie continuent d'évoluer et modifie ces restrictions au besoin.

De son côté, le médecin hygiéniste de la région de Peel, le Dr Lawrence Loh, est en faveur d'un assouplissement des restrictions actuelles, mais avec un message clair : C'est très important de continuer de respecter l'ordre de rester à la maison et de réduire les contacts et les interactions avec les personnes n'appartenant pas à son foyer, dit-il, ainsi que de participer à des activités extérieures avec des précautions (distanciation, port d'un masque) pour diminuer le plus possible le risque de transmission.

À Sudbury, le bureau du maire Brian Bigger indique que la Ville va continuer à suivre les directives de la province.

Certains sports sont plus risqués

Le Dr Hugues Loemba, virologue et clinicien à l'Hôpital Montfort d'Ottawa, ne voit pas d'objection à la pratique du golf ou du tennis.

En revanche, des sports d'équipe et de contact comme le basketball sont plus risqués, selon lui :

  • Le niveau de transmission communautaire est très élevé; cela augmente le risque d’infection et de propagation parmi les joueurs et les familles.
  • Pas de distanciation physique. C’est un sport qui se pratique avec une proximité physique étroite des joueurs.
  • Le basketball est aussi un sport d’intensité, car il nécessite un niveau d'effort élevé, ce qui augmente le risque d'attraper et de propager la COVID-19.

Le Dr Williams souligne lui aussi que les sports nécessitant une activité physique intense et des respirations profondes sont plus risqués en matière de transmission du coronavirus et de ses variants.

Timothy Sly, épidémiologiste et professeur à l'Université Ryerson de Toronto, note que toute activité à l'extérieur est préférable. Cela dit, il insiste sur l'importance de la distanciation, même pour des sports comme le golf et le soccer.

Le danger, c'est à l'intérieur du club de golf, avant et surtout après la partie. Il y a plus de risque de transmission, dit-il. Le soccer, ça va sur le terrain, mais après un but, on s'étreint! Les joueurs se côtoient aussi dans les vestiaires à l'intérieur.

La Dre Anna Banerji en entrevue.

La Dre Anna Banerji pense que certaines activités sportives devraient être permises à l'extérieur, mais pas les sports de contact.

Photo : Photo fournie

Pour sa part, la pédiatre et professeure à l'Université de Toronto Anna Banerji croit que tout sport de contact devrait être évité. Il faut, selon elle, limiter les activités sportives à de petits groupes.

Elle insiste sur l'importance de balises provinciales et sur le port du masque dans les zones chaudes, même à l'extérieur, si un écart de deux mètres n'est pas respecté.

Si on ne donne pas de lignes directrices, les gens, les enfants vont faire ce qu'ils veulent, dit-elle.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !