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François Legault veut provoquer un vaste débat linguistique cet automne

Un projet de loi devant revoir en profondeur la loi 101 doit être déposé ce printemps.

François Legault s'adresse aux parlementaires québécois.

Le premier ministre du Québec, François Legault, à l'occasion de l'étude des crédits budgétaires 2021-2022 destinés à la communauté anglophone.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

La Presse canadienne

Le premier ministre François Legault a bien l'intention de ramener à l'avant-scène le débat linguistique au Québec, à la faveur d'une vaste consultation qui pourrait s'étirer sur plusieurs mois cet automne.

Cette consultation publique suivra le dépôt, ce printemps, du projet de loi censé contenir une révision en profondeur de la loi 101, une pièce législative préparée depuis plusieurs mois par le ministre responsable, Simon Jolin-Barrette, et sur laquelle le gouvernement mise beaucoup pour confirmer son parti pris nationaliste.

La Charte de la langue française a été adoptée en 1977 par le gouvernement de René Lévesque. Sa refonte au goût du jour, qualifiée à l'avance de costaude, avec un appui marqué en faveur du français dans divers champs d'activité et le recours à la clause dérogatoire, viendra faire écho à la loi 21 sur la laïcité de l'État pour positionner le gouvernement caquiste en grand défenseur de l'identité québécoise.

En planifiant une longue consultation, le gouvernement indique qu'il n'est pas pressé de faire adopter son projet de loi, qui risque de diviser les Québécois entre eux, comme l'avait fait la loi 101 à l'époque, et qu'il veut prendre tout le temps requis pour justifier sa position.

On n'ira rien "buldozer" dans la session actuelle, a dit jeudi M. Legault, à l'occasion de l'étude des crédits budgétaires 2021-2022 destinés à la communauté anglophone, en réponse aux inquiétudes du député libéral de Jacques-Cartier, Gregory Kelley, qui affichait ses craintes que la future législation attaque les droits des anglophones.

Il a surtout insisté sur l'importance de protéger la langue française au Québec, et sa responsabilité de faire primer les droits collectifs sur les droits individuels, en cette matière.

Sur la défensive, le premier ministre a senti le besoin d'affirmer qu'il n'était pas contre la communauté anglophone et qu'il avait souvent eu affaire avec des anglophones dans le passé.

Il s'est fait rassurant pour affirmer que tous ceux qui voudraient participer au débat pourraient le faire cet automne.

Si on y croit vraiment à la langue commune qu'est le français, si on croit vraiment que cette langue est vulnérable, [...)] il faut poser des gestes, et il faut dans certains cas utiliser la clause dérogatoire, a-t-il dit, rappelant, comme il avait fait la veille, que l'ex-premier ministre libéral Robert Bourassa avait eu recours à la clause dérogatoire pour imposer l'affichage en français en 1988.

Le français langue de travail, incluant dans les petites entreprises, je pense que c'est très important. Le français bien identifié dans l'affichage, je pense que c'est très important. Donner des cours de français, rendre le français bien utilisé par tous les nouveaux arrivants, c'est très important.

Une citation de :François Legault, premier ministre du Québec

L'importance d'adopter un « ton respectueux »

Le député Gregory Kelley a dit souhaiter que le débat à venir sur le projet de loi adoptera un ton respectueux et que le gouvernement résistera à la tentation d'imposer le bâillon pour forcer son adoption.

Pour ce qui est de l'attrait des francophones pour le cégep en anglais, M. Legault a réaffirmé qu'il préférait plafonner le nombre d'admissions au cégep anglophone, plutôt que de proclamer une interdiction de les fréquenter.

Le député péquiste Pascal Bérubé a dénoncé le fait que le gouvernement allait investir 100 millions de dollars dans l'agrandissement du cégep anglophone Dawson, et il a jugé que M. Legault a ainsi plombé sa crédibilité linguistique.

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