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La fin du déménagement de Radio-Canada de nouveau reportée

Une régie de la nouvelle maison de Radio-Canada à Montréal

Une régie de la nouvelle maison de Radio-Canada, à Montréal

Photo : Radio-Canada

Vendredi dernier, de nombreux employés de Radio-Canada apprenaient dans une note interne que la fin du déménagement dans la nouvelle maison est reportée une seconde fois, cette fois-ci à décembre 2022. Des coûts supplémentaires, qui n’ont pas été dévoilés, sont à prévoir.

Fin 2019, la direction de Radio-Canada avait annoncé un premier report pour l’achèvement du déménagement ce printemps.

Deux raisons expliquent ce nouveau revirement de situation : la diffusion de deux Jeux olympiques à l’intérieur de six mois entraînerait une réduction de la disponibilité d’experts spécialisés dans la nouvelle technologie IP et la COVID-19 a imposé des difficultés à la formation et à l’accompagnement par les fournisseurs internationaux durant la dernière année.

À ce jour, 1900 employés sont réputés avoir déménagé, mais nombre d’entre eux sont en télétravail. Les 600 personnes restantes, principalement de la salle des nouvelles et de CBC, seront transférées progressivement au cours de la prochaine année et demie.

Il faut savoir que le coût du prolongement est principalement lié au loyer supplémentaire que nous devons payer pour rester dans nos installations actuelles, a indiqué la cheffe de promotion et relations publiques Julie Racine, et que le bail signé avec Groupe Mach prévoyait des options de renouvellement.

En effet, le Groupe Mach a acquis l’imposant complexe brun en 2016 pour en faire le Quartier des lumières. Son directeur des communications, Daniel Durand, a souligné que ce n’était pas le scénario idéal. Tout le monde le sait. Il y a un momentum dans le marché immobilier. Ça aurait été une belle fenêtre.

Les studios en sous-terrain seront détruits et l’enveloppe extérieure de la grande tour sera démantelée.

« On est en train de revoir le calendrier et différents échéanciers. C’est un jeu de casse-tête, mais on était conscient que ça pouvait arriver. »

— Une citation de  Daniel Durand, directeur des communications, Groupe Mach

La société d’État a refusé de transmettre à son service de l’information les nouveaux coûts totaux de ce déménagement. Ils seraient dévoilés à la toute fin. Le montant de location au Groupe Mach ne pourrait être divulgué pour des raisons concurrentielles et de confidentialité.

Rappelons que Radio-Canada a renoncé à son statut de propriétaire et est devenue locataire des espaces du promoteur Broccolini dans le nouvel immeuble du 1000 avenue Papineau à Montréal depuis 2020, au prix d’environ 1,75 million de dollars par mois.

Le projet devait initialement coûter 270 millions, mais la facture a été révisée à 287 millions en 2019.

La technologie la plus avancée sur la planète

Une somme de 175 millions était alors attribuable à l’achat et à l’installation d’équipements utilisant une technologie de diffusion IP. Le recours à cette technologie explique en grande partie les retards du projet de la nouvelle maison de Radio-Canada.

On avait le choix d’être les derniers utilisateurs de l’ancienne technologie ou de se jeter à l’eau avec la nouvelle technologie en sachant qu’à ce moment les équipements et produits n’existaient pas, décrit le premier directeur de l’ingénierie des systèmes centraux, François Legrand.

Avec les systèmes actuels, la transmission des contenus à l’interne – entre plateaux ou studios – fonctionne par la commutation de circuits, un peu comme pouvaient le faire les opératrices téléphoniques à une autre époque. La technologie IP permettra de lier tous les producteurs de contenus dans un seul et même système accessible à tous. Le débit des flux de données sera 1000 fois plus important que celui d’une visioconférence par exemple.

C’est la façon que Netflix fonctionne, fait valoir M. Legrand. C’est la façon qu’on va fonctionner […] Ça ne s’est jamais fait nulle part ailleurs d’avoir une station de télévision, de radio et de web en IP. La Radio Télévision Suisse et la British Broadcasting Corporation ont réalisé des projets similaires, mais à plus petite échelle.

Un laboratoire

Radio-Canada s’est ainsi lancée dans un processus de recherche et de développement en 2015 pour mettre au point cette technologie, qui offrirait plus de flexibilité au quotidien, mais aussi pour passer à une qualité d’image 4K éventuellement. Le prix à payer pour le déploiement de nouveaux équipements, leur intégration et leur facilité d’utilisation demeure néanmoins élevé.

Malgré tous les efforts investis, la société d’État n’a pas l’intention de monétiser le partage de ses connaissances. Elle a plutôt l’intention de les rendre publiques pour le bénéfice d’autres grands médias. On a des discussions avec PBS et NPR aux États-Unis, soutient le spécialiste. Une fois qu’on va avoir écrit le livre sur comment déployer la technologie IP, ils vont demander une copie du livre.

« On n’a pas encore atteint le point où la technologie IP est plug and play (branchée et utilisée). Ce bout-là prend beaucoup plus de temps qu’on pensait. »

— Une citation de  François Legrand, premier directeur de l’ingénierie des systèmes centraux, Radio-Canada

Son équipe fait également face à un défi qui frappe l’industrie des technologies de l’information, soit l’acquisition de nouveaux talents. Ce sont les mêmes employés que chez Amazon et Google. Au Québec, avec le faible coût de l’électricité, il y a un gros marché pour ces ressources et elles sont difficiles à aller chercher.

Le syndicat des employés surpris

Ce banc d’essai, on fait les frais de ça, déplore le président du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Radio-Canada, Pierre Tousignant.

Il fait part d’un certain découragement chez les employés du centre de l’information et de CBC depuis l’annonce du report. Ce qu’on essaie de voir, dit-il, ce sont les aménagements pour qu’on n’oublie pas que du monde travaille encore dans la tour, comme un service alimentaire.

Cette situation s’ajoute, selon lui, à un climat de travail qui n’est pas facile avec la pandémie en raison des règles contraignantes.

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