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Vers un réchauffement des relations entre l’Arabie saoudite et l’Iran?

Mohammed ben Salmane, en entrevue télévisée.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane, lors de son entrevue télévisée.

Photo : Reuters

Radio-Canada

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a déclaré que son pays souhaite « des relations bonnes et spéciales avec l'Iran », pays qu’il accusait récemment d’être responsable de l’insécurité et de l’instabilité dans la région.

Il s’agit d’un revirement politique de premier plan au Moyen-Orient.

Nous ne voulons pas que l’Iran vive une situation difficile. Au contraire, nous souhaitons qu’elle [l’Iran] prospère et progresse. Nous avons des intérêts chez eux et ils ont des intérêts en Arabie saoudite afin de pousser la région vers le progrès et la prospérité, a-t-il déclaré lors d’une entrevue à la télévision d’État.

Les deux pays ont rompu leurs relations diplomatiques en 2016.

La réponse de la République islamique d’Iran a été rapide. Elle s’est félicitée du changement de ton de l'Arabie saoudite et des déclarations conciliantes du prince ben Salmane.

En adoptant des points de vue constructifs basés sur le dialogue, ces deux pays importants de la région et du monde islamique peuvent surmonter les différends et lancer un nouveau chapitre de coopération pour parvenir à la paix, à la stabilité et au développement régional, a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, Saïd Khatibzadeh.

En amont des déclarations du prince héritier saoudien, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif effectuait une tournée qui l'a mené au Qatar, en Irak, au Sultanat d'Oman et au Koweït, des pays qui entretiennent de bonnes relations avec l’Arabie saoudite.

Au terme de sa tournée, M. Zarif a fait état sur Twitter de signes positifs.

Signe avant-coureur

Le 19 avril, un responsable gouvernemental irakien a confirmé qu’au début avril une rencontre secrète s’est tenue à Bagdad entre Saoudiens et Iraniens.

La délégation saoudienne était dirigée par le chef du renseignement Khaled ben Ali al-Humaidan et la délégation iranienne était formée de responsables mandatés par le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, Ali Chamkhani.

Aussi bien le royaume saoudien et l’Iran ont officiellement nié l’existence de cette rencontre. Cependant, l’Iran a nuancé en disant avoir toujours salué la tenue d'un dialogue avec l'Arabie saoudite.

Un diplomate occidental a indiqué avoir été informé en amont de ces discussions, qui lui ont été présentées comme visant à [...] créer de meilleures relations entre l'Iran et l'Arabie saoudite.

L’Arabie saoudite en difficulté

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et son homologue irakien Fouad Hussein

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et son homologue irakien Fouad Hussein

Photo : Reuters / SABA KAREEM

Au-delà de la crise économique qui secoue le royaume wahhabite, qui a d’ailleurs annoncé la vente de 1 % du capital de sa société d’hydrocarbures Aramco à une société étrangère, Riyad est embourbée dans la guerre déclenchée au Yémen en 015.

À la tête d’une coalition formée entre autres des Émirats arabes, Riyad n’arrive pas à venir à bout des rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, qui lui ont infligé de sévères coups dans ses bases militaires et installations pétrolières.

En adoptant une position plus dure à l’égard de l’allié stratégique saoudien, l'administration de Joe Biden ajoute une difficulté supplémentaire à Riyad.

Depuis son arrivée au pouvoir, le président américain presse l’Arabie saoudite à mettre fin à la guerre au Yémen.

Mercredi, à Oman, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a réitéré lors d'une rencontre avec le porte-parole des rebelles yéménites Houthis le soutien de Téhéran pour un cessez-le-feu au Yémen et pour une reprise des pourparlers visant à mettre un terme à une guerre de plus de six ans.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Al Akhbar

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