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33 résidences pour aînés jettent la serviette en quelques mois

Les propriétaires de la Villa Sainte-Marie, en Beauce, Khaled Hadef et sa conjointe Marie-France Canuel.

Les propriétaires de la Villa Sainte-Marie, en Beauce, Khaled Hadef et sa conjointe, Marie-France Canuel, racontent leurs difficultés.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Depuis décembre, 33 résidences privées pour aînés (RPA) ont fermé leurs portes au Québec. La hausse des coûts liés à la pandémie, l’augmentation des taux d’inoccupation et la surcharge de travail auront eu raison de bon nombre de propriétaires.

L’exemple le plus récent est celui de la résidence Aube nouvelle, à Saint-Victor, en Beauce, qui a officiellement fermé ses portes vendredi pour des raisons financières. Une cinquantaine de personnes âgées ont dû se trouver un nouveau logis en à peine deux semaines.

Le Séminaire du Sacré-Coeur.

La résidence privée pour aînés Aube nouvelle ferme ses portes vendredi (archives).

Photo : Résidence Aube nouvelle

Depuis le début de la pandémie, les taux d'inoccupation sont passés de 6 ou 7 % à pratiquement 20 % à certains endroits, indique Yves Desjardins, président-directeur général du Regroupement québécois des résidences pour aînés, pour expliquer les difficultés financières de certaines résidences.

L'importance des visites

La pandémie de COVID-19 a exacerbé le problème alors qu’en zone rouge, les locataires potentiels ne peuvent pas faire de visite.

Un isolement de 14 jours est aussi imposé à tous ceux qui viennent d’emménager, ce qui aurait incité de nombreux aînés à retarder leurs plans de déménager en résidence.

Yves Desjardins en entrevue à RDI Matin.

Yves Desjardins, PDG du Regroupement québécois des résidences pour aînés

Photo : Radio-Canada

Selon Yves Desjardins, les difficultés financières sont plus criantes parmi les petites résidences que les grandes.

Bien qu’il affirme être soucieux de ne pas trop impacter les aînés, Yves Desjardins estime qu’un contrôle moins strict des augmentations de loyer par le Tribunal administratif du logement pourrait notamment permettre à certaines résidences de rééquilibrer leur budget.

Le PDG du Regroupement souligne aussi que chaque fois qu’une petite résidence ferme en région, c'est autant d'aînés qui sont déracinés de leur milieu.

Exclus des primes

Des propriétaires de petites résidences demandent aussi au gouvernement Legault de les inclure dans les primes instaurées pendant la pandémie pour les travailleurs qui prennent soin des aînés.

À la Villa Sainte-Marie, toujours en Beauce, Khaled Hadef et sa conjointe, Marie-France Canuel, ont été durement éprouvés par la pandémie même si aucun cas de COVID-19 ne s’est déclaré parmi leurs résidents. En ce moment, ils peinent à joindre les deux bouts, notamment parce que 4 de leurs 17 chambres sont vides.

Marie-France Canuel lors d'une entrevue à l'extérieur le 13 avril 2020.

Marie-France Canuel est propriétaire et directrice de la résidence pour personnes âgées Villa Saint-Marie, en Beauce.

Photo : Radio-Canada

On est fatigués, on essaie de tenir nos résidences à bout de bras, raconte Mme Canuel. Avec son conjoint, elle travaille dans la résidence comme préposée aux bénéficiaires auprès de ses résidents. Toutefois, puisque les deux sont copropriétaires, aucun n’a droit à la prime de 4 $ l’heure octroyée à tous les proposés du Québec en raison de la pandémie.

Croyant y avoir droit, les deux propriétaires se sont versé la prime en 2020 et doivent maintenant rembourser environ 35 000 $ au gouvernement.

Des personnes installées sur une terrasse.

Des résidents à Saint-Lambert-de-Lauzon

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Je comprends qu'ils ne veulent pas enrichir les propriétaires, mais encore une fois ils ont mis tout le monde dans le même bateau. Les grosses et les petites résidences, la gestion n'est pas pareille et les revenus ne sont pas pareils, nuance Marie-France Canuel. Je ne demande pas la charité, je demande juste d'être équitable et d'être comme les autres préposés, renchérit Khalad Hadef.

À Saint-Lambert-de-Lauzon, Marco Parent vit la même chose avec sa résidence de 32 chambres. Il estime être en mode survie et ne cache pas que l’idée de fermer lui a traversé l'esprit.

Marco Parent en entrevue à Radio-Canada.

Marco Parent est le propriétaire de la RPA Des Peupliers, à Saint-Lambert-de-Lauzon.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

On aime beaucoup nos personnes âgées. C'est ce qu'on souhaite faire, mais quand on est rendu avec une surcharge de travail, une rentabilité qui n'est pas au rendez-vous, c'est sûr qu'on se pose la question, lance le propriétaire.

Avec les informations de Guylaine Bussière

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