•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'absence de réglementation pèse sur l'avenir des logements intercalaires à Winnipeg

Des maisons.

Des logements intercalaires sont construits dans tous les vieux quartiers de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Marouane Refak

Depuis des années, Winnipeg tente d’établir des règles pour encadrer les constructions intercalaires. En avril, les conseillers municipaux ont essuyé un nouvel échec, alors que le besoin de ce type de constructions devient de plus en plus pressant dans la capitale manitobaine.

À la mi-avril, les conseillers municipaux de Winnipeg pensaient avoir terminé la création d’une réglementation pour encadrer les constructions intercalaires. Mais lors d’une rencontre du Comité permanent sur la propriété, des dizaines de promoteurs immobiliers et de résidents sont intervenus pour s’opposer à la version finale du document.

La Ville dispose d’une ébauche de directives depuis 10 ans, rappelle la conseillère municipale pour Waverley West, Janice Lukes. Ce document a été mis à jour de nombreuses fois, mais n'a jamais été approuvé formellement.

Ce manque de réglementation a eu des conséquences au fil des ans, les promoteurs immobiliers ayant la liberté de faire un peu ce qu’ils voulaient. Ainsi, d’un quartier à l’autre, et même d’une rue à l’autre, ces maisons intercalaires ont des formes, des grandeurs et des hauteurs différentes.

Certains promoteurs ont été très audacieux et ont cherché à maximiser leurs profits sans tenir compte de quoi que ce soit au niveau de la toiture, de la circulation, du nombre d’étages, explique l'urbaniste et professeur à l'Université de Winnipeg, Marc Vachon.

La lente croissance démographique en cause

Pendant des années, la croissance démographique de Winnipeg était au ralenti. Cette situation faisait en sorte que l’étalement urbain continuel n’était pas vu comme un problème et, par conséquent, la question de l’accroissement de la densité urbaine à travers des maisons intercalaires ne se posait pas.

Nous avions beaucoup de place, personne ne se souciait des constructions intercalaires, rappelle Janice Lukes. Maintenant, notre ville grandit vite et les espaces libres en périphérie sont rapidement consommés. Une ville ne peut pas simplement continuer de grandir en s’étalant.

L'intérêt pour les quartiers matures et les logements intercalaires n'étaient pas là pour les promoteurs, appuie Marc Vachon. Il estime que la situation a cependant vraiment changé au cours des quatre à cinq dernières années.

Mais la demande pour ces types de logements a rapidement augmenté, rendant d’autant plus urgente l’adoption d’une réglementation.

Un sujet clivant

Le problème, c’est que ce sujet cause beaucoup de division entre les habitants et les promoteurs immobiliers. Après des années de consultations, les élus et l’administration municipale de Winnipeg pensaient avoir trouvé un terrain d’entente. Mais, lors d’une réunion publique du Comité permanent sur la propriété qui a eu lieu le 19 avril, une forte opposition s’est à nouveau manifestée.

Des changements de dernière minute ont été apportés et maintenant, personne n’est d’accord, explique Janice Lukes qui siège sur le Comité. C’est un sujet très clivant.

Les conseillers ont alors décidé de faire une pause pendant deux mois avant de revenir sur le sujet.

L'Association des promoteurs immobiliers du Manitoba (Manitoba Home Builders Association) reconnaît que ces lignes directrices sont très importantes. Elles donnent les paramètres pour construire un logement intercalaire. Avoir des directives claires, fortes permet d’avoir de la clarté sur ce qu’il est possible de faire aussi bien pour les promoteurs que pour les résidents des quartiers, affirme le PDG de l’Association, Lanny McInnes.

Ce qu’on veut, c’est de la certitude [pour les investissements], poursuit M. McInnes.

Malgré le report de la décision par les élus, Janice Lukes et Lanny McInnes ont bon espoir qu’une réglementation sera adoptée cette année. Il est temps de fixer des limites, déclare Janice Lukes.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !