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L'Alberta veut mieux arrimer les universités et collèges au marché du travail

Montage photo des panneaux d'accueil de l'Université de Calgary (à gauche) et de l'Université de l'Alberta (à droite).

Les universités albertaines doivent aider les étudiants à mieux intégrer le marché du travail, selon le gouvernement conservateur uni.

Photo : David Bell/Radio-Canada (à gauche) / Université de l'Alberta (à droite)

Le ministre de l’Éducation supérieure de l’Alberta, Demetrios Nicolaides, a dévoilé jeudi une stratégie à long terme pour l’éducation postsecondaire axée sur un meilleur arrimage avec le marché du travail. Si plusieurs recommandations plaisent à certains, cette approche globale déplaît fortement à d’autres.

La stratégie, qui s’étend jusqu’à 2030, a six objectifs :

  1. Améliorer l’accès et l’expérience de l’étudiant

  2. Développer les compétences pour les emplois

  3. Appuyer l’innovation et la commercialisation

  4. Renforcer l’internationalisation

  5. Améliorer la durabilité et l’accessibilité des études

  6. Renforcer le système de gouvernance

Parmi les mesures mises de l’avant pour atteindre ces objectifs, l’une des plus notables est l'indexation des frais de scolarité à l’inflation à partir de 2023, après trois années de hausses annuelles de 7 %.

Le ministère de l’Éducation veut également faciliter la commercialisation de la recherche faite dans les universités, offrir un stage en milieu de travail à tous les étudiants sans exception et promouvoir les carrières dans le domaine technique. Il a également l’intention de moderniser le plan provincial de lutte contre les violences sexuelles sur les campus.

Le gouvernement va aussi restructurer la gouvernance des établissements postsecondaires en réorganisant le système en deux secteurs, plutôt que six.

Il va ajouter de nouveaux corps de gouvernance qui appuient la collaboration dans le système et dépolitisent le processus de décision, sous la forme de conseils stratégiques et de comités coordonnateurs par secteurs. Le gouvernement n’a pas donné plus de détails à ce sujet.

Les étudiants se disent entendus

Le vice-président externe du Conseil des étudiants universitaires albertains, Rowan Ley, se dit prudemment optimiste face au plan présenté par Demetrios Nicolaides. Il estime que la grande majorité des recommandations de son organisation ont été incluses. Tout dépendra du financement et de l’implantation, souligne-t-il cependant.

Il salue également la décision d’indexer les frais de scolarité à l’inflation dans deux ans, mais affirme qu’elle n’efface pas la frustration et les dommages causés par la hausse importante des frais de scolarité.

Rowan Ley souligne également que bien qu’il soit louable que les universités offrent un stage en milieu de travail à tous les étudiants, ceux-ci doivent être rémunérés pour que les étudiants puissent vraiment s’en prévaloir.

Gros plan du côté du bâtiment abritant la Faculté Saint-Jean par une journée ensoleillée d'été.

Le Campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta a subi d'importantes compressions budgétaires ces dernières années.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Le président du Conseil exécutif des étudiants albertains, Jonathan Bilodeau, est quant à lui satisfait du plan stratégique, mais il veut voir davantage de détails sur la nouvelle structure de gouvernance du milieu postsecondaire avant de se réjouir complètement.

Il accueille favorablement une meilleure harmonisation avec le marché du travail, car la plainte la plus fréquente de ses membres est que leur programme ne mène pas directement à une carrière. Nous avons l’impression que les stratégies mises en place répondent à cette préoccupation, affirme-t-il.

La marchandisation de l’éducation dénoncée

Le président de l’Association du personnel enseignant de l’Université de l’Alberta, Ricardo Acuña, déplore quant à lui la marchandisation de l’éducation présentée dans ce plan stratégique.

Ce plan donne au marché du travail et aux entreprises trop d’influence sur ce qui est enseigné dans les institutions postsecondaires.

Une citation de :Ricardo Acuña, président, Association du personnel enseignant, Université de l'Alberta

Il [le gouvernement] enlève l’accent sur des secteurs importants comme les sciences sociales, car il n'est pas capable de tracer un lien direct entre ces programmes et un emploi, explique Ricardo Acuña. Pourtant, on entend à répétition les employeurs affirmer que les compétences que les étudiants acquièrent en sciences sociales, comme la pensée critique et la résolution de problèmes, sont cruciales pour avoir du succès dans le milieu du travail.

Ricardo Acuña.

Ricardo Acuña est inquiet pour l'avenir de la mission d'intérêt public des universités albertaines.

Photo : Radio-Canada / Richard Marion

Il ajoute qu’il est absurde que le gouvernement albertain parle en termes aussi grandioses de l’avenir de l’éducation postsecondaire, alors qu’il a sabré profondément dans ses budgets, pour un montant d'au moins 350 millions de dollars en trois ans.

Le porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière d’éducation supérieure, David Eggen, déplore lui aussi la marchandisation de l’éducation qu’il voit dans le plan stratégique vers 2030 et les compressions dans les budgets des universités. Il appelle le gouvernement de Jason Kenney à revenir sur sa décision d’imposer un financement lié à la performance des universités.

Avec les informations de Stéphanie Dubois et Jordan Omstead

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