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L’ultime cri du coeur de la fille de Maria Lermytte aux audiences sur le CHSLD Laflèche

La dame assise sur un fauteuil.

Maria Lermytte est l'une des 44 résidents du CHSLD Laflèche qui sont morts de la COVID-19 durant la première vague.

Photo : Gracieuseté de Sofie Réunis

Depuis lundi, la fille de Maria Lermytte assiste à l’enquête publique portant sur la gestion de la crise au CHSLD Laflèche, à Shawinigan, dans l’espoir de mieux comprendre la fin de vie de sa mère. Maria Lermytte est l’une des 44 résidents qui ont été emportés par la COVID-19 durant la première vague. Sa fille a pu poser des questions aux témoins et lancer un ultime cri du coeur au dernier jour des audiences.

Le décès de sa mère, qui était âgée de 82 ans, est au coeur des audiences qui se tiennent au palais de justice de Shawinigan et qui visent à analyser la gestion de l’éclosion à cet établissement du secteur Grand-Mère.

Après son témoignage mardi, Sophie Réunis a réalisé qu'elle avait oublié d'aborder certains sujets et a demandé à la coroner de lui redonner la parole, ce qu'elle a accepté de faire jeudi.

Maria Lermytte est décédée le 6 avril 2020. Sa fille, qui la visitait tous les jours, n’a pu la voir que deux fois entre le 14 mars et le jour de son décès, comme elle l’a raconté mardi. Malgré ses nombreux appels au CHSLD Laflèche, Mme Réunis a été sans nouvelle de sa mère durant plusieurs jours. Le personnel ne retournait pas les appels des proches.

Ça fait un an que je cherche le moindre petit mot pour avoir une petite nouvelle de ce qui s'est passé, a déclaré Sofie Réunis en éclatant en sanglots pour la première fois depuis le début des audiences.

Après quatre jours d’audiences, Sofie Réunis affirme qu’il lui reste des interrogations. Elle ne comprend pas pourquoi sa mère a reçu autant de médicaments durant la dernière semaine de mars.

À ce sujet, Sofie Réunis a d’ailleurs pris la parole jeudi après-midi pour questionner Dr Turmel. Elle a détaillé la liste des médicaments que sa mère a reçus entre le 23 et 29 mars et qui ne faisaient pas partie de sa médication habituelle. Est-ce que vous jugez que c’est beaucoup trop? , a demandé Sofie Réunis.

Géhane Kamel est intervenue pour dire qu’elle ne souhaitait pas que Dr Turmel réponde aux questions, puisqu’il n’était pas le médecin au dossier et qu’il n’avait pas prescrit ces médicaments.

J’aimerais savoir qui lui a donné autant de drogues , a alors déclaré Sofie Réunis, une préoccupation que la coroner a notée. Mme Réunis affirme que sa mère n'avait aucun symptôme de la COVID-19 et elle se demande si les médicaments n’auraient pas joué un rôle dans sa mort. Mme Lermytte était rendue aveugle au moment de décéder, quelques jours après son anniversaire.

Mme Réunis croit par ailleurs que si sa mère avait autant de douleurs, c’était parce qu’elle passait la journée dans un fauteuil roulant.

Il faut arrêter absolument d’appeler [une chaise roulante] un fauteuil, parce que ça n’a rien de confortable et je mets au défi à n’importe qui de s'asseoir toute une journée complète dans ce type de fauteuil, surtout si on a un écrasement vertébral.

Une citation de :Sofie Réunis, fille de Maria Lermytte

De la savoir confinée dans cette position, c’était atroce, dit-elle.

L’enquête se termine physiquement à Shawinigan aujourd’hui, mais elle ne se termine pas tant qu’on n’aura pas nos réponses, a tenu à souligner la coroner Géhane Kamel au dernier jour des audiences en Mauricie. Sofie Réunis l’a remerciée pour ce commentaire, car elle espère avoir d’autres réponses à ses questions.

Géhane Kamel a conseillé à la direction du CIUSSS MCQ de prendre contact avec les familles des 44 victimes de la COVID-19, que ce pourrait être un baume pour elles.

Indélicatesse du conteneur à cadavres

Une morgue temporaire a été installée près du CHSLD Laflèche vers la mi-avril. Il s’agissait d’un conteneur réfrigéré qui, après avoir soulevé un tollé, a été relocalisé plus loin des regards quelques jours après son installation.

Dans un souci d’informer les familles des proches, la coroner Géhane Kamel a tenu à questionner la directrice adjointe des services dans la communauté sur la rive nord au CIUSSS MCQ, Claudia McMahon, au sujet de la gestion de la morgue qui a été difficile, a-t-elle dit en ces mots.

Sans savoir ce que l’avenir allait nous réserver, Mme McMahon voulait s‘assurer d’avoir un endroit extérieur réfrigéré dans un garage où mettre les corps au cas où les maisons funéraires ne puissent répondre à la demande. L’option du garage ne fonctionnait pas et un conteneur a été commandé et déposé devant le CHSLD, sans qu’elle n’ait autorisé cet emplacement.

Elle souligne que le conteneur n’était pas très neuf, ce qui n’a pas aidé à l’image que cette installation envoyait. La morgue temporaire n’a finalement jamais été utilisée.

Sofie Réunis dehors devant le palais de justice.

Sofie Réunis a témoigné le 27 avril aux audiences portant sur la mort de sa mère au CHSLD Laflèche, lors de la première vague de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Martin Chabot

Dans sa déclaration finale, Sofie Réunis a souligné ce qu’elle a appelé l’indélicatesse du conteneur à cadavres.

Toute la population a compris le besoin sanitaire de la morgue, a déclaré Sofie Réunis. L’emplacement, on peut comprendre que c’est une erreur, mais elle trouve que pour les proches de résidents qui n’avaient aucune nouvelle de ce qui se passait à l’intérieur, l’arrivée de la morgue a été difficile.

Le conteneur à cadavres est arrivé le 17 avril, nous les familles, on n’avait aucune nouvelle de l’interne et tu vois un conteneur comme ça, sans savoir ce qui se passe à l’intérieur, c’est ça qui nous a fait mal , a-t-elle expliqué, au nom de ceux qui avaient des proches au CHSLD Laflèche.

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